Le conseil de la défense dispose de 24 heures pour communiquer au parquet de la Cour les pièces requises, suivant l’ordonnance prononcée par le président du tribunal, le juge Yves Altidor, au terme d’une audience passionnante à la Cour d’appel de Port-au-Prince
Jeudi 11 mars 2021 ((rezonodwes.com))–
L’ordonnance de la doyenne du Tribunal de première instance de la Croix-des-Bouquets, Grecia Norceus, autorisant la libération du juge Yvickel Dabresil, sans les dix-sept autres détenus a été attaquée en instance compétente par une batterie d’avocats, majoritairement membres du Secteur démocratique et populaire.
Les avocats constitués ont beau développer leur argumentaire pour convaincre la composition du tribunal de libérer les dix-sept (17) citoyens emprisonnés dans le cadre de l’affaire »Petit-Bois », le verdict final n’a pas été prononcé mercredi.
Au bout de plus de quatre (4) heures d’audience, le président du tribunal, Yves Altidor a signifié au conseil de la défense la décision. Les avocats des prisonniers ont 24 heures pour communiquer au greffe du parquet de la Cour d’appel les pièces dans le délai imparti fixé par la loi._Ils ont 24 heures pour communiquer les documents, avant le verdict final »,_ a fait valoir le magistrat.
L’audience pour statuer sur la requête des avocats a été marquée par l’argumentaire surprenant du commissaire Claude Jean, représentant le ministère public, à évoquer le cas de flagrance dans l’intervention des éléments de l’Unité de sécurité générale du Palais national. Il soutient que le tribunal doit garder les accusés sous les verrous au regard de la tentative de coup d’État soutenu par le régime.
Cependant, la décision du tribunal s’apparente à une lueur d’espoir pour la famille des détenus après plus d’un mois de détention dans des cellules où les conditions sont abominables. À la prison civile de la Croix-des-Bouquets, les proches des Gautier, des Buteau, des Dabresil ont vécu les évènements du 25 février dernier, au cours desquels une évasion a été organisée, avec de grandes inquiétudes, a concédé l’histoirien Pierre Buteau.
À la prison civile de Cabaret, le docteur Marie-Antoinnette Gautier a prêté ses services dans l’accouchement d’une détenue.
André Michel, l’un des membres du conseil de la défense, se déclare optimiste quant à l’élargissement des prisonniers. _ »Ils ont été arrêtés illégalement. Leur dossier est vide, ils doivent être libérés », a souligné l’homme de loi.
Jean Henold Buteau, frère de l’agronome Louis Buteau, a exprimé sa déception après la décision du tribunal. Il a brandi l’innocence des détenus face aux faits qui leur sont reprochés.
Hervé Noël
vevenoel@gmail.com