Lundi 3 mai 2019 ((rezonodwes.com))– La Conférence des Pasteurs Haïtiens (COPAH) salue la publication du rapport d’audit complet de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA) sur la gestion du fonds Petro Caribe.
Ce rapport qui confirme et valide ce que disaient les précédents rapports des commissions sénatoriales (Youri/Beauplan), met en lumière l’étendu d’une vaste opération d’escroquerie d’État jamais réalisée en Haïti.
Des contrats octroyés en dehors des normes de passation de marché, des compagnies fictives qui encaissent l’argent public pour des contrats non exécutés, des projets sociaux bidons, des projets d’infrastructures non exécutés et surfacturés, bref, ce sont entre autres, autant d’actes de corruption punis par la loi que révèle le rapport de la Cour des Comptes.
Le rapport met aussi en évidence l’existence d’une véritable structure criminelle qui s’est accaparée de l’appareil d’État à des fins d’enrichissement illicite, au détriment des intérêts du peuple haïtien qui n’a rien bénéficié des 4.2 milliards de dollars américains du fonds Petro Caribe qu’il doit rembourser.
La COPAH souhaite que toutes les mesures soient prises en vue de traduire en justice tous ceux et toutes celles qui sont impliqués directement ou indirectement dans la dilapidation du fonds Petro Caribe.
Elle encourage également ceux qui occupent encore des fonctions publiques dont le président Jovenel Moïse, directement indexé dans le rapport de la Cour des Comptes à démissionner rapidement pour se mettre à la disposition de la justice. En plus d’être passible de crime de hautes trahisons pour l’affaire des sept mercenaires, quelqu’un qui est indexé dans une grosse affaire de corruption comme celle de Petro Caribe, ne peut pas prétendre diriger un peuple dont il s’est abusé cruellement.
Mr. Moïse n’a plus de crédibilité ni d’autorité morale pour être à la tête de l’Etat dont il se sert pour faire obstruction à la justice dans le cadre du traitement de l’épineux dossier de gaspillage du fonds Petro Caribe. Il n’inspire pas confiance et s’est révélé incapable de diriger la nation. C’est pourquoi, il doit absolument démissionner sans délai et sans que personne ait nécessairement besoin de le forcer.
La démission de Jovenel Moïse de ses fonctions est l’une des principales garanties pour la tenue d’un procès équitable dans le cadre de l’affaire Petro Caribe et pour éviter au pays des bouleversements sociaux et politiques. Comme il l’avait suggéré lui-même le 18 Octobre 2018 dans un tweet, appelant tous les grands commis de l’État ayant eu une part active dans la gestion du fonds Petro Caribe à se mettre à la disposition de la justice, Jovenel Moïse doit
prêcher par l’exemple en se rendant volontairement à la justice pour les suites de droit. C’est le plus grand service qu’il puisse rendre au pays en ces moments particulièrement difficiles pour l’ensemble de la population.
Enfin, il est vrai que les perspectives paraissent dans un tableau très sombre pour l’avenir de la nation suite à ce rapport final de la CSCCA montrant le niveau élevé de la corruption à la plus haute sphère de l’état. La barque nationale est sur le point de s’écrouler avec la mainmise de l’actuel pouvoir exécutif dirigée par Mr Jovenel Moïse sur les 2 autres branches du pouvoir (le législatif et le judiciaire) dans l’exercice de la souveraineté de l’état. La COPAH demande à la nation de veiller et de prier afin d’implorer la grâce, la miséricorde et la bénédiction du Très Haut sur Haïti.
A) Veiller en appelant à la mobilisation et à la convergence des forces progressistes et démocratiques du pays afin de maintenir la pression jusqu’à ce que le dossier Petro Caribe aboutisse à un procès de tous les dilapidateurs des fonds publics sans aucune distinction. Les Institutions du pays ne peuvent pas s’affaiblir au profit d’une équipe accusée en long et en large de corruption. C’est répugnant d’entendre comment les défenseurs de la corruption essayent de minimiser, de banaliser un travail d’expertise réalisé par les auditeurs de la Cour des Comptes et du Contentieux Administratif.
B) Prier en invitant les Chrétiens de différentes dénominations, les organisations religieuses et pastorales, les ligues régionales et départementales à implorer la présence de Dieu pour libérer Haïti des malheurs d’une grave crise politique sans précédent. La prière de la foi et l’action civique et citoyenne représentent l’expression d’un plus grand sens de solidarité et de compréhension mutuelle pour les haïtiens afin que le pays redevienne un coin vivable pour tous.
Il faut s’engager à fond et totalement pour le renouveau d’Haïti, nous sommes tout d’abord et avant tout citoyens de la nation. Chrétiens authentiques Haïtiens, l’heure est venue pour faire monter à Dieu nos cris pour libérer le pays de tous les ACAN synonyme de corruption. S’engager à prier pour la liberté du pays ne nous empêche pas à être Chrétiens.
La justice élève une nation, mais le péché, la corruption, l’injustice c’est la honte du peuple, (Proverbe 14 : 34). Que Dieu veille sur Haïti et la préserve de tout malheur!
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Rév Abraham Loreston Rév Dorvila Normil
Coordonnateur Secrétaire Exécutif Adjoint.