BANDITS INTELLECTUALISÉS: « DES JEUNES INTELLECTUELS TRANSFORMÉS EN BANDITS PAR NOS POLITICIENS PERNICIEUX. »
par Jimmy Osias
Samedi 14 septembre 2019 ((rezonodwes.com))– Jadis, lorsqu’un jeune issu d’un quartier déshérité ou d’une famille modeste, avait réussi à frayer son chemin pour s’élever par exemple, au rang d’universitaire, il inspirait confiance aux voisins pour être exempt d’actes inappropriés.
Crédibilité, humilité et honnêteté, c’était la valeur et la boussole morales de toute famille à condition précaire voulant garder la tête haute.
De plus, l’image négative du quartier d’origine constituait toujours une source de motivation inéluctable pour des jeunes avisés qui se fixent des objectifs à atteindre, tant dans la vie professionnelle que d’une manière personnelle.
À ce moment précis, les jeunes qui ont adopté une attitude exemplaire et qui font montre de rectitude se trouvent souvent protégés par leurs coregionnaires, même par les plus effrontés de la zone.
Par ailleurs, la famille, véritable lieu de socialisation par lequel l’individu apprend à dire « oui » au monde, faisait la promotion du respect des codes moraux, de crédibilité et de fiabilité. Il faut souligner que des générations ont préféré la mort, en restant dignes et loyaux envers eux-mêmes, au lieu de se vendre pour une quelconque raison.
Cette vertu familiale, considérée comme une pierre précieuse, apportait sa part à la réussite des jeunes en provenance des milieux défavorisés. C’est pourquoi lorsqu’un jeune intellectuel issu d’une famille peu fortunée se mettait au service de l’état, il lui était difficile voire impossible de porter atteinte à son honneur. Aucune proposition indécente ne serait assez grande pour saper son moral. Malgré le poids des inégalités sociales qui dans le quartier, il se « fightait » toujours pour faire la fierté de sa famille ainsi que celle de sa zone.
Aujourd’hui, on assiste à l’effritement des valeurs familiales et morales dans le pays. C’en est devenu difficile pour qu’un jeune tienne avec consistance son caractère. D’ailleurs, même le livre de l’instruction civique a disparu de nos écoles. Nous sommes à un point que même les vieillards font fi des normes sociales et familiales. Les jeunes, en majorité, veulent fendre la bise au sommet. Malgré la provenance de nombre de nos politiciens de la classe dite défavorisée, ils tiennent toujours la main de la bourgeoisie pour tricoter le peuple. En fait, Ils rongent la main qui leur a donné à manger et briment sa propre famille.
De nos jours, les jeunes dotés de grandes capacités intellectuelles dans les quartiers populaires semblent devenir une valeur cardinale dans la politique d’Haïti. À cet effet, nos politiciens pervertis les utilisent pour rendre efficace leur actions aux yeux de la population.
Ils font des offres à ces jeunes afin de les utiliser à leur guise. Ils les ont transformés en ce que j’appelle « bandits intellectualisés ». Très fidèles, les plus beaux articles faisant l’éloge de ces politiciens pernicieux reflètent l’encre magique de leurs plumes. Et face à leurs propres contradictions, ils déploient un goût bien naturel pour la langue figée qui permet au fond de faire la litote. Même étant conscients de leurs maîtres qui détroussent le pays, ils ne s’y opposeront pas. Ils savent pertinemment qu’en se révoltant ils risquent de perdre la capacité d’engranger leur pain quotidien ainsi que celui de leur famille.
La lutte pour la survie a acheté leur silence.
Par le biais de ces jeunes, les bandits en provenance des ghettos sont payés pour empêcher toute possibilité de révolte contre les patrons. Parfois, certains de ces jeunes, désœuvrés, commencent à se révolter pour se faire passer pour des militants. Cependant, la motivation de beaucoup d’entre eux se base sur le fait de trouver un travail, une somme d’argent, ou encore un visa pour s’éloigner du pays. Des fois ils sont en quête de visibilité afin de briguer un poste électif.
Cette envie politique les accule en plus à perdre toute conviction au profit d’un seul objectif : conquérir le pouvoir pour sucer les mamelles de l’Etat. Ils sont obsédés à l’idée de parvenir comme un pet sur une toile cirée par n’importe quel moyen. S’ils sont empêchés, la nécessité de faire marave pour qu’ils soient élus commence à prendre naissance. La meute est confortablement permise pour eux de combattre tous les adversaires qui convoitent leur place.
Dans un pays où l’élite intellectuelle se met au service des politiciens corrompus, à quelle finalité peut-on espérer ? Peut-on blâmer ces jeunes que le système contraint à vivre dans ces conditions ?
Vous qui vous dites citoyens conséquents, créez-vous des possibilités en faveur des familles pour les aider financièrement ? Qu’est-ce que cela vous dit de grandir dans une zone défavorisée, une zone socialement disqualifiée que l’on montre du doigt et dont on peut quelque fois avoir honte ? Comment arrivons-nous à éradiquer la corruption dans un pays si pauvre où l’on attache beaucoup plus d’importance au sentiment d’appartenance, à l’expérience individuelle, au niveau de la qualité de vie et à l’altruisme, entre autres ?
C’est vrai, ces jeunes concourent à la destruction du pays. Par conséquent, ils sont aussi victimes de l’escroquerie du système jusqu’à stipendier leur conscience et leur conviction. Ils subissent des inégalités sociales qui ont une conséquence sur leur participation maladroite dans la politique du pays. Car, ils pensent que le meilleur stratagème est de les intégrer dans la haute société.
Citoyens honnêtes ayant plusieurs cordes à votre arc et comprenant ce jeu malicieux des politiciens, investissez dans la communauté et créez plus d’opportunités et de bonnes conditions de travail, afin de sauver ces jeunes.
Subséquemment, les jeunes seront maîtres de leur pensée et pourront travailler collectivement pour l’éclosion d’une société et pour un futur « bright ».
Nec plus ultra, l’éclat de notre pays sera rehaussé et nos citoyens vivront en toute tranquillité.
Jimmy Osias