Les mandats d’amener pendants et l’action en récusation de tous les juges du Tribunal de Première instance de Port-au-Prince exercée par les avocats de l’État haïtien sont mis en avant par Osner Févry pour qualifier d’illégale l’audition de Jean Marie Vorbe.
Port-au-Prince, samedi 1er février 2020 ((rezonodwes.com))–Maître Osner Févry, l’un des avocats du président Jovenel Moise se lançant dans une lutte acharnée et revancharde contre la Sogener, dénonce-t-on, se dit scandalisé par la décision du juge instructeur Merlan Bélâbre d’auditionner, jeudi 30 janvier, Jean Marie Vorbe, Président du conseil d’administration de la SOGENER dans son carré.
Le magistrat en charge d’instruire le dossier, malgré diverses décisions judiciaires pendantes, selon l’homme de loi, a agi en dehors des prescrits légaux et est passible de poursuites. Osner Févry, tout-puissant dans le cercle vicieux du Palais national accaparant à sa guise le système judiciaire haitien déjà très décrié, annonce avoir saisi d’autres instances en vue de signifier leur position.
‘’Nous sommes surpris de la nouvelle de l’audition. Aujourd’hui même, nous avons adressé une requête au commissaire du gouvernement, au ministre de la Justice, à la Direction de la Police judiciaire (DCPJ), pour demander si les mandats d’amener décernés ont été annulés par une décision de justice’’, a informé Osner Févry alors que le dossier de disparition subite de son brillant fils aîné retrouvé mort par balle le 2 juillet 2014, sous le régime Tèt Kalé I, n’a jamais été élucidé par la justice haïtienne.
Audition en catimini ?
Le juriste, défendant les intérêts
de l’État haïtien dans le cadre du conflit pour lequel des chefs d’accusation relevant
d’abus de confiance, d’enrichissement illicite, de faux et usage de faux en
écriture privée, de surfacturation, d’association de malfaiteurs ont été retenus
contre des responsables de la SOGENER, questionne l’empressement affiché,
dit-il, par le magistrat dans l’enquête de cette affaire.
‘’Sa première ordonnance a fait objet d’un appel. Nous
questionnons la célérité et l’exécution en catimini engagées par le juge Bélâbre.
A-t-il un intérêt très spécial dans dossier ? C’est un cas de forfaiture d’une
extrême gravité’’, s’indigne Osner Févry.
Hervé Noël