Manque de mémoire des Haïtiens, sommes-nous condamnés à revivre notre passé ?
par Raphel Bélizaire
Mercredi 3 juin 2020 ((rezonodwes.com))– Aujourd’hui, il est incontestable que l’étude de l’Histoire, branche importante des sciences humaines et sociales qui se porte sur l’étude et la sauvegarde du passé des hommes et des civilisations, prend une place de choix, dans l’orientation des sociétés.
Dans son œuvre «l’Enquête », Hérodote, précise que le temps ne doit pas abolir le souvenir des actions des hommes et que les grands exploits ne tombent pas dans l’oubli. L’histoire est donc un facteur essentiel pour une bonne compréhension du présent, ce qui permettra de prendre du recul par rapport aux événements qui surviennent par la suite.
Cette fonction, héritage de l’antiquité, participe encore à la manière de présenter, de comprendre et d’expliquer les événements.
Il se révèle, au fil du temps, que le plus important n’est pas l’histoire elle-même mais le sens que nous en donnons, le sens qu’elle prend à travers le temps, l’interprétation que nous en faisons et l’importance que nous lui donnons.
Ce qui nous porte à nous interroger: Par qui l’histoire est-elle élaborée ? Dans quel but ? Comment se construisent les mythes ? Pourquoi apprendre aux gens à découvrir le monde au fil des événements qui le structurent ? Les sociétés humaines ne sont-elles pas toujours en évolution ? Les historiens ne répondent-ils pas à une fonction éducatrice d’éclaireurs ?
Il n’est donc pas donné à n’importe qui la tâche d’écrire l’histoire. S’impose à l’historien, l’obligation de dire la vérité, cette vérité qui n’a jamais plu aux tyrans. François René de Chateaubriand, en son temps, exprimait la redoutable fonction dont l’histoire a joui au fil des siècles. « Lorsque tout tremble devant le tyran, l’historien parait, chargé de la vengeance des peuples. »
A chaque époque, chaque peuple se trouvant dans des conditions particulières, réagit en fonction de cette situation unique. Les grands caractères que l’on retient en histoire sont précisément ceux qui à chaque fois, ont trouvé la solution appropriée dans la circonstance déterminée. La vérité est que nul cas ne ressemble exactement à un autre.
En tenant compte de la linéarité de celle-ci, l’histoire ne se répète pas, mais les phénomènes sociaux, les déviations sociétales des peuples ne cessent de se répéter. En Haïti par exemple, c’est avec consternation que l’on remarque la fréquence croissante et anormale de cette répétition.
N’ayant pas la prétention d’être exhaustif, nous tenons à montrer l’importance que nous devrions accorder aujourd’hui à la problématique du défaut de mémoire de ce peuple, ce qui exigera autant de subjectivité que d’objectivité.
Raphel BELIZAIRE
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