Diéry Marcelin ou comment ériger une œuvre ! Éloges mérités au jeune rédacteur du roman « Je ne bande plus »

Jamais
impuissance sexuelle n’a fait autant de bruit dans la ville. On a
l’habitude des abus d’aphrodisiaques, de pilule bleu ou de potions
pour endurance en première page des journaux. Cependant, la voix
d’un jeune claironnant sur tous les toits « Je ne bande plus  »
avait étonné plus d’un.

Samedi 4 janvier 2020 ((rezonodwes.com))– Campagne publicitaire, annonce littéraire d’un genre nouveau, Diéry Marcelin a misé gros sur le titre de son ouvrage pour essayer d’en faire une œuvre à lui seul, comme un peintre fait d’un tableau, un photographe d’une prise de vue ou un poète d’un enchevêtrement de mots. Pari réussi, car une œuvre ne naît pas pour faire plaisir à tous. C’est l’émanation de l’inspiration d’un créateur qui peut être aimée, détestée, vilipendée, questionnée, vendue ou oubliée dans les placards. Le créateur parfois n’en a cure.

Le
titre du roman de Diéry Marcelin valait déjà le coup des remous et
a mis à nu la sensibilité des prudes, vrai ou faux, la frénésie
des pervers masculins ou féminins, le sens de l’humour des
renfrognés ou la réciproque et la face cachée du sens propre ou
figuré. L’auteur s’en est sorti avec quelques plumes de perdu, une
censure sur les réseaux sociaux, même des conseils et tentatives
directes de le faire retrouver sa virilité évaporée. Il a
l’habitude des provocations et confrontations. Du bas de ses 25 ans,
il s’est déjà débattu contre des politiciens à cause de ses
convictions, face à des adversaires sportifs pour les turpitudes du
club de football qu’il co-dirigeait et comme journaliste pour ses
articles qui respectaient une certaine déontologie. Du coup, il a
été décrocher son diplôme en droit.

C’est
en effet un Diéry Marcelin fatigué mais souriant et déterminé qui
nous tendit son ouvrage ce dimanche 29 décembre 2019. Ah l’ouvrage,
puisque c’est d’un livre qu’il s’agit, se dresse comme un roman à
l’eau de rose qui fera les délices des jeunes en pleine éclosion
sentimentale. Pure propulsion d’adrénaline juvénile, de frottements
de phalanges et d’hormones sous les regards inquisiteurs des parents,
les interdits religieux, dans le décor apocalyptique de l’après
séisme. Les tentes, les écoles délabrées, les couches de fortunes
font symétrie à la technologie des portables en pleine évolution,
seul canal de communication pour rapprocher les jeunes en quête
d’aventure.

Odeur
de poésie par-ci  » La voix des gouttes de pluie sur le toit de
la tente en tôle me parlait  » vérité crue par-là  » On
ne devrait pas aimer derrière l’écran. On éviterait comme ça les
surprises des rencontres physiques décevantes. Parfois même les
photos mentent. Elles ne sont pas dans certains cas de la personne.
Ou il y a un surdosage de maquillage, pour les filles notamment. Des
caméras, logiciels ou applications filtrent les images. Ce n ‘est
pas beau de mentir sur sa beauté (laideur). » et en filigrane le
tableau socio -politique « C’est le propre des pays dits amis d
‘Haïti, promettre une montagne et accoucher d’une petite souris « .

Un
roman qui se lit d’un trait, maintenant un crescendo qui laisse
espérer au lecteur une fin heureuse de film américain et
aboutissant à la réalité de la jeunesse haïtienne priorisant le
convenable à la passion. Et c’est cette saveur du terroir de
l’Haïti contemporain qui imprime toute sa valeur à cet opus de
Diéry Marcelin.

Comme
un témoignage poignant de la vie sinusoïdale de ces années
difficiles vécues dans l’intimité de l’auteur, le roman tient la
route et captive le lecteur qui s’identifie aux protagonistes. Et
essoufflé après lecture, on se sent comme un sexologue appelé pour
un cas de dysfonctionnement érectile qui se retrouve à assister
l’accouchement d’un romancier plein d’avenir.

Dr
Yves Boissonnière

OBGYN
/ Romancier
Poète
/ Cinéaste

www.boissonnière.com