La crise de l’eau dans certaines régions d’Haïti revient à la charge lors de la célébration, le vendredi 22 mars de la Journée mondiale de l’Eau. La déforestation, les constructions anarchiques, les aléas climatiques entendent saper tout effort à rendre accessible les ressources hydriques. Et les initiatives envisagées par l’État sont loin de modifier les paramètres, concèdent des institutions concernées

Port-au-Prince, samedi 23 mars 2019 ((rezonodwes.com))–Le diagnostic dressé sur la problématique de la ressource en eau interpelle sur la nécessité de changer de comportement vis-à-vis de l’écosystème. Les indicateurs de sécheresse aiguë, de dérèglements climatiques, d’érosion corollaires de pratiques à risques sur l’environnement alarment sur le danger guettant le quotidien de l’homme haïtien et sur le besoin de se responsabiliser face aux défis, analyse le directeur général de la Direction nationale de l’Eau potable et de l’Assainissement.

’Quand on évoque la disponibilité de l’eau, découlent un ensemble de facteurs dont l’accès à la santé, à la sécurité, accès à la nourriture. Jusqu’à date on ne dispose que de 120 mille m3 d’eau par jour  dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, alors que la moyenne quotidienne requise est de 330 mille m3’’, déplore Guitho Édouard.

Ouvrages interminables, attentes relevées

La configuration de la zone métropolitaine de Port-au-Prince présente le grand défi d’approvisionnement en eau potable, reconnaît le responsable de la Direction en eau au Ministère de l’Environnement. ‘’La bidonvilisation accélérée, la surpopulation des villes, l’occupation illégale des espaces réservés, le traitement déchets solides mettent à la mal l’exploitation de l’eau. Pour cause, les bassins versants, les nappes phréatiques se dégradent,’’ avoue Astrel Joseph.

Adresser la crise de l’eau en Haïti est envisageable de l’avis du général de la DINEPA. Le Plan hydraulique et d’assainissement national qui jaunit dans les tiroirs prétend s’attaquer au problème et creuser des pistes de solution. A défaut de cette politique, les apports de bailleurs internationaux s’annoncent payants.  

‘’La contribution de 125 millions de dollars de la Banque Inter-américaine de Développement pour la réfection du système d’adduction du Cap-Haïtien s’inscrit dans le cadre des initiatives destinées à résorber la crise, informe Guitho Édouard.

Les forages
en cours à  Pernier et les
infrastructures de captage et de traitement installées à la Croix des Bouquets augurent
des perspectives encourageantes pour l’accessibilité en eau, entrevoit le
numéro de la DINEPA. ‘’À Pernier 2
forages équipés s’apprêtent à s’interconnecter avec 6 autres forages en chantier
à Nouailles pour former un système d’adduction destiné à alimenter une bonne
partie de Port-au-Prince à hauteur de 178 mille m3 au quotidien. Des
réservoirs seront également construits à Vivy Mitchel dans l’optique pour renforcer
la production’’
, a garanti Guitho Édouard.

En
raison du contexte sociopolitique bouleversant, les ouvrages trainent, ont affirmé
les techniciens. La remise en service des infrastructures est programmée durant
l’été prochain. Dans la foulée, dans les robinets l’eau coule au compte-goutte au
même titre que l’évolution des chantiers.

Hervé Noël
vevenoel@gmail.om