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Echec de l’opération policière du 12 mars 2021 à Village de Dieu : La FJKL déplore l’amateurisme qui caractérise cette intervention et invite les responsables de cet échec à tirer la révérence

Lundi 15 mars 2021 ((rezonodwes.com))–

La Fondasyon Je Klere (FJKL) a appris avec tristesse et consternation la nouvelle de l’échec de l’intervention de plusieurs unités spécialisées de la Police Nationale d’Haïti à village de Dieu le 12 mars 2021 se terminant par une tuerie de policiers et la profanation de  leurs  cadavres  publiés  à  dessein  sur  les  réseaux  sociaux en  violation  du  droit  au respect  de  la  dignité  humaine  et  du  droit  à  la  citoyenneté  numérique.  Ces  scènes choquantes sont trop longtemps tolérées dans notre société.

La FJKL note qu’il s’agit de la cinquième opération de la PNH à Village de Dieu réalisée sans aucun succès probant. Les gangs se sentent renforcés à chaque fois. Tout policier sait que le premier principe essentiel est de rester en vie. Or, le défaut de couverture de cette opération est susceptible de justifier son amateurisme, une opération sans plan Tactic et technique.

La FJKL ne doute pas que les policiers sont tués dans l’exercice de leurs fonctions de maintenir la paix, l’ordre et la sécurité publique, prévenir le crime, rechercher et arrêter des criminels dangereux. A ce titre l’opération était parfaitement justifiée. Mais, la FJKL condamne les exploitations politiques de ces opérations de police comme l’intervention du chef de l’Etat sur « Facebook live » avec un discours menaçant pour Village de Dieu au moment justement où les policiers étaient en danger. Ces déclarations malheureuses empêchent  à  la  police  de  développer  et  de  maintenir  des  relations  positives  avec  la population.

Le  fiasco  de  cette  opération  montre  clairement  que  les  autorités  policières  n’ont  pas déployé la vigilance nécessaire pour que toute mise en danger de la vie fût réduite autant que possible dans la préparation et la direction de l’opération. Elles ont fait preuve de négligence coupable dans le choix des mesures et des moyens. L’équilibre entre le but recherché et les moyens employés n’a pas été une préoccupation pour les décideurs dans  la  préparation  de  l’opération,  ce  qui  engage  la  responsabilité  de  la  chaine  de commandement.

Une mission irréaliste a donc été confiée à des responsables de l’application de la loi, laquelle s’est exercée aux dépens de leur vie et de celle d’autrui. La responsabilité du supérieur hiérarchique est là encore engagée.

La FJKL est particulièrement choquée de constater parmi les cadavres profanés celui du policier Wislet DESILUS, psychologue issu de la promotion Antênor FIRMIN (2011-2015) de la  Faculté  d’Ethnologie.  Wislet  DESILUS,  agent  du  Groupe  d’Intervention  de  la  Police Nationale d’Haïti (GIPNH) connu sous le nom de Special Weapon And Tactic (SWAT) est connu des milieux progressistes pour ses efforts en vue de l’amélioration des rapports : « Police–Population ».

La FJKL estime que tout défaut de précaution dans l’organisation et  le contrôle d’une opération de police aboutissant à un fiasco doit entrainer la démission des commandants responsables.

La FJKL, tout en présentant ses condoléances émues aux parents des policiers victimes, demande aux autorités de l’Etat de :

–    Exiger  la  démission  ou  renvoyer  de  l’institution  policière  les  commandants responsables de ce fiasco ;
–    Respecter le droit à une sépulture des policiers tués en récupérant leurs cadavres ;
–    Rendre hommages à la mémoire des policiers victimes ;
–     Développer les bonnes relations « Police–Population » pour éviter la répétition de tels échecs ;
–    Prendre en charge les parents des policiers victimes ;
–    Réaliser, avec succès, d’autres opérations mieux préparées et mieux exécutées afin de rétablir la confiance de la population dans sa police.

Port-au-Prince, dimanche 14 mars 2021