Dimanche 15 décembre 2019 ((rezonodwes.com))– « Perdre son temps à vouloir que le monde ne soit plus ce qu’il est. Qu’il change pour s’améliorer. Devenir au moins vivable. Sinon pour nous, du moins pour nos fils et nos filles : innocents des crimes d’aujourd’hui. Brûler les secondes à batailler pour que demain soit meilleur qu’aujourd’hui. Passer son temps à apposer des gloses aux pages crevées de l’histoire pour corriger les gaffes avilissantes d’une génération de farceurs et de profiteurs egocentriques. Incendier toutes les torches de son existence à tenter d’éclairer ces hommes, fils des ténèbres, source de ténèbres qui en plein midi éclipsent les lueurs d’espoir de mon pays. Que faire ! » (Ernso Melay, Ténèbres de Midi).

Nombreux sont ceux qui rendent le peuple responsable de l’état lamentable dans lequel se retrouve Haïti et malheureusement, nous trouvons des gens bien formés à pointer ces malheureux du doigt comme s’ils avaient un véritable pouvoir pour changer leurs conditions comme par enchantement. Un peuple peut être soumis à l’esclavage et ne pas réaliser qu’il est esclave. Monseigneur Gibier définit l’élite comme « un petit bataillon de grandes âmes vouées à une noble cause, la défendant énergiquement d’après les règles d’une sage organisation, et cherchant à entraîner la foule dans la voie du bien. » En Haïti, il y a certes des groupes restreints d’individualités unies et organisées, mais ils sont loin d’être une élite. Je prends plaisir à lire des compatriotes qui essaient tant bien que mal de prescrire des solutions au dilemme haïtien insinuant qu’Haïti est un cas isolé. La « latrine Haïti » pour répéter après Donald Trump n’est pas un cas isolé. Ce qui se passe en Haïti est commun à de nombreux autres pays dits pays du Tiers-Monde.

Dans certains pays sous-développés, les élites (économique, politique, intellectuelle, religieuse) arrivent à s’entendre sur une ou des causes nobles pour ouvrir des voies nouvelles et attirer leurs compatriotes ; Et, faire obstacle du coup aux forces ténébreuses qui imposent leurs lois et un système global prédateur fondé sur l’exploitation à outrance et l’indifférence. Je vais faire de mon mieux dans ce texte pour encourager les soit disant élites en Haïti à garder leur focus sur le vrai débat : comment se démarquer de ce système global prédateur et aider à la construction d’Haiti qui est non seulement pris dans l’engrenage de la globalisation de l’indifférence (expression chère au Pape François), mais aussi dans un vaste complot international parce que nos ancêtres ont pu réussir à conquérir leur liberté par les armes.

« Selon un document confidentiel et découvert au « Musée royal de l’Afrique centrale », à Tervuren, une commune néerlandophone de Belgique située en Région flamande, dans la province du Brabant flamand, les Occidentaux avaient déjà programmé l’exploitation des pays pauvres et le massacre de leurs habitants depuis la « traite négrière » à Washington. Le document historique qui suit est la preuve que les dirigeants occidentaux ne seront jamais poursuivis pour tous les crimes qu’ils commettent dans le monde.

LA CHARTE DE L’IMPÉRIALISME

La présente « charte » a été élaborée à Washington pendant la « traite négrière », ensuite discrètement négociée à la « conférence de Berlin en 1885 » pendant que les puissances Occidentales se partageaient l’Afrique ; renégocié secrètement à Yalta au moment du partage du monde en deux blocs après la deuxième guerre mondiale et pendant la création de la « Société des Nations », l’ancêtre de l’« ONU ». Source : « Musée de Tervuren [*] » et envoyé par : Jean-Jacques Ngangweshe.

I. DISPOSITION GÉNÉRALE

Article 1° :

De la Devise : – Devise de l’impérialisme : Gouverner le monde et contrôler les richesses de la planète ; Notre politique est de diviser pour mieux régner, dominer, exploiter et piller pour remplir nos banques et faire d’elles les plus puissantes du monde.

Article 2° :

Aucun pays du tiers-monde ne constitue un Etat souverain et indépendant.

Article 3° :

Tout pouvoir dans les pays du tiers-monde émane de nous, qui l’exerçons par la pression sur les dirigeants qui ne sont que nos marionnettes. Aucun organe du tiers-monde ne peut s’en attribuer l’exercice.

Article 4° :

Tous les pays du tiers-monde sont divisibles et leurs frontières déplaçables selon notre volonté. Le respect de l’intégrité territoriale n’existe pas pour le tiers-monde.

Article 5° :

Tous les dictateurs doivent mettre leurs fortunes dans nos banques pour la sécurité de nos intérêts. Cette fortune servira des dons et crédits accordés par nous comme assistance et aide au développement aux pays du tiers-monde.

II. DU RÉGIME POLITIQUE

Article 6
Tout pouvoir et gouvernement établi par nous est légal, légitime et démocratique. Mais tout autre pouvoir ou gouvernement qui n’émane pas de nous est illégal, illégitime et dictatorial, quelle que soit sa forme et sa légitimité.

