Port-au-Prince, samedi 14 juillet 2018 ((rezonodwes.com))– Elizabeth Béton-Délègue, ambassadeur de France en Haiti, conformément à la tradition des ambassadeurs en fin de mission à Port-au-Prince, a profité de son discours d’adieu pour tirer les oreilles des dirigeants haïtiens et leur indiquer la voie à suivre transformer en profondeur le pays, réduire les inégalités et arriver à un progrès économique et social qui donnera à la population l’espoir de sortir de la misère dans laquelle elle se trouve.


Vendredi, la diplomate a enseigné à l’élite politique un véritable cours sur la stabilité, selon elle, un bien précieux, premier devoir de tout État et qui passe par la protection des biens et des personnes, sans exclusive et sans privilèges.

Béton-Délègue a démontré l’importance de la consolidation sans trêve d’une PNH professionnelle et apolitique et  l’importance que la justice fasse son travail, avec équanimité, avec pour seule boussole, le respect de la loi qu’elle doit garantir.

« La stabilité passe aussi par un bon fonctionnement des institutions, un président qui conduit et arbitre, un gouvernement qui gouverne », a indiqué l’ambassadeur qui a repris la célèbre formule de Pierre Mendès France, « gouverner, c’est prévoir », après avoir rappelé le déchaînement de violences sans précédent le week-end dernier à Port-au-Prince, qui a choqué, meurtri, détruit, causé et de lourds dommages à l’économie mais aussi à l’emploi, ce bien rare en Haïti.


« Ce qui s’est passé le week-end dernier est grave et il est important que les enseignements en soient tirés, avec sang-froid, raison, et sens des responsabilités, pour éviter qu’une autre étincelle n’allume un autre incendie », a souligné Elizabeth Béton-Délègue qui prévient que « l’exaspération sociale peut conduire à l’insurrection civile ».

Contrairement aux dignitaires du pouvoir en place, la diplomate voit dans la terrible crise de la semaine passée, l’occasion d’un nouveau départ et recommande la construction de la confiance, par un dialogue associant toutes les forces vives de la nation pour surmonter les clivages qui bloquent ce pays et sortir du statu quo, qui est le pire ennemi de la stabilité.


L’opposition a reçu elle aussi sa claque lorsque Béton-Délègue a déclaré sans ambages : « La stabilité passe par la voie des élections : ceux qui prétendent renverser la table, tout comme ceux qui pensent qu’Haïti n’est pas faite pour la démocratie, au nom d’une spécificité génétique qui lui serait propre, se trompent. »