Dans le cadre de l’émission à caractère très instructif « Savoir-Faire Université et Show » animée par des professionnels Haïtiens d’horizons divers – question de renseigner l’audience sur la portée vitale d’une diète équilibrée- le spécialiste en nutrition Julien Sanon, certifié aux USA, a préconisé « la nourriture serait le meilleur médicament pour l’être humain ».
Le médecin interniste corrobore sa « consultation gratuite » en soutenant que le traitement des maladies par le biais de la nourriture, autant que faire se peut, constitue l’approche la plus intelligente et la plus soutenable. Mieux on mange, plus on consolide son efficience physique et psychique et donc plus on s’éloigne du lit d’hôpital.
Samedi 6 mars 2021 ((rezonodwes.com))– Il est connu de tous, en théorie et en pratique, que le fonctionnement normal du corps ainsi que de l’esprit requiert une nutrition équilibrée. Malheureusement, par ignorance ou par incapacité, à quelques exceptions près, les humains ne sont pas bien informés sur les méthodes d’une diète convenable afin de maintenir un état de santé irréprochable. Dirait-on alors, le corps humain décrépit, vieillit et périt, faute de connaissance et/ou de moyens de subsistance adéquats. « Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait » ; en effet, il existe dans la biosphère des photo-nutriments capables de combattre le cancer, améliorer les fonctions cognitives, illuminer la vision et renforcer le système immunitaire. Savoirs rudimentaires, non accessibles au commun des mortels, malheureusement. « Nous mangeons mal » !
De ce constat lacunaire en matière d’informations sur les bienfaits et les méfaits des aliments, Julien Sanon, diététicien de son état, aurait aimé se scinder en des centaines de sosies pour partager avec les 7.8 milliards, particulièrement la communauté haïtienne au bercail et à la diaspora, les « best practices » nutritives. Dommage que de tels efforts de transmission d’un savoir pragmatique et salutaire peinent à se frayer une plus large diffusion au profit de toutes les couches sociales.
Lors de cette intervention altruiste de ce médecin engagé entre autres dans la lutte covidique, l’audience du SFUS a pu déduire que la qualité nutritionnelle ne dépend pas forcément d’un budget colossal. Vous pouvez appartenir à la catégorie des petites bourses tout en étant, sur le plan des conditions de santé, à des longueurs d’avance par rapport à des incrédules ou des « ignorants » moyennant que vous sachiez mieux comment combiner intelligemment les différents nutriments afin de vous garantir un physique robuste.
Cet article n’a évidemment pas la prétention de présenter une synthèse du menu copieux dont le docteur Sanon a gratifié l’assistance de SFUS, ce samedi 27 mars. Ce petit papier vise plutôt à sensibiliser le lectorat sur quelques points saillants de l’intervention judicieuse de ce professionnel de santé qui côtoie au quotidien le cancer, l’insuffisance rénale, les déficiences cardiaques, les défections pulmonaires, l’hypertension, l’obésité, la covid.
Par exemple, il nous arrive fort souvent (vous et moi) de gesticuler d’avoir bien mangé, avec le ventre bien rempli. Pourtant, tant en qualité qu’en quantité, fort souvent nous nous égarons en des combinaisons irrégulières, quasiment nuisible à notre organisme. Qu’il soit le petit déjeuner, le diner ou le souper, nous errons sans le savoir en mangeant « vant deboutonnen ». Voyons, selon docteur Julien Sanon, quelques mélanges à adopter et bien d’autres à éviter.
Bons choix versus mauvais choix
Evidemment, la pyramide des âges indiquerait de nos jours que les humains ne vivent pas en général au-delà d’un siècle. La tendance est telle que les centenaires d’aujourd’hui sont admirés, à juste titre, telle une merveille du monde. Cela est d’autant plus fascinant quand de tels âges font encore montre d’une réserve d’énergie physique et mentale.
Force est de constater que de nombreuses personnes n’ont pas eu le privilège de fêter leur 5e, 10e, 40e ou 50e anniversaire avant d’avaler leurs extraits de naissance. Expirées trop tôt alors ! En dépit de ses nombreux milliards, Steve Jobs n’a pas eu la chance de toucher la barre de 60 ans avant d’exhaler son dernier souffle à cause d’un cancer au pancréas. Le médecin intervenant à l’émission a donc réitéré « la plus grande et la véritable prospérité, c’est la santé ».
Soulignons que les accidents ne sont pas le principal vilain responsable du rendez-vous prématuré avec la tombe, au moindre mal avec les hospices. Les maladies en représenteraient la cause primordiale. Des anomalies héréditaires, telle que l’anémie falciforme, la mucoviscidose, l’hémophilie et une longue liste de maladies autosomales, la descendance en connait. Mais, la plupart des malaises sont dus à des excès ou des pénuries d’un ensemble d’ingrédients importants pour le corps.