Article 7
Tout pouvoir qui oppose la moindre résistance à nos injonctions perd par le fait même sa légalité, sa légitimité et sa crédibilité. Il doit disparaître.

III. DES TRAITES ET DES ACCORDS

Article 8
On ne négocie pas les accords et les contrats avec les pays du tiers-monde, on leur impose ce qu’on veut et ils subissent notre volonté.

Article 9
Tout accord conclu avec un autre pays ou une négociation sans notre aval est nulle et de nul effet.

IV. DES DROITS FONDAMENTAUX

Article 10
Là où il y a nos intérêts, les pays du tiers-monde n’ont pas de droit, dans les pays du sud, nos intérêts passent avant la loi et le droit international.

Article 11
La liberté d’expression, la liberté d’associations et les droit de l’homme n’ont de sens que dans le pays où les dirigeants s’opposent à notre volonté.

Article 12
Les peuples du tiers-monde n’ont pas d’opinion ni de droit, ils subissent notre loi et notre droit.

Article 13
Les pays du tiers-monde n’ont ni culture ni civilisation sans se référer à la civilisation Occidentale.

Article 14
On ne parle pas de génocide, de massacre ni des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité dans les pays où nos intérêt sont garantis. Même si le nombre des victimes est très important.

V. DES FINANCES PUBLIQUES

Article 15
Dans les pays du tiers-monde, nul n’a le droit de mettre dans leurs banques un plafond d’argent fixé par nous. Lorsque la fortune dépasse le plafond, on la dépose dans l’une de nos banques pour que les bénéfices retournent sous forme de prêts ou d’aide économique au développement en espèce ou en nature.

Article 16
N’auront droit à l’aide précitée, les pays dont les dirigeants font preuve d’une soumission totale à nous, nos marionnettes et nos valets.

Article 17:
Notre aide doit-être accompagnée des recommandations fortes de nature à empêcher et briser toute action de développement des pays du tiers-monde.

VI. DES TRAITES MILITAIRES

Article 18
Nos armées doivent être toujours plus fortes et plus puissantes que les armées des pays du tiers-monde. La limitation et l’interdiction d’arme des destructions massive ne nous concerne pas, mais les autres.

Article 19
Nos armées doivent s’entraider et s’unir dans la guerre contre l’armée d’un pays faible pour afficher notre suprématie et se faire craindre par les pays du tiers-monde.

Article 20

Toute intervention militaire a pour objectif de protéger nos intérêts et ceux de nos valets.

Article 21
Toute opération d’évacuation des ressortissants des pays Occidentaux cache notre mission réelle, celle de protéger nos intérêts et ceux de nos valets.

VII. ACCORDS INTERNATIONAUX

Article 22
L’ONU est notre instrument, nous devons l’utiliser contre nos ennemis et les pays du tiers-monde pour protéger nos intérêts.

Article 23
Notre objectif est de déstabiliser et détruire les régimes qui nous sont hostiles et installer nos marionnettes sous la protection de nos militaires sous la couverture des mandats des forces de l’ONU.

Article 24
Les résolutions de l’ ONU sont des textes qui nous donnent le droit et les moyens de frapper, de tuer et de détruire les pays dont les dirigeants et les peuples qui refusent de se soumettre à nos injonctions sous la couverture des résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU.

Article 25
Notre devoir est de maintenir l’Afrique et d’autres pays du monde dans le sous-développement, la miser, la division, les guerres, le chaos pour bien les dominer, les exploiter et les piller a travers les Missions de Nations-Unies.

Article 26
Notre règle d’or est la liquidation physique des leaders et dirigeants nationalistes du tiers-monde.

Article 27
Les lois, les résolutions, les cours et tribunaux des Nations-Unies sont nos instruments de pression contre les dirigeants et les leaders des pays qui défendent les intérêts de leurs peuples.

Article 28
Les dirigeants des puissances Occidentales ne peuvent être poursuivis, arrêter ni incarcérer par les cours et tribunaux de l’ONU, même s’ils commettent des crimes de guerre, de génocide ou des crimes contre l’humanité. »

Les hommes d’affaires dits progressistes en Haïti doivent se décider à mettre la main à la pâte de l’inégalité, de l’injustice, de l’impunité, de la corruption pour renverser la vapeur et permettre à cette majorité qui vit de toujours dans la crasse de construire un lendemain meilleur. Il ne suffit pas de dire qu’on soit révolutionnaire, mais il faut épouser toute une philosophie et agir comme de véritables bâtisseurs du lendemain pour paraphraser le professeur Ludovic Comeau. Des gens peuvent dire que la charte de l’impérialisme entre dans le cadre de théorie du complot ; mais, un fait est certain, tout ce qui est dit dans ses 28 articles est observable et est bel et bien réel. Nous commençons à lire sous la plume de certains écrivains haïtiens la connexion directe entre misère, pauvreté et sous-développement en Haïti et l’Occupation Américaine qui est une réalité en Haïti depuis 104 ans. Répéter un mensonge chaque jour ne pourra pas le changer en vérité. Les manifestations de rue, les « barikad » à eux seuls ne pourront pas changer l’état des choses en Haïti. Les individus et les instances mondiales qui gèrent le système global de prédation sont des faiseurs de géants en papier et de « héros » sans état d’âme. Nous n’avons nullement besoin d’aller trop loin ; regardons les Etats-Unis d’Amérique. En trois ans, l’Establishment américain a assassiné les deux plus influents leaders noirs du mouvement des droits humains. Durant le 20ème siècle et le début du 21ème siècle, Fidel Castro est le seul leader à avoir conduit une révolution dans un pays du Tiers-Monde contre ce système global de prédation et d’indifférence. Ce que Fidel Castro a réalisé à Cuba est inédit et est presqu’impossible à être reproduit. Cuba n’est pas un paradis, mais c’est un pays vivable.

