Lorsque la politique veut, l’économie peut. Le
raisonnement illogique et absurde stipulant que la politique serait l’affaire
de caméléons, de shaolins, de lapins, de cabris, de rats, de serpents venimeux
et d’animaux aux sept têtes, doit être décidément remis aux calendes grecques.

Vendredi 8 novembre 2019 ((rezonodwes.com))– Très longue est la liste des personnages individuels, animés du sens de générosité et dotés d’une exceptionnelle matière grise, qui ont imprimé des pensées lumineuses et favorisé des virages substantiels dans les cœurs et les esprits des autres, au cours de leurs propres vécus sacrifiés au profit de nobles causes universelles, afin de léguer à la postérité des héritages sacrés de justice, d’amour, de paix, de fraternité et du vivre-ensemble. Mahatma Gandhi, Florence Nightingale, Nelson Mandela, Martin L. King, Jean Jacques Dessalines, Fidel Castro, Jean Price Mars sont quelques exemples notoires de belles têtes et de belles âmes ayant dessiné des périples exemplaires sur la planète. Parmi les traits de caractères communs à ces personnalités, nous retenons entre autres, le sens de leadership, l’autorité, le savoir, le savoir-être, l’amour du prochain, le sens de justice, la soif de liberté, l’esprit de charité et d’altruisme intergénérationnel.

Dans ce contexte de
précarité et de vulnérabilité ; dans cette ébullition et cette nécessité
contraignante d’une transition politique pour redresser le bateau haïtien en
mode Titanique, en vue de redorer le blason de la patrie en détresse, les
acteurs doivent se laisser guider par la sagesse du Roi Salomon, le cœur
généreux de Mère Teresa, la vision de Martin Luther King, le génie de Toussaint
et le leadership de Paul Kagame pour plébisciter des Haïtiens et des Haïtiennes
du terroir et de la diaspora, imprégnés des qualités et des vertus de leaders
avisés, de citoyennes et de citoyens loyaux au service des intérêts collectifs.

La noble mission de corriger les injustices sociales pour
garantir une société juste et équitable

A travers les options
éclairées par la lumière divine de faire place à la méritocratie, ce sont les
inégalités économiques et sociales qui se réduiront. Ne serait-ce pas les
objectifs fixés dans les beaux textes élaborés et paraphés par des grands
organismes internationaux de maintien de paix, de justice, de promotion et de
redistribution intelligente de la richesse sur le globe. Par l’approche
démocratique visant à remplir les postes politiques par des têtes bien formées
et des cœurs généreux, les centaines de milliers d’enfants des rues seraient
bercés dans des logements et des familles d’accueil afin de déguster les fruits
succulents d’une vie décente. Comme les princes et les princesses des familles « aisées »,
Ti Sentaniz jetterait son éternel tablier et aurait pu recevoir également,
chaque matin, un verre de lait, du fromage et du pain pour prendre le chemin
salutaire de l’école. A l’instar de Chantoutou, « A Petits
Pas »,  elle serait allée « A
la rencontre de la Grammaire » pour explorer « Le Français en
Fête ». Elle aurait l’opportunité de découvrir les séries imaginaires de « Beniswa »,
« Anna », « Dino », « Jakadi », « Je
connais », « Je lis », pour « Réussir les Maths », faire
des prouesses et remporter de belles victoires dans la vie.

De la même façon que les
petits Canadiens, Américains, Français ou les petits Cubains, tous nos enfants auraient
pu rêver de prononcer le serment d’Hippocrate, suivre la trajectoire de Samuel
Pierre, Naomi Osaka, Ronald Agenor, Duckens Nazon, Skal Labissière ou devenir
des économistes, des pasteurs, des prêtres, des diplomates, des agronomes…
Ils seraient en mesure de côtoyer Platon, Pythagore, Descartes, Gary Victor,
Dany Laferrière, Montesquieu et le Socrate de l’antiquité, pas en « France »
mais à la Bibliothèque Nationale ou à la librairie La Pléiade.  

