par Garry Muzeau
Samedi 29 décembre 2018 ((rezonodwes.com))– Nous sommes le lundi 24 décembre aux environs de midi à l’aéroport international de Punta Cana où je suis venu accueillir un partenaire d’affaires qui rentrait d’un voyage d’exploration en Roumanie et en Allemagne.
Dans l’attente de l’arrivée de l’avion qui le transportait je faisais le repérage de groupes isolés de touristes pour m’enquérir de leurs impressions sur la Republique Dominicaine et en profitais pour leur vendre Haiti.
A une coquette et vraiment belle négresse que je pris pour une haïtienne parce que je l’entendis dire en créole avec un accent autre que le nôtre “mwen tann avion la”, je demandai : Es-tu haïtienne? Et la réponse claqua comme une gifle bien appliquée sur ma face. Non, monsieur, je ne le suis pas et j’aurais maudit le ciel s’il m’avait créée haïtienne.
Meurtri et blessé par une telle rebuffade, je répliquai “Et pourquoi” sur un ton provocateur. Je l’entendis me dire “avec de tels dirigeants tu oses encore vouloir continuer l’échange, quel toupet”! L’apparition de mon ami me permit de couper court à la conversation et je partis bredouille sans demander le reste. Le constat venait d’une noire comme la majorité de mes frères et moi. Quelle est donc la perception des autres races qui nous observent?
En faisant le décompte des pays du globe dont nous entendons souvent parler, ils sont rares ceux qui ne confrontent pas au moins chaque année, et nous sommes très généreux à ce sujet, un problème de corruption au niveau économique ou politique. C’est ainsi que le monde suit son cours, marqué régulièrement par des scandales.
En guise d’illustration, l’Angola est un pays qu’on estime particulièrement corrompu et c’est un pays de noirs.Et pourtant il est respecté dans le concert des nations à cause de sa santé financière. L’Afrique du Sud n’a pas encore atteint un score satisfaisant au niveau de l’anti-corruption. Les acteurs économiques et politiques ont seulement changé de race. Mais qu’on veuille le reconnaître on non la perception mondiale est obligée de modifier sa note lorsqu’elle fait référence au Rwanda ou au Botswana.
A titre de comparaison le Brésil, l’Argentine, le Pérou nagent littéralement dans la corruption mais pas toujours dans l’impunité. La fille d’Alberto Fujimori du Pérou, Cristina Kirchner, ancienne présidente de l’Argentine font face à la justice de leur pays respectif. Autant admettre que le fléau est humain. La seule arme capable de combler les espérances d’un peuple est l’application de la justice dans toute sa rigueur.
C’est la grande différence chez nous car la corruption et l’impunité marchent la main dans la main.
On se demande volontiers si Haïti tient vraiment un rôle significatif dans le monde, s’il arrivera un jour qu’il se manifeste comme une collectivité consciente de sa contribution dans l’histoire du monde qu’il a transformé à partir du premier janvier 1804, si l’exemple donné a perdu pour toujours tout son sens et toute sa portée pour lui et uniquement pour lui, si ses dirigeants et son peuple se sont condamnés à régresser au fil du temps.
Tous les pays à partir d’une prise de conscience collective s’efforcent sous la gouverne d’esprits éclairés de progresser en apportant des correctifs dans toutes les sphères où le besoin se fait sentir, nous, haïtiens, nous nous complaisons dans le mal-être, l’inacceptable sans réagir par peur d’être la prochaine victime lorsque viendra notre tour. Dévoilant au monde entier notre incapacité à nous doter de représentants valables.
C’est incompréhensible, et même inconcevable que des analphabètes incapables de s’exprimer convenablement dans aucune langue parlée soient choisis comme députés ou sénateurs, consuls ou ministres-conseillers donc, membres du parlement le contrepoids du pouvoir exécutif ou éminents défenseurs des intérêts du pays à l’étranger. Je comprend le désappointement de cette jeune femme noire qui a étudié et adoré le récit de nos prouesses dans son pays. A l’analyse, ce parlement est le pire que le pays ait connu tant par sa composition que par sa compétence depuis que cette institution existe en Haïti. Notre représentation diplomatique ne nous fait pas plus honneur que notre parlement.
J’ai toujours estimé que le MHAVE antérieurement ministère du dixième département ne répondait à aucune logique gouvernementale si ce n’est qu’à une décision politicienne émotive d’un président. Et ses successeurs ont continué dans cette bêtise. Si le ministère des affaires étrangères via ses représentants sont déjà au service de la diaspora pour lui délivrer toutes formes de services et de documents en qualité d’expatriés, documents généralement produits par le ministère de l’intérieur, à quoi rime le MHAVE?
Compte tenu des difficultés auxquelles sont confrontés nos frères et sœurs à l’extérieur pour l’obtention de documents aptes à leur permettre de régulariser leur situation migratoire on doit se poser la question sur la compétence des dirigeants de ces ministères qui ne fonctionnent guère au profit du peuple. Et c’est l’argent du peuple qui couvre toutes les largesses qu’ils se partagent.
La justice aveugle se doit d’enquêter à partir du moment que des accusations sont portées sur un individu. Mille accusations ont été portées sur nombre de sénateurs et de députés, assassins, voleurs de véhicules, vendeurs de drogue, membres de gangs , kidnappeurs etc… Le devoir du troisième pouvoir qui n’a jamais été réellement un dans mon pays aurait été d’ouvrir une enquête pour prouver le bien-fondé des rumeurs en circulation ou de couper court aux accusations sans fondement.
Paralysée par le népotisme, la justice haïtienne est incapable de justifier sa pertinence et même son existence. L’Haïti de ce début de siècle est actuellement un pays de non-droit.
En sus de la non-existence effective de la justice, le pays par l’incompétence du parlement, véritable champ de bataille ne peut rien produire en fait de lois visant à améliorer le sort du peuple qui officiellement l’a élu bien que nous sachions tous que près de 90% de ces nullités notoires et volubiles juste pour s’entre-déchirer sont au parlement non par la volonté du peuple mais par celle de potentats du pays qui se disent non habilités à briguer ces dites fonctions choisissent des sous-fifres pour faire la sale besogne qui consiste à garantir le statu quo. Le pays se meurt. Attention aux derniers sursauts des sacrifiés.
Dirigeants de mon pays je vous renouvelle mes vœux les meilleurs à l’occasion des fêtes et je vous en supplie arrêtez de cracher sur mon peuple Ce sont des humains et de longtemps plus valables que vous.
Garry Muzeau
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