L’obésité, le diabète, l’hypertension, le cancer, le rachitisme, pour ne mentionner que ces mordus adversaires bien connus, sont liés à des déséquilibres diététiques. Par exemple, il a été révélé, sinon réitéré par le docteur Sanon que tout ce qui est blanc est vecteur d’obésité, de diabète et de quelques formes d’inflammations qui puissent entraîner elles-mêmes des handicaps et des dysfonctionnements. Loin d’être exhaustive, un inventaire de quelques bonnes et mauvaises sources de macro et de micro nutriments a été partagé par le docteur lors de ce riche exposé qui donnait du frisson même à des personnalités de haut niveau académique, mais non conscientes des effets néfastes de certains mélanges nutritifs qui seraient des pratiques « quotidiennes ».
Le médecin acupuncteur a signalé que les bouches au service de la bonne forme physique peuvent puiser dans le haricot mixte, l’avoine et les fruits tels que la tomate, l’orange, l’épinard et l’avocat comme de bonnes sources de carbohydrates pour le système physique. La banane, la pomme, le brocoli, la cassave, le pois, les laitues et la carotte sont tout aussi de riches d’éléments de carbohydrates. Par contre, Julien Sanon a alerté sur les potentiels méfaits des donuts, des cookies, du pain blanc, des céréales sucrées, des muffins, des chips et de la nourriture trop « brulée » comme le BBQ.
Selon le médecin, les sources des glucides sont également conflictuelles, puisque pendant que la catégorie – noix, avocat, huile d’olive, huile de poisson, graine de lin, etc. – est classée bénéfique au corps ; la crème, la margarine et la crème glacée comptent parmi les glucides dangereux pour la chair humaine. Pour ce qui concerne les protides, le médecin expérimenté de la « Grand View Hospital » de la Pennsylvanie interpelle les familles à opter pour l’omega-3, le yogourt, le lait de coco et le saumon tout en évitant la viande trop nervurée de gras ainsi que de nombreux produits laitiers.
Tout en stipulant qu’il est préférable de consommer le melon exclusivement, Dr. Sanon a également attiré l’attention sur quelques bonnes combinaisons de fruits telles que la tomate et l’avocat, le brocoli et la tomate, l’avocat et le poivron, le raisin et les fraises.
Le nutritionniste en a profité pour encourager la consommation de l’iode, car une déficience de ce produit de source maritime, peut entrainer une perte de 5 à 10 % du quotient intellectuel. Des produits pourvus en antioxydants, dotés de la vertu de prévenir des dommages cellulaires, sont aussi vantés par le nutritionniste. Parmi les aliments les plus riches en antioxydants s’exposent la carotte, la pomme, le brocoli, l’ail et l’oignon. Notons in fine que, sans surprise, la consommation de l’eau est fondamentale pour assurer un bon équilibre corporel.
Un corps bien entretenu par un régime alimentaire convenable, selon le timing approprié du jour, résiste avec ténacité aux maladies et ferme les portes d’entrées aux déficiences physiques et psychiques. A l’exception de quelques cas particuliers tels que pour les femmes enceintes et les personnes âgées, les suppléments nutritifs ne seraient même pas nécessaires pour maintenir une fraicheur et une robustesse corporelle. L’allaitement maternel, au bienfait double pour la mère et le nourrisson, est fortement encouragé par le médecin aux multiples chapeaux mais qui portait dans le cadre de cette intervention celui du nutritionniste.
Peu de moyen de subsistance pour une population mondiale explosive, le Malthusianisme nous guette !
Face aux défis de l’expansion de la population mondiale, estimée actuellement à 7.8 milliards d’humains, qui de surcroît s’accroit à un rythme vertigineux pour atteindre selon les projections, la barre de 9 milliards dans les 30 prochaines années, de grandes inquiétudes s’annoncent à l’horizon. Le recours à la production rapide et massive afin de nourrir ces milliards de bouches est donc imposé aux dirigeants de la planète.
Ne s’agit-il pas d’un difficile arbitrage, se questionne le nutritionniste Julien Sanon qui présentait par exemple à tour de rôle deux poissons, deux poules, aux mêmes caractéristiques de départ, même âge ; mais à la fin de la chaine, amplement différent en terme de taille. Puisque l’un a été grandi naturellement et l’autre bourré de produits chimiques. Des exemples similaires pour des fruits y ont été également exposés.
Quand un produit peut atteindre sa maturité dans une précocité surprenante, pour en plus peser 10 fois plus que le poids normal espéré, il faut s’attendre que l’approche des OGM ne puisse être sans conséquence pour l’organisme. « Si nous gagnons en longueur, alors, nous allons perdre en largeur ». Même si toute la vérité n’est pas dite sur la question, on ne saurait être confortable face à ce rythme déchainé de la production de masse.
