« Notre avenir se joue sur les barricades« : vivre entre rues bloquées en Haïti, ainsi s’entame une 8ème semaine au plus grand mépris des dirigeants affichant un comportement d’inconscience et pro-occupation militaire par des étrangers.

Avec des unités spéciales de la PNH rappelant les exactions des FAd’H et des sbires de Duvalier en 1985 et 1986, qui n’hésitent pas à tirer à bout portant sur les manifestants réclamant le départ de Jovenel Moise, la nouvelle semaine n’augure pas bien de l’avenir d’Haïti sous la gestion d’un président ayant totalement perdu toute sa légitimité.

Samedi 2 novembre 2019 ((rezonodwes.com))–C’est à New York à plus de 2400 km séparant la mégapole de la capitale de la Première République Noire au monde, que débute une 8ème semaine consécutive de « pays-lock » pour exiger le départ du pouvoir de Jovenel Moise, accusé d’exactions et de corruption.

La radicalisation de la paralysie du pays, les manifestations massives et les tentatives avortées du gouvernement pour normaliser la situation en Haïti, la 7è semaine « pays-lock » se termine samedi, alors que la crise s’aggrave et ne cesse de s’accentuer.

Exactement une semaine, une protestation massive de la police qui, même si elle n’était pas marquée par le mouvement politique réclamant la démission sans condition du président Jovenel Moïse depuis des mois, a toutefois exigé des augmentations de salaire, des assurances et de meilleures conditions de travail. Une semaine plus tard, les revendications des policiers sont encore ignorés par les plus hauts responsables de la police dont le DG a.i, Normil Rameau, nommé irrégulièrement par un premier-ministre de facto.

La 8ème semaine qui voit encore les écoles gardant leurs portes fermées, traîne derrière elle une 7ème semaine de protestation marquée par les ouvriers des manufactures et le personnel de santé qui ont envahi les rues de Port-au-Prince pour capitale dénoncer la corruption, en plus ils exigent un changement complet du système néolibéral imposé pour résoudre la pauvreté et les inégalités en Haïti.

Jovenel Moise feignant de ne rien comprendre de la gravité de la crise, a pour sa part, insisté sur la formation d’un gouvernement d’union nationale et a répété que le pays se trouve actuellement à la croisée des chemins, « dans lesquels nous pouvons transformer cette crise en une opportunité« , alors que sa présence à la tête de l’Etat représente le principal problème.

Le président contesté et très mal vu pour la corruption aveuglée pratiquée sous son administration, a invité l’opposition à entamer un dialogue pour mettre fin à la crise actuelle, tout en soulignant qu’une vacance au sein de l’exécutif plongerait le pays dans un plus grand chaos entre les mains des gangs. Les mêmes gangs que PHTK et Michel Martelly auraient armé en 2015, dénonce-t-on dans les milieux politiques en Haïti.

Enfin, la crise sociopolitique qui sévit depuis plus de 7 semaines en Haïti, aurait empêché à quelque deux millions d’enfants de prendre le chemin des classes, sans compter plusieurs entreprises qui ont fermé leurs portes ou ont réduit leur personnel et à tout cela s’ajoute l’insécurité alimentaire dont souffrent près de trois millions d’Haïtiens emportés par des promesses fallacieuses des dirigeants promettant soleil, pluie et terre pour les faire sortir de la crasse.

Ainsi va Haïti comme un bateau louvoyant dans l’infini horizon au-dessus des mers, sans capitaine et sans gouvernail.