Mardi 31 mars 2020 ((rezonodwes.com))– Depuis le 31 décembre 2019, en Chine, tout particulièrement dans la Ville de Wuhan, a débuté une épidémie communément appelée CORONAVIRUS dont le nom scientifique est COVID-19. En moins de trois (3) mois, elle s’est transformée rapidement en pandémie avec un impact planétaire : des centaines de millier de cas confirmés et de décès à travers environ 177 Etats et nations sur les cinq continents.  

En Haïti, le jeudi 19 mars 2020, le président Jovenel MOISE, dans  une adresse à la Nation, a annoncé tristement la découverte de deux (2) cas confirmés de COVID-19 sur le territoire national.

Depuis lors, des hommes et femmes politiques haïtiens se sont mobilisés notamment dans une perspective de visibilité en distribuant et plaçant des sceaux (bokit ki gen robinè), avec leur effigie, dans des zones populaires et populeuses en vue de la facilitation du lavage des mains. Bon nombre d’acteurs sociaux ont dit qu’ils sont en train d’exploiter politiquement cette situation de catastrophe humanitaire qui est à notre porte.

L’une de ces initiatives, en date, est celle de la Première de la Dame d’Haïti, Martine MOISE, qui a fait confectionner des sceaux (référence photos postée sur Facebook) avec ce slogan : « Bureau de la Première Dame de la République de la République d’Haïti ». A ce niveau, la question que l’on doit se poser, a-t-elle usé ses propres fonds ou les moyens de l’Etat pour cette campagne de propagande ?

Dans ces agissements, les quatre principes humanitaires proviennent des Principes fondamentaux du Mouvement international de la Croix -Rouge et du Croissant – Rouge sont sur le point d’être souillés par ces acteurs sociaux.   

Voici donc, ces principes qui devraient être préconisés et respectés dans une action humanitaire :

  1. Humanité :  La souffrance humaine doit être soulagée partout où on la rencontre. L’objectif de l’action humanitaire est de protéger les vies et la santé ainsi que de garantir le respect des êtres humains ;
  2. Impartialité :  l’action humanitaire doit être menée sur la seule base des besoins, en donnant la priorité aux cas de détresse les plus urgents sans distinction de nationalité, de race, de genre, de croyances religieuses, de classe ou d’opinion ;
  3. Indépendance : l’action humanitaire doit être autonome des objectifs politiques, économiques, militaires ou autres que tout acteur peut adopter dans les zones où une action humanitaire est en cours ;
  4. Neutralité : les acteurs humanitaires ne doivent pas prendre parti lors d’hostilités où s’engager dans des controverses de nature politique, raciale, religieuse ou idéologiques.

En vertu des principes ci-dessus mentionnés, le début  de la crise humanitaire relative au COVID-19 en Haïti est mal parti. Il faut penser l’être humain dans le respect et dans le moindre détail de ses droits inaliénables.

Chers Citoyens, chères citoyennes, les organisations de la société civile et notamment les acteurs économiques et politiques, ne profitez pas des effets négatifs du COVID-19 sur la population pour refaire votre image!

Chavannes CHARLES
Anthropo-Sociologue
Ex-Président du Conseil d’Administration du GARR
chavannes @yahoo.fr