Au lieu des expositions
aux séries réelles tragiques « Balles dans la tête », à des réalisations,
sans légendes, de type 24h-Chrono ou « Banlieue 13 », de séries
d’horreur de type « Chuky » ou de feuilletons réels d’exploitations
sexuelles des enfants au Champ de Mars, à La Salline et dans les ghettos, nos
enfants, croupis dans la misère ignominieuse, sans familles, sans repères, sans
espoirs, se délecteraient dans les performances hilarantes de « Tom and
Jerry », « Mr. Bean », « Kirikou »,
« Popey » et « Masha et Michka ». Ils ne seraient plus
contraints de s’exhiber dans toutes les acrobaties ignobles en contrepartie de
quelques pièces pour assurer un plat chaud quelconque.

A la fin de la journée,
quand est-ce que ces enfants déshumanisés et abêtis, pourtant animés par les
mêmes besoins physiologiques, d’affection et d’amour, entendront-ils chuchoter
à leurs oreilles, « Bonne nuit ma puce ; Fais-de beau rêve, mon petit
prince » !

Lorsque la politique veut ; l’économie peut ;
et le social emboîte le pas !

Avec des hommes et des
femmes appropriés aux postes stratégiques appropriés, on aurait scellé la fin
de l’hémorragie économique et sociale induite par les fuites de cerveaux et de
capitaux vers le Chili, la République Dominicaine et le Brésil. La gourde
aurait regagné son beau visage d’antan ; les taux d’inflation ne
dérangeraient plus les petites bourses et les assiettes. Le salami ne serait
plus le dernier recours de nombreuses familles, prises en sandwich, pour
assurer un souper miraculeux. L’image du pays aurait pétillé de mille feux sur
la scène internationale ; le tourisme en serait boosté. Les vraies valeurs
et les véritables richesses sportives, culturelles et scientifiques du pays
auraient été décelées, explorées et exploitées, à bon escient. Un nouveau
sentier de croissance aurait été dessiné, vers la stabilité de long terme et
l’émergence économique. Toutes les couches économiques et sociales en
sortiraient bénéficiaires.

Si hier, nous avons
raté, par légèreté ou par ignorance, le train de la création de la richesse et
du développement endogène soutenable et équilibré, à concrétiser et à  garantir par des hommes et des femmes dignes,
compétents et intègres ; aujourd’hui, nous n’avons plus droit à de telles
erreurs catastrophiques de banaliser les affaires politiques de notre pays
historique. Nous sommes conscients des conséquences désastreuses de nos
égarements de notre passé décennal récent. Nous ne pourrions oser réitérer de
telles imprudences et stupidités inexcusables.

Nous avons constaté et
vécu, dans nos esprits abattus, les improvisations calamiteuses, les
corruptions et les infamies drainées par le régime politique actuel qui s’engage
dans des dossiers diplomatiques de l’Etat comme des gamins avec des marqueurs
et des bristols pour décorer des graffitis et des majigridis tinctoriaux, plein
de confusions et dénués du  minimum
minimorum de gros bon sens.

Les images placardées sur la psychè, des corrélations
directes soutenues par la théorie des fenêtres brisées

Wilson et G. Kelling[1] ont étayé, en 1980, leur fameuse thèse de la théorie des fenêtres brisées (broken
window), qui expose la fragilité et la vulnérabilité des sociétés plongées dans
des négligences, des insalubrités, des désordres et des incivilités
multiformes. Les comportements et les choix médiocres lancent de mauvais
signaux à la société, aux jeunes et aux enfants qui seraient enclins à les
reproduire, sans aucun gène.

Lorsqu’on laisse le
destin d’un pays et de la planète entre les mains contaminées d’individus sans
cœur et sans tête, il en résulte des carences, des peurs, des inquiétudes et de
monstres déficits pour l’enfance, la jeunesse, la santé, le sport, l’éducation
et la culture. Sous un angle durable, les pertes de prestiges et d’images, occasionnées
par les interlocuteurs incompétents et déloyaux, exacerbent les carences
économiques spectaculaires, induites dans des taux de croissance rachitiques,
des taux de change irritants, des taux d’inflation exaspérants, de curieux déficits
de la balance commerciale et des tableaux macabres dépeints par les indicateurs
sociaux.

Les coûts de
l’ignominie, de l’indignité et de l’indécence sont difficilement mesurables,
car incorporant une kyrielle d’externalités négatives difficiles à capturer
dans les approches d’analyse avantages-coûts. 
Toutefois, force est de constater de la même façon que les belles âmes
attirent les investissements massifs, les intenses coopérations et la richesse durable
dans leurs pays à travers la confiance et les échanges fructueux qu’elles entretiennent ;
les dirigeants incapables et incultes aboutissent exactement à l’effet inverse.

