Samedi 16 novembre 2019 ((rezonodwes.com))– Il n’est un secret pour personne, que la Parole et la force des armes sont comme deux ligaments qui soutiennent tout gouvernement, peu importe le régime politique : dictatorial ou démocratique.
Celui qui contrôle la communication et qui détient le contrôle de l’armée ou de n’importe quelle force armée détient la commande et le destin du territoire. Les régimes dictatoriaux qu’ont connus Haïti jusqu’en 1986 ont bien compris le pouvoir réel de ces deux entités. Et pour contrôler l’appareil de Presse, le régime dictatorial des Duvalier a instauré la répression systématique face à la presse qu’ils ne pouvaient point contrôler.
Puisqu’ils avaient l’armée et les tontons macoutes pour asseoir leur dictature mêlée de corruption, de crimes et de gabegies ils ont conservé les reines en dépit de toutes les violations des droits humains. (Massacres, disparitions, tortures).
Plus de 30 ans après, les institutions ont piétiné les acquis démocratique du peuple haïtien en instaurant un nouveau système bâti sur les bases de la corruption exacerbée, du crime de toute espèce et de marchandage dont la presse et la police sont actuellement victimes.
La nation haïtienne a bien vécu des jours sans nom et s’est battu contre les pires des maux. Le pays affronte au quotidien des monstres politiques qui luttent à cacher leurs crimes financiers commis depuis l’ascension des Têt kalé au pouvoir. Tout est permis pour laver et conserver les traces encore béantes de dilapidation de plusieurs fonds dont ceux du Petrocaribe.
L’éclosion et la prolifération de gangs puissants et bien armés sur tout le territoire, régnant en seigneurs, terrorisant comme bon leur semble et sans mesure, des assassinats répétés et planifiés à travers les rues de la population civile, la croissance de la misère et de l’insécurité généralisées ne semblent rien traduire. Les systèmes de soins sont inopérants faute de ressources, les écoles, les églises et toute autre institution civile fonctionnent au ralenti ou ne fonctionnent point.
On est comme en temps de guerre. Cela semble ne rien dire. Des enfants sont tués ou gazés à profusion, des femmes enceintes et vieillards sont battus, négligés, tués, maltraités. Cela ne traduit rien. L’oppression est de taille. L’haïtien ne peut rien exiger ni espérer. Personne n’est épargné sauf les nantis sans pudeur qui persistent et répriment pour conserver le pouvoir malgré le caractère populaire des revendications actuelles.
Le Mutisme de la presse est complice, déshonnête et suspect face à un peuple qui périt à petit feu sous les griffes assassines d’un gouvernement corrompu révoqué déjà par la clameur publique. Mutisme mêlée a la férocité et le zèle de la police nationale, politisée et menée à la boucherie par ces vautours politiques avec pour nouvelle mission de réprimer une population sans aliment, eau, sante…ni aucun service de base auquel n’importe quel être humain a droit.
Une très infime frange de la presse haïtienne défend et se range aux côtés du peuple haïtien. Une grande portion ne pipe mot et voit passer les malheureux jours comme si rien n’était ; un silence qui tue et barricade le cri de secours d’un peuple opprimé. C’est comme présenter une émission d’humour en temps de guerre.
La presse est un indicateur de la situation socio politique d’un pays… En arrivant dans un pays étranger, il suffit de brancher la radio pour savoir si tout va bien là où l’on est. Ici tout est à l’envers Tous les médias ou presque tous sont devenus dolents et somnambules face à ceux qui méritent d’être dénoncés.
Instruire et éclairer ses concitoyens devient une responsabilité dans un pays ou l’illettrisme et l’analphabétisme atteignent plus de 60 pour cent de la population. Nous avons une presse muette, qui assiste passivement à la destruction de cette société dont elle fait aussi partie. COMPLICE. Quant aux forces de l’ordre qui publiquement se sont érigées face à la population civile, (des conversations d’agents et du Président en font foi,) elles n’ont rien appris de l’ère où les FAdH détenaient pouvoir sur tout ce qui respire et bouge et à qui le peuple uni a infligé une leçon historique.
La presse et la police se rapprochent d’un précipice de non-retour en s’opposant aux desiderata d’un peuple qui n’oublie jamais. C’est dommage que Rat manje Kann zandolit ap mouri inosan.
Dr Elie Jacques
16 Novembre 2019.