Yves Léonard aurait fait démolir les maisons dans le voisinage de la résidence de Jovenel Moise pour, selon Haïti-Observateur, « construire une rampe de lancement pour hélicoptère ». Des incidents diplomatiques à craindre, a préconisé le journal de la diaspora, dans son édition parue le mercredi 17 octobre 2018. Jovenel Moise n’habiterait pas la maison de Yves Léonard, un fugitif qu’on dit être « recherché » par la police


Port-au-Prince, mercredi 17 octobre 2018 ((rezonodwes.com))–Il y a déjà plus de deux semaines, des rumeurs persistantes faisaient état du déménagement du couple présidentiel de leur résidence à Pèlerin 5, sur la Route de La Boule, à Juvenat, a rapporté dans sa dernière édition hebdomadaire Haïti-Observateur, avec de nouveaux éléments confirmant ce déménagement.

Selon le journal Haïti-Observateur, « tout récemment, des précisions ont indiqué et fait croire que Jovenel et Martine Moïse, ainsi que leur fa mille, ont pris logement dans un appartement se trouvant dans la maison de Shérif Abdala« . Celui-ci est un des bailleurs de fonds de Nèg Bannann nan et proche de ce dernier, a précisé l’hebdomadaire de New York, ajoutant que M. Abdallah est un Consul honoraire général d’Italie en Haïti.

Bien qu’aucun communiqué ou communication émanant de la présidence n’ait annoncé le déménagement officiel de la famille présidentielle de Pèlerin 5, où se trouve la résidence privée de celle-ci, il semble qu’à l’approche de la date fatidique du 17 octobre, Jovenel Moïse ait pris la décision de quitter ces lieux.


Car après avoir, pour raisons de sécurité, dit-on, fait démolir des maisons ayant appartenu à des voisins, qui a suscité la colère de quasiment tous les habitants du quartier, voire même de tout le pays, y compris les compatriotes basés à l’étranger, la résidence de Pèlerin 5 n’offrirait plus aucune garantie de sécurité à M. Moïse et sa famille.

La manière dont on décrit les événements annoncés pour le 17 octobre fait croire que le chef de l’État a jugé plus prudent de déménager de cette zone dangereuse, sachant que les décisions qu’il avait prises relative à la démolition des maisons de ses voisins, afin de faire construire une hélisurface privée, sont capables de revenir le hanter.

Des sources proches de la présidence ont fait savoir que le couple Moïse aurait pris logement dans une maison se trouvant dans le complexe résidentiel de Shérif Abdallah.

En tant que chef d’une mission consulaire étrangère, le rôle de Shérif Abdallah dans l’élaboration de la politique de Jovenel Moïse pourrait bien attirer l’attention de militants cherchant à identifier les alliés du pouvoir. Aussi l’hébergement du chef de l’État dans un site consulaire étranger quelconque placé sous la protection d’une bannière étrangère risque-t-il de provoquer des remous, tout au moins. Cela invite à évoquer la question de l’inviolabilité des locaux consulaires en général.


De l’inviolabilité des locaux consulaires

Si le président et sa famille ont effectivement déménagé au complexe résidentiel du consul honoraire d’Italie, en la personne de Shérif Abdallah, ce geste pourrait soulever une série de points litigieux au regard de la Convention de Viennes. Pour mieux comprendre cette situation, il faut lire ce que dit ce document, a commenté Haïti-Observateur.

1. Les locaux consulaires sont inviolables dans la mesure prévue par le présent article. 

2. Les autorités de l’État de résidence ne peuvent pénétrer dans la partie des locaux consulaires que le poste consulaire utilise exclusivement pour les besoins de son travail, sauf avec le consentement du chef de poste consulaire, de la personne désignée par lui ou du chef de la mission diplomatique de l’État d’envoi. Toutefois, le consentement du chef de poste consulaire peut être présumé acquis en cas d’incendie ou autre sinistre exigeant des mesures de protection immédiates. 

3. Sous réserve des dispositions du présent article, l’État de résidence a l’obligation spéciale de prendre toutes mesures appropriées pour empêcher que les locaux consulaires ne soient envahis ou endommagés et pour empêcher que la paix du poste consulaire ne soit troublée ou sa dignité amoindrie.

On ignore, écrit le rédacteur en chef de Haïti-Observateur, si en prenant la décision de se faire héberger chez Abdallah le président haïtien et ses proches collaborateurs ont pris en compte le fait que ces derniers se retrouvent, en fait, sous la protection d’une puissance étrangère. Il est fort possible que cette éventualité n’ait été évoquée au moment de prendre cette décision. Cela n’empêche, pour autant, que le consul général honoraire d’Italie prenne des dispositions pour défendre sa résidence au cas où les conditions sur le terrain, le 17 octobre, le rendrait nécessaire.