Le Président de la République Jovenel Moise s’obstine à l’idée de former un gouvernement d’union nationale d’ici la fin de l’année. À l’instar des rencontres initiées avec des structures de la société civile organisée, le Chef de l’État multiplie également les invitations à l’intention des membres l’opposition
Jeudi 19 décembre 2019 ((rezonodwes.com))– La vague d’invitations lancées, ce jeudi, par le Palais national confirme l’entêtement manifesté par le Président de la République Jovenel Moise à trouver une issue à la crise politique excluant sa démission. Des signataires de l’Accord de Marriott ont été séparément invités à rencontrer le Chef de l’État pour échanger sur le Consensus de Port-au-Prince, lit-on à travers plusieurs correspondances signées du directeur du Cabinet particulier du Président.
‘’Le Président de la République souhaite échanger avec vous sur le document de Marriot et vous invite donc à une rencontre au Palais national le vendredi 20 à 1 heure de l’après-midi’’, a révélé la teneur de la correspondance adressée à Antoine Augustin, signée par Nahomme Dorvil.
Une
autre correspondance avec une teneur similaire a été acheminée au
secrétaire général de la Fusion des Sociaux-démocrates haïtiens,
Rosemond Pradel, dévoile le document devenu viral sur les réseaux
sociaux.
Sous les auspices de la Nonciature apostolique et du BINUH, durant deux jours, une tentative de rapprochement des propositions de diverses structures politiques et socioprofessionnelles a été initiée. Des délégués du regroupement Mache Kontre, des représentants du Groupe d’Initiative de la Passerelle, des personnalités liées par l’Accord de Kinam se sont attablés dans le but d’adresser la crise et proposer des solutions. Cependant, l’initiative n’a pas été concluante vu qu’aucune entente n’a été trouvée, ont confirmé des participants.
‘’Le
Groupe d’Initiative de la Passerelle n’est autre qu’un
facilitateur, il ne peut pas discuter de l’Accord de Marriott’’,
a réagi Joseph Domingue Orgella, porte-parole du GIP.
De
son côté, le sénateur Youri Latortue, signataire de l’Alternative
n’a pas écarté l’idée de dialoguer avec l’Exécutif, mais
pose des conditions.
‘’Dans le fond, au niveau de l’Alternative nous sommes ouverts aux négociations. Toutefois, des préconditions, à travers une proposition de sortie de crise de Marriott, ont été établies. Avec Jovenel Moise les conditions de son départ doivent être mises sur la table’’, a évoqué l’élu de l’Artibonite pour justifier le refus de l’opposition de discuter avec le Président, Jovenel Moise.
« La crise qui secoue le pays depuis plusieurs mois a trop duré. En cette période de fête, j’invite mes compatriotes de l’opposition à se joindre à moi afin qu’ensemble nous offrions un Accord politique en signe de cadeau à notre peuple qui souffre de cette crise », a tweeté Jovenel Moise un peu avant 10 heures du soir jeudi, qui, pas plus tard en février dernier, les appelait « bandi e machann dwòg« et « ke li pap lage peyi-a nann men bandi« .
Hervé Noel
vevenoel@gmail.com