Intervention de Mme Euvonie Georges Auguste, Grand serviteur de la Confédération Nationale des Vaudouisants Haïtiens (KNVA), le dimanche 12 avril 2020 au Centre d’Information Permanentes sur le Coronavirus (CIPC)
Ce dimanche 12 avril, dimanche de Pâques, le Bureau du Secrétaire d’état à la Communication a organisé sa deuxième rencontre dans le cadre des week-ends du CIPC ou « CIPC week-end ». Cette initiative consiste à poursuivre la permanence en matière de communication au profit du grand public dans ce contexte de crise sanitaire.
Le Centre d’Informations Permanentes sur le Coronavirus (CIPC), sis au numéro 23, Ave Lamartinière (Bois Verna), a reçu la Mambo Euvonie Georges Auguste, Grand serviteur de la Confédération Nationale des Vaudouisants Haïtiens (KNVA), autour de la Sensibilisation des croyances religieuses diverses sur le coronavirus. Elle a commencé en observant une minute de silence à la mémoire de tous les disparus à cause de la pandémie du coronavirus.
Madame Auguste a affirmé que « nous, en Hait, nous n’allons pas laisser le COVID-19 nous tuer ou bien nous manger ».
Pour les incrédules et les personnes résignées, Madame Auguste indique que ce n’est pas une bonne attitude à adopter car en Haïti, on est un peuple de lutteurs et on ne doit pas baisser les bras devant cette pandémie.
Selon Madame Auguste, le coronavirus a mis à nu tous les systèmes et toutes les conventions de notre monde. Il nous a démontré que nous sommes réellement tous égaux : «Tout moun se moun » a lancée Madame Auguste. Pour elle, plus que jamais, il faut pratiquer la solidarité pour faire échec à la pandémie. Elle a profité pour féliciter les artistes, les membres de la société civile, ceux de communauté religieuse et tous ceux-là qui, d’une manière ou d’une autre, participent à la campagne de prévention contre le COVID-19. Elle a lancé un appel en faveur de l’unité et pour répondre aux exigences du coronavirus.
Euvonie Auguste constate que la stigmatisation a fait son apparition dans notre communauté et maintenant « tout le monde a peur de tousser sous peine de se faire tuer à cause de cette stigmatisation » dit-elle.
« Cela ne fait pas partie de notre culture qui veut au contraire qu’on pratique l’entraide, une culture de vivre-ensemble, une culture de relations de proximité ou de bon voisinage, et non pas une culture qui provoque le désir de tuer les personnes malades ». Selon Mme Auguste, actuellement, les individus atteints du COVID-19 ont peur de se rendre à l’hôpital pour se faire soigner, ils ont honte d’y aller sous peine de se faire stigmatiser par la population.
Mme Auguste dit ne pas comprendre pas comment aujourd’hui, certaines bandes de rara soient sorties malgré l’interdiction des autorités en place. Elle a également condamné l’attitude de quelques membres de certains groupes religieux qui, dit-elle, se rassemblent en secret la nuit.
Madame Auguste a recommandé la pratique des règles d’hygiène. Elle a évoqué la zone T (les yeux, le nez et la bouche), dont il ne faut jamais toucher elle a rappelé l’importance d’observer le lavage des mains de manière régulière, avec précaution et avec du savon pendant au moins 20 secondes. Selon Madame Auguste, la distanciation est désormais de 4 mètres, donc il faut l’appliquer pour éviter que les postillons qui sortent de la bouche d’une personne en conversation n’aillent contaminer l’interlocuteur. Enfin, elle a demandé aux Haïtiens de prêcher par l’exemple.
A noter que le Pasteur Andrikson Descollines, Doyen académique du STEP Bolosse Séminaire théologique évangélique de Port-au-Prince (STEP), interviendra au CIPC, de préférence jeudi prochain.
NNN