Ayant fait ses études à une académie militaire d’Équateur, on laissait croire que Vladimir Paraison possède des amis au niveau de la hiérarchie militaire et policière de ce pays. Une semaine après la rumeur de sa disparition, Vladimir Paraison est arrivé à Quito.
En page de couverture, l’hebdomadaire haïtien de New York, reconstitue le film des événements ayant conduit l’ancien protégé du président Jovenel Moise, mêlé dans une louche affaire d’importation d’armes illégales en 2016, d’échapper à la « justice ». Pourrait-on s’attendre dans les prochaines heures à ce que l’ancien chef de l’Unité centrale de sécurité du Palais national d’Haïti (UCSPN confirme une nouvelle fois sa présence à Port-au-Prince en participant à un « live » dans l’une des stations de radiodiffusion de la capitale ?

New York, mercredi 12 décembre 2018 ((rezonodwes.com))–L’ex-coordonnateur de l’Unité centrale de sécurité du Palais national d’Haïti (UCSPN) s’est dérobé au mandat d’amener qui a été décerné contre lui par le juge d’instruction de Saint Marc, dans le cadre de l’affaire de la contrebande d’armes et de munition en provenance de Miami, Floride.

André Jonas Vladimir Paraison a réussi à quitter le pays grâce à un plan concocté par le pouvoir ayant instrumentalisé les bons rapports qu’il entretient avec le gouvernement équatorien pour jeter cette nouvelle pelure de banane sur la route de la justice américaine œuvrant pour remonter la filière de cette conspiration.

En effet, alors que les rumeurs de la disparition de ce haut gradé de la Police nationale d’Haïti (PNH) faisaient le tour de la capitale, l’intéressé ayant choisi dix policiers qui relevaient de son commandement, monté à bord de véhicule du UCSPN se dirigeait vers Marigot (Jacmel), dans le département du sud-est.

Là, apprend le journal H-O, de sources autorisées, l’ancien bras droit de Jovenel Moise, se serait mis à couvert dans une résidence non encore identifiée, pour attendre l’arrivée du bateau qui devait y venir le chercher. Une semaine après la rumeur de sa disparition, Vladimir Paraison était arrivé à Quito. On n’a pu savoir si aucun des dix policiers qui l’accompagnaient a pris l’exil avec lui. Si non, cela voudrait dire qu’il s’était constitué une escorte policière en vue d’assurer sa sécurité, chemin faisant, ou bien de le protéger contre une éventuelle tentative de le capturer avant d’arriver à Marigot.

Cela s’explique, d’après l’hebdomadaire de New York, quand d’autres rumeurs faisaient croire que les Américains, qui travaillaient de concert avec le juge Dienel Leumérant, dans le cadre du dossier des armes en contrebande débarquées dans le port de Saint-Marc, auraient contemplé l’idée d’envoyer des marshals fédéraux pour l’arrêter eux-mêmes.

Mais la tournure qu’ont prise les événements, à la faveur de la fuite de Paraison, poursuit le texte de Haïti-Observateur, crée une toute autre situation. Dans la mesure où le témoignage de l’ex-coordonnateur de la UCSPN est nécessaire à l’accusation, par rapport au procès, les autorités judiciaires, tant en Haïti qu’aux États-Unis, ont du pain sur la planche. Il ne s’agit pas d’une mince affaire, vu qu’il a fallu la participation des officiels haïtiens, à plusieurs niveaux, pour favoriser le départ clandestin de ce haut gradé de la PNH.

Le limogeage de Paraison : Un stratagème pour dérouter l’enquête sur l’importation illégale des armes de Saint-Marc

La fuite de Vladimir du pays, dans les conditions que l’on sait, ne fait que confirmer l’idée de l’implication des hautes autorités du pays dans une méga conspiration pour introduire des armes et munition illégalement dans le pays en dehors des normes établies par les autorités américaines. La manière dont les dirigeants haïtiens gèrent le dossier conforte la théorie des Américains selon laquelle les personnes jusqu’ici accusées sont, pour la plupart, des « auxiliaires obligés», sinon des « associés consentants».

Un comportement d’État voyou

Déjà connu pour un président criminel, pour avoir prêté serment pendant qu’il se trouvait sous le coup d’une inculpation pour blanchiment d’argent, Jovenel Moïse et son équipe mettent Haïti au rang d’États voyous. C’ est la conclusion à laquelle il faut aboutir, analyse Haïti-Observateur, quand on sait que, dans la mesure où l’importation illégale d’armes et de munitions, dans les conditions que celles-ci sont distribuées en Haïti, les dirigeants haïtiens favorisent l’épanouissement du terrorisme international.

Puisque des enquêtes ont révélé que des armes provenant d’Haïti, dont certaines appartenant à la Police nationale, ont été retrouvées en République dominicaine, à la Jamaïque, au Venezuela, ou encore au Mexique entre les mains des caïds de la drogue.

En clair, les faits prouvent clairement que l’administration Moïse-Céant joue le rôle de promotrice du terrorisme international et fait d’Haïti une source d’approvisionnement d’armes et de munitions aux agents de terreur de l’hémisphère occidental.

C’est pourquoi, dans certains milieux diplomatiques, à la capitale haïtienne, a appris Haiti-Observateur, on décerne à notre pays l’appellation de « État voyou ». Puisque les autorités optent pour ne pas participer à la politique régionale visant à protéger les pays de la région contre les terroristes.

Paraison serait accompagné de mercenaires équatoriens pour regagner Quito

Dès l’instant où Paraison s’était retrouvé dans l’obligation de quitter le pays en toute urgence, il semble que les mercenaires aient reçu l’ordre de leurs supérieurs, à Quito, de regagner leur pays. Dans ce cas, précise Haïti-Observateur, la vedette militaire expédiée à Marigot pour chercher le haut gradé de la PNH en fuite aurait pu faire d’une pierre deux coups : amener Paraison en Équateur et rapatrier les mercenaires dont le service était prêté au gouvernement Moïse-Céant.

Tout compte fait, la manière dont les dirigeants haïtiens traitent ce dossier montre que l’administration Moïse-Céant fait tout en son pouvoir pour déjouer l’enquête, de manière à éviter que l’identité de Michel Martelly, de Laurent Lamothe et consorts ne soient révélée avec toutes les conséquences que cela peut entraîner pour les présents dirigeants, mais encore surtout pour le prédécesseur de Moïse et ses alliés politiques.