Les personnages vils
ternissent les éclats des patrimoines sociaux et culturels ; ils
fragilisent les relations diplomatiques et sapent les bases des échanges
fructueux avec les actuels et les potentiels partenaires ; ils rident les
visages et hypothèquent les richesses naturelles, culturelles, sociales et
économiques d’un pays. Par nos comportements loyaux ou déloyaux, nous
influençons les options et les attitudes des acteurs locaux et internationaux.

L’exemple inspirant de Nelson Mandela, assis à la chaise
bourrée de l’Afrique du Sud après 27 ans d’incarcération injuste.

Par son cœur et son âme extraordinaires, alimentés par
une conscience surhumaine, Nelson Mandela a su étouffer son égo, avaler
tout sentiment d’orgueil et de vengeance pour réconcilier toute une nation avec
elle-même, recoudre les tissus déchirés, guérir les plaies, calmer les
hostilités, panser les blessures de discorde, de ségrégation et de l’apartheid
qui rongeaient et broyaient son pays depuis 1948 jusqu’en 1991. Par son
charisme transcendantal, son indulgence et un dépassement de soi surnaturel,
Madiba a impulsé et facilité les climats favorables pour implémenter en Afrique
du Sud, un modèle de gouvernance pacificateur, générateur de sécurité, de stabilité
politique, de cohésion sociale et de conditions nécessaires à l’attraction des
investissements locaux et étrangers.

En vertu de sa force de persuasion et son charisme, son
éloquence et par la stabilité et la sécurité qu’il a insufflées à son pays, Nelson
Mandela a permis à l’Afrique du Sud d’accueillir en 1995 un évènement
international de grande envergure, la coupe du monde de Rugby, remportée
d’ailleurs par le pays hôte, qui a rehaussé son image tout en y générant des
revenus colossaux. Dans la même ligne d’idées, l’Afrique du Sud a décroché
l’exquise opportunité et le rare privilège d’organiser la dix-neuvième
compétition de la coupe du monde de football de la FIFA, en juin-juillet 2010.
De telles vitrines internationales achalandées, miroitées et caressées par tous
les grands pays du monde, ont eu d’énormes effets multiplicateurs et des effets
d’entrainement gigantesques sur l’image, le prestige du pays ainsi que sur les
secteurs porteurs de l’économie.

L’immortel Nelson Mandela, récipiendaire du prix Nobel de
la paix en 1993, a défendu avec classe et amour, la devise de son pays qui
prône l’unité dans la diversité.

Dis-moi
quelles pensées te gouvernent et je te dis ton statut économique et social

L’imagination, la réflexion, la pensée et la parole ont
précédé toutes les actions et les réalisations humaines. Les gratte-ciels, les
engins spatiaux, les connexions magiques à travers les ondes magnétiques et
scalaires, les merveilles dans tous les secteurs dégustées au sol, au sous-sol,
à la mer et dans l’espace, sont scrutés par les moules du raisonnement critique
avant de se faire chaire. Les lettres, les voyelles, les consonnes, les mots, les
paroles, les pensées et les combinaisons complexes et synchronisées de ces
signes parlants portent en eux, la vie. Une nation est aussi magnanime et fière
que ses sommités littéraires, scientifiques et culturelles ; un peuple est
aussi petit que ses dirigeants et ses interlocuteurs politiques corrompus,
incompétents et indignes.

Les espaces honorables du pays, la Maison Blanche, le
parlement, les ministères, les directions générales, les institutions
financières et les organismes autonomes doivent être occupés par des hommes et
des femmes dignes, chevronnés, intègres, experts dans les chiffres et les
lettres, capables d’inspirations, de créativité, d’imaginations et de
réflexions complexes pour déceler et valoriser les richesses humaines et
naturelles du pays.

Temps de finir avec cette négligence séculaire de laisser
la gouvernance et le destin d’un pays si fier entre les mains souillées d’un
ensemble de crapules, de corrompus, d’incultes, d’usurpateurs et d’imposteurs.

Carly Dollin
carlydollin@gmail.com


[1] https://media4.manhattan-institute.org/pdf/_atlantic_monthly-broken_windows.pdf