Trois hommes du président, (2 ministres et une directrice générale) bloquent officiellement les avancées des dossiers Petro Caribe tout en faisant ouvertement entrave à l’enquête de la Cour Supérieure des Comptes. Ainsi se confirmerait-elle la déclaration de Paris du 12 décembre 2017 faite par le président Jovenel Moise lui-même, tout ceci pour donner raison aux idées salvatrices du sénateur Lambert dans son ultime décision d’envoyer ce dossier pourrir dans les tiroirs de la CSCCA, en février dernier

un billet de la rédaction 

Port-au-Prince, mercredi 19 décembre 2018 ((rezonodwes.com))–Pas question d’ouvrir aux services ordonnateurs les grands livres comptables dont dispose le ministère des Finances, afin de pouvoir contrôler toutes les transactions-petro des grands pontes du régime. Le ministre Décembre devrait penser qu’au fond, on lui demande d’ouvrir la boite de Pandore.

La partie invisible de l’iceberg, qui est aussi la plus considérable et fondamentale dont dépendrait le suivi de toute l’affaire Petro Caribe.

Un non-dit, pour être plus direct, dans la correspondance que la Cour Supérieure des Comptes a adressée au Premier-ministre Jean-Henry Céant. Malgré cette fin de non-recevoir, le PM Céant, pour démontrer qu’il a la suite dans ses idées, est allé jusqu’à annoncer la semaine dernière qu’il allait déposer une plainte officielle à propos de la même question sachant pertinemment bien l’existence d’un tel blocage. Vu que la correspondance date du 4 décembre avec un accusé de réception mentionné au lendemain.

Il ne fait aucun doute qu’après la révélation publique de cette correspondance, Ronald Décembre et Joubert C. Angrand, respectivement ministres des Finances et de l’Agriculture, vont tenter de justifier leur comportement allant à l’encontre des processus de vérification par la CSCCA, de $3.8 milliards dilapidés par des indexés Jovenel Moïse, Laurent Lamothe, Jean-Marc Bellerive, Wilson Laleau et autres associés, selon les rapports de deux commissions sénatoriales.

En outre, cette Cour Supérieure des Comptes envers laquelle les Petrochallengers émettent des réserves sur sa capacité réelle à faire avancer ce dossier, a commis un vice de forme dans l’introduction de sa correspondance en écrivant « avoir l’honneur d’informer du refus » en lieu et place d’exprimer au Premier-ministre le regret de la volonté de deux de ses ministres et de la toute puissante directrice générale de l’Institut National de Formation professionnelle (INFP/MENFP), Maguy Durcé, de collaborer à la recherche de la vérité sur les fonds dilapidés de Petro Caribe.

Et les visites impromptues du PM Céant à la Cour Supérieure des Comptes, à quoi tout cela a servi ? Le parachuté Céant a-t-il vraiment la capacité et le pouvoir de faire avancer le dossier Petro Caribe? C’est au pied du mur qu’on reconnaît le vrai ouvrier. 

« Après six visites de travail infructueuses de ses équipes de vérification au ministère de l’Agriculture, la question de la disponibilité des informations dont ce ministère est détenteur a été portée au niveau du titulaire de ce ministère, qui n’a pu débloquer la situation« , lit-on dans cette correspondance, alors que le président Jovenel Moise, jusqu’à lundi dernier, continuait de parler de « développement du pays » lequel est enclavé dans le sillage de la corruption à tous les échelons.

Pour le ministre Ronald Décembre, très critiqué par des économistes pour la façon dont le budget 2018-2019 est ficelé, afin que nul n’en ignore, la Cour des Comptes a porté plainte auprès de Jean-Henry Céant. « Le MEF n’a pas rendu disponible les informations qui lui ont été formellement réclamées sur la dette de l’Etat haïtien lié au programme de Petro Caribe » a soulevé la CSCCA tout en soulignant que « cette négligence s’est étendue au traitement des dossiers des experts qui secondent la Cour dans l’élaboration de son rapport« .

« Autant d’entraves que la Cour se réserve pour le moment de qualifier« , cet extrait à lui seul, suffirait pour dire que Jean-Henry Céant et Jovenel Moise qui n’ont tiré aucune leçon des mouvements des 6, 7 et 8 juillet, 17 octobre et 18 novembre 2018, se moquent ouvertement de tous les haitiens puisqu’ils ont la ferme assurance ke ti mari pap monte li pap desann.

Tout de même, nous concluons en recommandant aux commissaires de la CSCCA, qui ne sont pas non plus en odeur de sainteté de ne pas chercher dans les erreurs des hommes du président car ils risqueraient également de s’y retrouver. Sont-ils fin prêts à ouvrir la boîte de Pandore où sont entassés au fond tous les gaspillages des fonds de Petro Caribe-a ? Ce n’est pas pour autant que les actes des uns nous feront oublier les inconséquences des autres.

Alors, armez-vous de courage et les jeunes de la génération montante vous seront très reconnaissants quand ils seront pris entre le dur passé et l’amer présent.