billet de la rédaction

photos : Stephen Williams Phelps

Un « crime d’état », selon les militants des droits humains. Une pure invention des réseaux sociaux selon les autorités. Un dossier à ignorer semble se dire l’international sourd, aveugle et muet

Lundi 31 décembre 2018 ((rezonodwes.com))– Alors que de nouveaux morts viennent s’ajouter aux 71 personnes ayant été massacrées dans le quartier de La Saline, en novembre dernier, le gouvernement continue de bander ses yeux pour ignorer ces actes abominables commis présumément par des individus à la solde de certaines autorités.

Pire, le deuxième personnage de la République, le président du Grand Corps, le sénateur Joseph Lambert, en pleine séance diffusée en direct sur les ondes et les réseaux sociaux n’a eu aucune gêne à cracher sur la mémoire des disparus et à enfoncer le poignard dans le cœur des proches de ceux-ci (pourtant ses voisins) en déclarant que les images (pourtant fraîches) circulant sur le web sont vieilles de … 14 ans.

Peut-on imaginer pire attitude de bergers qui se font loups aux crocs acérés pour dévorer sans ménagement le troupeau qui fournit apparats et falbalas, sans rechigner une seconde et sans recourir aux gilets hexagonaux?

Finalement, il est peut-être mieux de se taire, de faire l’impasse et de cacher ces morts qui dérangent, qui n’existent pas et qui n’existeront jamais pour les officines internationales si promptes à la critique dans d’autres pays.

Comme si, ces êtres qui essaient de survivre, 215 ans après le geste des aïeux, dans la boue infecte du marché de la Croix des Bossales, à quelques mètres du bureau du premier ministre et à quelques enjambées de la présidence ne peuvent être considérés comme des humains et sont classés tout au bas de l’échelle dans le règne animal.

Ces êtres, qui sont des enfants, des frères, des sœurs, des mères, des pères, des cousins, des amis, des tantes, des oncles, …, ont été pourtant jetés en pâture aux porcs ou ont été immolés par le feu après avoir subi moults sévices, lapidés, déchiquetés, fusillés froidement par des hordes en mission spéciale (officielle pour certaines organisations), en toute impunité.

Mais peut-on cacher les déplacés dont les cahutes ont été incendiées et qui se sont réfugiés dans le voisinage du parlement et de la primature, sur la place d’Italie?

Les a-t-on pris aussi dans quelques lieux inconnus des gouvernants, ou les a-t-on fabriqués dans le laboratoire d’un Gargamel tropical pour venir nuire ces dignes héritiers des pirates des Caraïbes, sans cœur et sans reproche?

Disons alors, que le massacre de La Saline n’a pas eu lieu. Peut-on d’ailleurs massacrer des êtres inexistants?

En vérité, cachons-les! Cachons-les donc, car ce gouvernement et ses alliés ne désirent nullement regarder la réalité en face.

En effet, les affamés, les analphabètes, les démunis, les sans-logis, les sans avoir. et autres sans aveu ne sauraient exister pour les nantis et leurs soldats.

reportage photos Stephen Williams Phelps