par Junior Luc

Mercredi 5 mars 2019 ((rezonodwes.com))– Face à des conditions socio-économiques difficiles, certains jeunes du pays ne restent pas l’échine courbée.

Si certains considèrent la migration comme une échappatoire, d’autres en revanche façonnent leurs communautés à leur propre manière. Du lot, l’étudiante en psychologie et monitrice du «Klèb Ti Fi Kafou» Léa Balland, aspire à sauter le pas.

Afin de réduire les cas de violences basées sur le genre (VBG), un groupe de jeunes implantent un club pour mineures à Carrefour.

Résultant d’un camp d’été l’année dernière, le club sert comme un espace de défoulement psychologique pour les enfants de moins de 12 ans. «Je m’engage pour ma communauté», dit-elle. Selon la jeune dame, à côté des femmes et des personnes à mobilité réduite, les fillettes sont aussi marginalisées en Haïti.

« Dès l’enfance, l’individu doit pouvoir identifier les divers types de violences en vue de les combattre et cette philosophie remontait à l’origine de notre existence en 2017», explique Léa Balland.

Les attouchements sexuels et les appellations affectives désagréables comme « ou se madanm mwen, mwen se mari w’ » sont des facteurs générateurs de violence psychologique et verbale que subissent les enfants, au dire de l’aspirant psychologue. De plus, selon elle, les enfants élevés dans la domesticité, très répandue dans la commune, sont pour la plupart exposés à ces actes de violences. Changer cette mentalité est donc l’objectif du club.

Du haut de ses 23 ans, Léa Balland compte parmi les jeunes qui ne se laissent pas décourager à engendrer des activités visant à transformer sa communauté. Intriguée par le rythme de violences de toutes sortes dans le pays, mademoiselle Balland estime opportun son engagement dans la zone de carrefour. Toujours fière et motivée, elle veut que ses formations chaque samedi servent un bras de fer contre les éventuels cas de violences pour les enfants.Par ailleurs, mademoiselle Balland est aussi membre d’un réseau de femme à Carrefour REFKAD. En octobre dernier, elle était à Jacmel pour parler sur la méthode de travail avec la gente féminine. Si SASA, la méthode anglaise s’applique pour les femmes et les filles de moins de 12 ans, la même méthode ne s’exécutera pas.

SASA préconise qu’on rencontre les femmes et de les conscientiser, les supporter et les aider à passer à l’action. Vu qu’on ne peut pas aborder les problèmes suivant une seule méthode pour les deux tranches d’âges, pour les filles, un autre moyen s’impose sous l’etiquette de: KORE TI FI. Réunir les filles et les former sur des thèmes clés comme l’estime de soi, constituent le socle du coaching. L’objectif tend à dynamiser la lutte contre les violences faites aux femmes.

« Il ne suffit pas seulement de prôner la lutte contre les violences faites aux filles et aux femmes, mais il faut aussi avoir une conception logique et claire de la lutte », reconnait la monitrice. Si ce fléau n’est pas géré avec dextérité, le pays risque d’enregistrer beaucoup de victimes, met en garde la mademoiselle. Le cas de la Mairesse de Tabarre et celle de Juslenne Jean Charles, battues à mort par leur mari en sont des exemples.

La violence basée sur le genre n’est pas toujours synonyme de violence contre les femmes, néanmoins, les femmes et les filles en sont les «principales cibles », et les auteurs sont généralement des hommes. C’est pour cela qu’elle se dit estimer que ce travail doit interpeller tout un chacun. C’est pourquoi parfois le club invite des garçonnets à prendre part aux séries des formations.Lors de son lancement, le club comptabilisait près d’une cinquantaine de filles.

Maintenant, il ne reste qu’une vingtaine, se désole l’étudiante. Toutefois, le résultat escompté est probant, se réjouit-elle. « Elles sont nombreuses à me raconter comment elles ont compris que leurs corps ne sont pas des objets sexuels ». Elles ont changé tout carrément de comportement. Ces messages éveillent en moi un enthousiasme indescriptible, s’enorgueillit Léa Balland.

La joie dessinant sur le visage de l’originaire de Carrefour est remarquable à des mètres de distance pour ce travail réalisé. Calme et simple, l’étudiante annonce un avenir époustouflant. Au sujet du doute émané du salut des 10 premières années de l’enfance pour laisser périr les 10 autres, la réponse est simple et très technique, rectifie la monitrice. De manière psychologique, tout comme les expériences vécues, les notions apprises durant l’enfance laissent toujours des empreintes dans nos vies.

Puisque pour réussir un projet, il faut y mettre du temps et du cœur, l’étudiante ne voit pas d’un bon œil l’immixtion d’une main étatique à ce projet. Dans ses propos, cette assistance pourrait nuire à l’objectif du club. Elle opte plutôt pour un partenariat avec des organisations de la société civile (OSC) et communautaires de bases (OCB).

Au fil des années, la jeunesse haïtienne éprouvera de grandes difficultés pour assurer son intégration. Vers la résolution de cette crise, elle se lance dans une phase de formation-intégration. Aussi, s’introduit-elle dans des activités communautaires pour redonner vie à la société.

Junior Luc
Revue et Corrigée par Wandy F. Charles.