Emmanuel « Toto » Constant, le colis encombrant pour le régime autoritaire du président Jovenel Moise, n’était pas parmi la cinquantaine de passagers arrivés à Port-au-Prince lundi après-midi à bord d’un vol spécial affrété par ICE (Immigration and Customs Enforcement).

Lundi 11 mai 2020 ((rezonodwes.com))–La liste des 50 nouveaux déportés lundi des Etats-Unis vers Haiti, à partir d’un vol ayant décollé de l’aéroport San Antonio au Texas, n’incluait pas les noms des 5 ressortissants haitiens atteints du coronavirus. Selon huffpost.com citant le Miami Herald, les autorités de l’immigration américaine n’ont pas expulsé vers Haïti lundi cinq détenus qui avaient été testés positifs de covid-19.

Le vol de la 3ème série de déportation de citoyens haitiens vivant illégalement aux Etats-Unis, entamée par ICE durant la pandémie, qui a atterri à Port-au-Prince en provenance de San Antonio, Texas, peu avant 13 heures lundi, est arrivé avec seulement 50 passagers. Toutefois, 14 d’entre eux ont des antécédents criminels et les 36 autres, en particulier des enfants – étaient à bord de l’appareil au lieu des 100 déportés (sans casier judiciaire) que les autorités haïtiennes attendaient.

« Les 14 déportés [criminels] sont tous regroupés dans un seul hôtel et tandis que les 36 autres sont divisés en groupe de deux, 18 personnes chacun« , a déclaré Jean Négot, représentant de l’Office national des migrations d’Haïti. M. Delva qui n’était pas en mesure d’expliquer le nombre restreint de rapatriés lundi, 50 au lieu de 100, a indiqué entre autre que son institution a transféré les nouveaux venus dans trois hôtels différents de la capitale, où ils seront mis en quarantaine au cours des 14 prochains jours aux frais de l’état haïtien.

Par ailleurs, l’ancien bras droit civil armé des Forces Armées d’Haïti après le sanglant coup d’état du 30 septembre 1991, Emmanuel « Toto » Constant, dont le nom figurait auparavant dans le manifeste, aux fins d’être extradé vers Haïti, pour fraude et corruption, n’était pas dans l’avion lundi. L’expulsion du chef des escadrons de la mort d’Haïti, devenu trop encombrant pour le régime autoritaire de Jovenel Moise, a été annulée, a précisé Miami Herald, après qu’une controverse a éclaté sur son retour en Haiti où il avait été condamné par contumace pour un massacre en 1994 à Raboteau, dans la ville des Gonaives.