« Les autorités haïtiennes souhaitent prendre pleinement en charge la sécurité du pays et la responsabilité qui en découle » a révélé le chef des opérations de paix de la Minujusth, Jean-Pierre Lacroix.
Michelle Bachelet : »…Les griefs sociaux, la corruption et la faiblesse des institutions constituent des obstacles majeurs à la réalisation des droits de l’homme en Haïti… »
Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni mercredi pour discuter de la fin programmée de la Mission des Nations Unies pour l’appui à la justice en Haïti (MINUJUSTH), dont le mandat devrait s’achever en octobre prochain, révèle ONU Info
New York, jeudi 4 avril 2019 ((rezonodwes.com))–Le chef des opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, a expliqué aux membres du Conseil que « les efforts pour améliorer la situation de sécurité ont donné des résultats mitigés ces derniers mois« , admettant que tout ceci arrive « dans un contexte d’incertitude politique avec la chute du gouvernement« .
M. Lacroix a noté qu’ « aucune manifestation violente n’a eu lieu depuis les 10 jours de manifestations en février, qui ont fait 41 morts et une centaine de blessés« . Le ministre des Affaires Etrangères, Edmond Bocchit, était présent à cette rencontre.
Selon lui, la Police nationale haïtienne a continué de démontrer sa capacité à faire face aux menaces à la sécurité dans le pays, notamment en planifiant et en menant des opérations anti-gangs, avec un soutien limité de la MINUJUSTH.
Selon l’organe de presse des Nations-Unies, ONU Info, citant Jean-Pierre Lacroix, « la fin du maintien de la paix en Haïti est à portée de main ».
«Alors que l’évolution de la situation en Haïti depuis juillet dernier a confirmé la fluidité politique et la fragilité économique du pays, nous ne pouvons pas perdre de vue les progrès réalisés au cours des années et plus récemment dans le renforcement des institutions du pays, avec la Police nationale haïtienne au premier plan » a ajouté Lacroix qui n’a même pas pensé à soulever l’existence des FAd’H.
Dans ce contexte, le chef des opérations de paix a déclaré que l’ONU appuyait le souhait des dirigeants haïtiens de mettre fin au maintien de la paix en Haïti et au mandat de la MINUJUSTH en octobre de cette année, ainsi que leur souhait que les autorités haïtiennes prennent pleinement en charge la sécurité du pays et la responsabilité qui en découle.
Des violations graves des droits de l’homme malgré des progrès
Par ailleurs, dans un exposé devant les membres du Conseil, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a également noté que la situation en Haïti était très différente aujourd’hui par rapport à 2004, quand les Casques bleus ont été déployés.
« Si l’ampleur des violations des droits de l’homme enregistrées alors ne correspond pas à la situation actuelle, de graves problèmes structurels persistent. Les griefs sociaux, la corruption et la faiblesse des institutions constituent des obstacles majeurs à la réalisation des droits de l’homme en Haïti », a-t-elle souligné.
Mme Bachelet a également noté qu’en dépit d’améliorations notables du
professionnalisme de la Police nationale haïtienne, des incidents de
violations graves des droits de l’homme, notamment des exécutions
sommaires, continuent d’être signalés, avec une reddition des comptes
limitée.
Mauvaise note pour le commissaire du Gouvernement qui se donne un satisfecit car pour Madame Bachelet du Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, «la faiblesse du système judiciaire a également un impact négatif sur le système pénitentiaire » en Haïti.
Mme Bachelet a estimé qu’il fallait reconnaître les progrès accomplis mais qu’il fallait poursuivre les efforts. Elle a encouragé le Conseil de sécurité « à fournir au peuple haïtien l’appui nécessaire pour renforcer les institutions, lutter contre l’impunité et promouvoir et protéger les droits de l’homme en tant que fondement de la stabilité et du développement ».