La difficile entente entre les élites haïtiennes peut s’expliquer par la charte de l’impérialisme. Jusqu’à date, aucun chercheur haïtien, aucun économiste, aucun groupe de réflexion n’a pu produire des réflexions pertinentes sur l’impact de l’Occupation Américaine qui continue jusqu’à ce jour sur Haïti. Tout le monde a peur. J’ai des amis qui comprennent bien ce qui se passe, mais ils te disent qu’il n’y a aucun espoir évoquant des histoires qui n’ont rien à voir avec la réalité. Si ceux qui sont placés pour produire des réflexions pertinentes pouvant permettre d’arriver à la construction de l’Etat-Nation Hayti sont démissionnaires, que peut-on attendre du peuple ou encore de la masse ? Les Haïtiens sont superstitieux non pas par choix, mais leurs élites les portent à embrasser la croyance dans le surnaturel.

Comment arriver à une entente entre les élites haïtiennes quand ceux qui les constituent sont des agents des tenants du système global prédateur ? Nous admettons que Toussaint Louverture, Jean Jacques Dessalines et Henry Christophe ont échoué puisqu’ils n’ont pas pu ériger l’Etat-Nation ; mais, à vouloir les rendre responsables de nos malheurs aujourd’hui, révèle non seulement de l’ingratitude, mais aussi de l’inconscience. L’intelligentsia haïtienne qui doit être constituée devra se donner pour tâche, non seulement de parler de développement endogène durable, mais d’établir « des principes sûrs, des règles longuement mûries et ponctuellement exécutées qui puissent assurer le succès de l’entreprise de la construction de l’Etat-Nation Hayti. Autrement, c’est l’éparpillement des forces, l’anarchie et la lassitude. » Les jeunes en Haïti doivent cesser de se faire des illusions. Ce n’est pas en scandant « abas la corruption, vivre la liberté » qu’Haïti se transformera. Certains lunatiques se voient déjà comme nobles dans un potentiel royaume sans avoir une vision claire et précise.

Aujourd’hui, mon téléphone sonne peu parce que j’interdis à quiconque de me parler de crise conjoncturelle en Haïti s’il ne peut pas offrir des pistes de solutions. Des leaders religieux répètent à qui veut l’entendre que l’homme fait le grand voyage dans le dénuement total, ce qui est faux. Quand on meurt, on part avec son âme qui est le siège de toutes les expériences et de toutes les connaissances acquises durant son existence. Quand Jésus a dit : « Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux ! », il ne faisait pas l’apologie de l’inculture et de l’imbécilité ; il voulait tout simplement dire que l’on devrait reconnaitre sa pauvreté spirituelle et non pas d’être un « imbécile heureux », « Jésus professait que Dieu était source de vie, et que les hommes, ayant rompu avec lui, étaient spirituellement morts. Ainsi, ceux qui on l’humilité de reconnaître leur limitation spirituelle pourront renouer avec Dieu et bénéficier de son esprit de vie. » Nous devons renforcer nos connaissances sur la métaphysique qui sont essentielles. Aujourd’hui, personne ne peut tromper les bien-pensants et induire en erreur ceux qui savent d’où ils viennent et où ils vont.

Le professeur Claude Souffrant, prêtre de son état répétait souvent que l’une des plus grandes qualités d’un être humain est de pouvoir s’autoévaluer en affirmant que l’introspection est l’application réfléchie de la conscience à elle-même. Le dialogue est important et nécessaire, mais il ne s’agit pas de partager le pouvoir politique et faire un certain partage du gâteau en permettant à certains individus d’avoir le monopole de certains secteurs de l’économie nationale qui est une chimère. Ceux qui se considèrent comme des éléments des élites haïtiennes sont des « grantimoun » ; ils savent comment doit être un pays viable et ils ont de quoi pour construire un pays viable en donnant le ton.

Malheureusement, ils n’ont pas cette « conscience de Dieu qui est l’équivalent de l’intégration du moi à l’univers sur ses niveaux les plus élevés de réalité spirituelle. » La difficile entente entre les élites haïtiennes est une réalité que les jeunes doivent chercher à appréhender en rapport avec la charte de l’impérialisme.

Kerlens Tilus 12/15/2019

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