Des professionnels, voire des familles, se nourrissent à des restaurants, mais aussi en tant que simples consommateurs, nous ne détenons pas l’expertise appropriée pour déceler en toute clarté la qualité de chaque produit à déposer dans notre panier de consommation. Produit bio ou non bio, comment le certifier, en maints scénarios, nous n’y faisons que foi. À ce stade obscur, ce n’est vraiment pas évident de procéder à des options avisées.
Malthus s’inquiétait, à juste titre, de la montée exponentielle des populations alors que les subsistances s’accroissaient à un rythme arithmétique. On croyait, à tort, que la révolution industrielle faisait démentir les propos « pessimistes » de Robert Malthus. Les anti-malthusiens, auraient-ils raison ? À l’analyse des prix à payer pour la production accélérée, la réponse serait non. Si d’une part les bouches auraient accès à du pain, on ne peut se conforter dans l’hypothèse peu plausible que ce pain n’aurait à moyen ou à long terme aucun effet désastreux sur l’organisme ? Les défis demeurent !
Le scepticisme de la disponibilité des moyens de nutrition est d’autant plus aigu dans les pays blasés par la dynamique de gouvernance mazette qui n’incorpore pas de manière soutenable les critères écologiques de l’aménagement intelligent du territoire. La situation chaotique de notre Haïti, pétrie dans l’archaïsme, a attiré l’attention de l’intervenant et a attisé les échanges avec les panélistes/assistants actifs dans un doute cyclopéen puisque les espaces cultivables au bercail sont plutôt alloués à la construction désordonnée de villes et de bidonvilles perdant la tête dans leur expansion affreuse telle une grossesse ectopique en perdition.
Effets pervers de l’exode rural massif des familles haïtiennes
Selon le directeur des statistiques du ministère de l’agriculture, Rideler Philius, qui intervenait partiellement à ce débat, la culture vivrière sur laquelle reposaient les ménages pour faire face aux défis de l’insécurité alimentaire, disparait dans les us et coutumes de la paysannerie. Dans le temps, tel que l’a soutenu de manière anecdotale le professeur Henrilio Julsain qui fait souvent office de présentateur sur cette plateforme, la cour constituait un garde-manger pour la plupart des familles rurales.
Avocatiers, bananiers, cocotiers, manguiers, …, en des croyances mythiques, des arbres aux vertus curatives, écologiques et nutritives faisaient partie de la famille haïtienne. En plus de faciliter à se débarrasser d’une faim passagère, ces « pères et mères symboliques » embellissent et animent les « lakous » par leur couverture végétale en accueillant des rencontres amicales et ludiques de dominos, marelles, titato, twasèt, bésigues, au cours des pauses imposées par notre soleil éclatant rayonné en ses feux curatifs puisés dans les lignes équatoriales.
Aujourd’hui, l’exode rural amplifie cette déperdition de l’expertise artisanale salvatrice des familles haïtiennes qui savaient s’appuyer sur quelques mangues, des morceaux de canne à sucre, de l’arbre véritable,…, avant que soit servie la grande cuisson. Les conflits hostiles des intestins vides ne sauraient être surchauffés puisque des plans B étaient à la disposition même du passant inconnu pour assouvir une soif ou une faim. Dans certaines zones reculées, la permission de déguster des mangues ou des avocats tombés comme de la manne du ciel, n’était même pas de mise. « Manger qui voulait ».
Aujourd’hui désertiques, les terrains produisent beaucoup plus de pollution et de poussière. Selon les propos du directeur Rideler Philius, la FAO et d’autres partenaires multilatéraux impliqués dans l’éradication de la pauvreté et de la famine sensibilisent sur des projets orientés dans le sens de retourner vers les pratiques d’antan de petites exploitations agricoles au sein des familles qui aidaient à vaincre des maladies et donc sauver des vies. C’est triste que ce soit l’étranger, même sous cet angle, qui s’immisce en donneur de leçons théoriques pour nous rappeler les stratégies vitales de nos pratiques avec la nature qui nous définissaient comme un peuple ingénieux.
A un certain stade, il faut croire que le CORE-Group, les OI et les ONG vont aussi nous dicter que le respect mutuel, l’intégrité et la loyauté sont des principes fondateurs pour consolider la fierté et la dignité dans une société. A l’image des valeurs universelles qui confirment qu’Haïti était à « belle longueur d’avance » sur des conventions qui allaient être signées, plus d’un siècle après, pour bannir les atrocités de l’esclavage, la culture vivrière adoptée par nos grands-parents est présentement en vogue dans les banlieues des pays modernes.
