Lundi 5 octobre 2020 ((rezonodwes.com))– Lors d’une séance organisée sous forme de visioconférence, les membres du Conseil ont salué les efforts du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) et des 19 Fonds et Programmes des Nations Unies présents dans le pays, qui opèrent dans un environnement difficile marqué par une crise constitutionnelle, politique, économique et de gouvernance, avec une résurgence de la violence en toile de fond.
Le BINUH avait remplacé, il y a un an, les troupes de maintien de la paix d’Haïti (MINUSTAH et MINUJUSTH).
Les membres du Conseil se sont impatientés face à la lenteur du processus politique depuis que le Président Jovenel Moïse a commencé à gouverner Haïti par décret exécutif le 13 janvier 2020, date à laquelle le mandat du Parlement avait expiré.
La délégation des États-Unis a ainsi fait savoir que, pas plus tard que samedi dernier, elle avait, lors d’un entretien téléphonique, exhorté le Président d’Haïti ainsi que son gouvernement à organiser des élections législatives dès que cela serait techniquement possible, afin de rétablir le Parlement haïtien, « pour sortir de la période actuelle de gouvernement par décret ».
La Belgique et l’Allemagne ont-elles aussi regretté qu’en l’absence de Parlement, il n’ait toujours pas été possible d’arrêter un cadre et un calendrier électoral, première étape pour l’organisation d’élections libres, transparentes et crédibles. Or, comme l’a dit la Belgique, il est urgent pour la légitimité du système politique d’arriver à u n calendrier réaliste pour l’organisation de ces élections.
Pour dépasser les désaccords persistants, certains membres du Conseil, dont le Groupe des A3+1 (Afrique du Sud, Niger, Tunisie et Saint-Vincent-et-les Grenadines) ont souhaité la convocation par les différents acteurs haïtiens d’un dialogue national et la formation rapide d’un gouvernement pour sortir de l’impasse politique.
Pour plusieurs membres du Conseil, le caractère multidimensionnel de la crise haïtienne, qui rend plus difficile sa résolution, rend essentiel le rôle du BINUH, qui accompagne sans relâche les autorités depuis un an. Ces pays ont donc plaidé pour la prorogation du mandat du BINUH, sur laquelle le Conseil doit se prononcer le 15 octobre. Ils ont aussi demandé que le Bureau intégré dispose des moyens nécessaires à la pleine mise en œuvre son mandat, à l’image du Ministre des affaires étrangères de la République dominicaine.