La journée mondiale des enfants des rues, c’est aujourd’hui lundi 26 novembre 2018 (extrait de l’article Résilients malgré tout)
Par Pierre-Etienne Caza
Lundi 26 novembre 2018 ((rezonodwes.com))– Les récents scandales sexuels mettant en cause des travailleurs humanitaires d’Oxfam et de la Croix-Rouge ne surprennent guère Jude-Mary Cénat. Le chargé de cours au Département de sexologie, dont la thèse de doctorat portait sur les traumas et la résilience suivant le tremblement de terre en Haïti, en 2010, a eu l’occasion de recueillir les témoignages des enfants de la rue de Port-au-Prince.
Ce qu’il a entendu le révolte. «Il y a clairement un problème de pédophilie au sein de plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) internationales et il faut que ça cesse. Les enfants de tous les pays, peu importe leurs conditions de vie, méritent d’être protégés», affirme-t-il.
Soutenue en 2014, la thèse de Jude-Mary Cénat portait sur l’ensemble de la population haïtienne, adultes et enfants, mais un sous-groupe avait attiré son attention. «Nous avions constaté que les enfants de rue présentaient un niveau plus élevé de résilience que les enfants vivant avec leurs parents et une prévalence plus faible de symptômes liés au trouble de stress post-traumatique (TSPT), à la dépression et à l’anxiété.»
En collaboration avec d’autres chercheurs, il a voulu confirmer ces résultats auprès d’un plus vaste échantillon de 176 enfants et adolescents de la rue âgés de 7 à 18 ans.
Un article faisant état de leurs résultats a été publié le mois dernier dans Child Abuse & Neglect. «C’est surtout lors des entretiens individuels semi-dirigés que les enfants nous ont raconté ce qu’ils vivaient au quotidien, y compris les agressions sexuelles, précise le chercheur. Les enfants ont cité des noms d’ONG, mais nous n’avons pas inclus ces détails dans notre article, car ce n’était pas l’objet de notre étude.»
Devant les récentes manchettes, Jude-Mary Cénat juge qu’il doit joindre sa voix à ceux qui dénoncent ces ignobles comportements. «Imaginez, en Haïti, il y a des chansons populaires dénonçant les actes de pédophilie des membres de la mission des Nations Unies et des travailleurs humanitaires occidentaux de telle ou telle ONG. Rendu là, on peut presque parler d’un réseau de pédophilie!»
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