La débâcle généralisée
Promotion pour le masimadi, l’inversion, l’animalité, les pervertis et les travestis ; dans tous les compartiments, les pratiques destructives le remportent sur les perspectives constructives. Nous rejetons nos propres valeurs indigènes, et nous adoptons les mauvaises mœurs de l’étranger. Nous importons du contrefait, du mal-fait, du fake, du cornflake et du BBQ pendant que nous exportons les infimes portions de produits biologiques cultivés dans nos terres compétitives.
Nous consommons, en provenance de Saint-Domingue et des Etats-Unis, du riz pourvu de peu de protéine, des cuisses de dindes, des pieds de cochons, des poitrines de poulets congelés, décongelés, recongelés et donc « pathogènes ». Pourtant, nous abandonnons la production de notre riz Shella et Shelda ; pas de jardins sur nos terrains cultivables ; nos cours sont mourantes, sans vie, dépourvues de poules, de coq. Les enfants nés après 2000, nos fameux milleniums, connaissent-ils le fameux cocorico qui nettoyait nos cérumens dans la matinée ? Ont-ils déjà vu étalées les ailes élégantes des ortolans et des tourterelles ?
Quel quarantenaire comme moi, pris en otage par une quarantaine technologique outrancière n’est pas nostalgique par rapport à ce passé éblouissant qui se nourrissait de véritables, de bananes (de vraies), de mangue, d’avocat, du lait frais des vaches des parents, d’épis de maïs et qui se divertissait en des « lagos cachés », et donc en des « kidnappings jouissifs » avec des victimes bien consentantes qui disparaissaient en des « paires » tout en mimant « manman ak papa » en des scènes puériles de Romeo et Juliette ?
Entêtés en des projets générateurs de crises politiques, sociales et culturelles, les têtes de pioche à la tête de notre cité délabrée ont perdu la tête, en des démences d’ « Apredye » sans autorité ! Notre ventre est à la merci de la providence, sinon de l’étranger qui nous étrangle et qui nous infecte avec des produits grapyay et zagribay. Il serait bruit qu’il existe des produits aux étiquettes « Made exclusively for Haïti ». Si aucune fausseté ne se révèle dans cette assertion, ce serait un affront et une violation grave des principes « fair » de l’OMC. Cet impair mériterait alors une investigation.
En tout cas, les dynamiques culturelles et culturales sont l’émanation de vision et de leadership politique. Haïti peut certainement redresser la barque, au niveau de ses habitudes agricoles et alimentaires gagnantes, si et seulement si la population se résout de brandir carton rouge aux imposteurs et usurpateurs pour définitivement plébisciter science et conscience dans la gouvernance de la cité. Tomber c’est humain ; se relever c’est divin. Peuple aux gènes de Toussaint et de Dessalines, il vient le temps de nous relever et de révéler le courage, la dignité et la fierté qui nous caractérisent.
Le temps de la sensibilisation et de l’engagement citoyen
De l’ingestion à la digestion des aliments, le fonctionnement métabolique du corps requiert un niveau de connaissance, pas complexe, mais très décisive. Ce n’est pas que les moyens économiques et financiers, mais aussi et surtout la conscience des parents et de toutes les communautés sur les différents types d’ingrédients selon l’âge, les caractéristiques physiques, les particularités morbides, l’heure de la journée, etc., qui fait une énorme différence la santé et la maladie, voire entre la vie et la mort.
Sensibiliser les familles sur les pratiques diététiques est une initiative noble afin d’éviter des conditions regrettables à moyen et à long terme. Depuis l’arrivée sans invitation de la pestiférée pour nous mettre en quarantaine et emporter des millions d’entre nous, une batterie de médecins haïtiens dont Julien Sanon, Shella S.F. Lominy, Maude Désir, Clotaire Ariste et Ludovic Labranche se sont engagés à partager leurs expériences et leurs connaissances avec la communauté haïtienne, pour les sensibiliser sur les risques des épidémies, particulièrement la Covid.
Sur de multiples plateformes en diffusion sur Facebook, à des émissions de radio, de télévision et en des articles de presse, ces intenses mobilisations médicales entreprises sur la toile depuis plus d’un an, sont inestimables. De surcroît, chacun y apporte en fonction de sa spécialité.
L’intervention du docteur Julien Sanon visait entre autres à nous rappeler que la santé nous éloigne de plusieurs ennuis : les dépenses, la douleur, l’hôpital, les funérailles. Et une santé robuste passe par une bonne alimentation incorporant les fruits et légumes, les céréales, les boissons, les viandes et le lait. Alors, autant bien se nourrir en vue de consolider et de renforcer son système immunitaire.
Carly Dollin
carlydollin@gmail.com