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Port-au-Prince / Diaspora, 3 février 2026 – Dans une note de position rendue publique ce lundi, la Plateforme Proposition Citoyenne et ses alliés ont réitéré leur appel à une accélération du dialogue inter-haïtien pour aboutir, au plus tard le 7 février 2026, à la mise en place d’une nouvelle direction exécutive. Cette exigence s’inscrit dans le cadre du décret publié après le départ de l’ancien Premier ministre Ariel Henry, et vise à combler le vide politique persistant.

La plateforme maintient une position jugée historique : en l’absence d’un consensus large autour d’une figure politique, civile ou issue de la diaspora, c’est à un magistrat de la Cour de cassation qu’il reviendrait d’assurer la fonction présidentielle pour piloter la transition. Cette proposition, initialement formulée le 20 juillet 2021, est présentée comme la « plus ancienne proposition de sortie de crise à ce jour ». Elle s’appuie sur un précédent institutionnel établi sous la Constitution de 1987 : Ertha Pascal-Trouillot (1990-1991), Joseph Nérette (1991-1992) et Boniface Alexandre (2004-2006), tous trois magistrats suprêmes, ont avec succès piloté des transitions critiques, préparant des élections crédibles (à l’exception de Joseph Nérette) et assurant une passation pacifique du pouvoir.

Les signataires rappellent que sur les trois pouvoirs constitutionnels – exécutif, législatif et judiciaire – seul le pouvoir judiciaire subsiste, bien qu’affaibli par des nominations et des révocations non conformes à la loi fondamentale. Ils en appellent ainsi « à la jurisprudence, au bon sens et à la responsabilité historique des juges » pour qu’ils s’entendent sur le choix de l’un des leurs, en puisant dans cette tradition de magistrats-garants en période d’urgence nationale.

Une approche résolument pragmatique est défendue : il ne s’agit pas d’une application stricte de la Constitution de 1987, désormais « inapplicable dans sa forme actuelle » notamment depuis des amendements qui ont écarté cette voie, mais d’une adaptation aux réalités institutionnelles du pays. La plateforme reconnaît le caractère exceptionnel de sa proposition, qu’elle justifie par l’effondrement des autres pouvoirs, l’urgence de la situation, et la démonstration passée de la faisabilité et de l’utilité d’un tel mécanisme.

Pour garantir une légitimité élargie, le président issu de ce consensus devra, en consultation avec la société civile, la diaspora et les partis politiques, nommer un Premier ministre et former un gouvernement restreint. La mission de cette équipe sera unique et urgente : organiser des élections crédibles dans les mois suivants afin d’assurer un retour à l’ordre constitutionnel.

Dans un contexte de crise prolongée, cette initiative cherche à impulser une dynamique de sortie par le haut, en misant sur le dernier pilier étatique encore debout et en réactivant un mécanisme de transition à la fois historiquement ancré et pragmatique. Reste à savoir si les acteurs politiques et judiciaires sauront s’en saisir à temps.

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