Qu’ils soient deux frères
consanguins, utérins, germains, siamois ou jumeaux, aucune cohésion dans les
affaires de l’Etat ne peut être espérée de cette grossesse ectopique engendrée
par ce régime politique kwashiorkor. Un fait insolite supplémentaire pour
offrir la cerise sur le gâteau dans cette arène infernale de l’incompétence et
de l’indécence : deux têtes occupent officiellement et simultanément
l’unique siège de la Primature.

Samedi 17 août 2019 ((rezonodwes.com))– Lorsqu’à une même période, un fils présente à ses parents deux, trois ou quatre fiancées les persuadant que ce sont les âmes qui détiennent la clé de son cœur, les parents peuvent déduire, sans risque de se tromper, que le cœur de leur enfant est privé d’amour, vide de sens et d’essence.

Cette analogie est
utilisée pour exposer la situation actuelle de la primature, institution
prestigieuse, soit la deuxième plus importante entité de l’exécutif, occupée
contre toute attente, contre tout principe, contre les prescrits de la constitution,
par deux têtes distinctes.

Quand une position devait
être dévolue à une seule personnalité, et que l’on y constate une multicéphalie,
on comprend tout bonnement que ledit poste est vide, sans occupation, sans mission,
sans dirigeants, sans capitaine. « Kabrit
ki gen anpil mèt, mouri lan solèy ! »
. Ceci nous amène au
contexte bizarre d’une praxis politique bourrée d’incohérence et d’ambiguïté de
cette éminente institution bretelle du pouvoir exécutif. Mégalomanies,
gaspillages, gestions aveugles des ressources publiques, panne de vision et de
leadership, notre pays se trouve simultanément gouverner par un gentil Lapin et
un enfant prématuré à la primature.

Tous les deux, Jean Michel et William sont au petit soin de la République ; ils font usage des ressources logistiques et financières de l’Etat ; ils se déplacent, mangent, boivent, dorment, au frais de la princesse ; en tête à tête, sur les mêmes tables rondes et obliques, ils répondent à des invitations officielles. Quel est donc le titre sans-équivoque à attribuer à l’Administration politique actuelle : Moïse-Lapin ou Moïse-Michel ? Ces deux apprentis politiciens administrateurs détiennent simultanément la latitude d’ouvrir ou de fermer à volonté les portes stratégiques de cette entité décisive du pouvoir exécutif.

Perdu dans des exercices de simulations cérébrales et dans un imaginaire hallucinant, le citoyen avisé se demande : quelle posture physique ces PM sont-ils parvenus à maintenir sur la chaise bourrée de la primature? Sont-ils assis l’un sur l’autre, face-à-face, l’un à côté de l’autre ou font-il de l’alternance sur ce siège éjectable, avec des horaires préalablement définis entre eux ? Quête de vérité et de lumière, satisfaction de la curiosité publique et engagement citoyen obligent ; les médias, les institutions de vigies, les acteurs de la société sont interpellés à fournir des réponses claires et nettes sur ces doutes cartésiens et ces préoccupations justifiées dans la gestion de la chose publique.

La primature, actrice principale de la conception et
l’implémentation de la politique publique

La Primature est une instance
gouvernementale axiale qui assure des fonctions politiques, administratives et
techniques fondamentales pour la bonne marche, la stabilité sociale et le
développement économique du pays. Par ses fonctions vitales, la primature est
au pays ce que le sang est au corps. Ce cerveau de l’exécutif commande deux
organes dans le cadre de son fonctionnement, un 
secrétariat particulier et un cabinet.

Si le secrétariat
particulier s’imprègne des dossiers administratifs et de la régie, le cabinet
est constitué, pour sa part, d’un conseil chargé d’assister le Premier ministre
dans la conception, la définition, l’élaboration et l’implémentation des actions
politiques stratégiques du gouvernement. Conseillers techniques, chargés de
mission et consultants pluridisciplinaires sont les principaux spécialistes qui
garnissent le cabinet du PM. Le Premier ministre peut mobiliser ces ressources
humaines dans tous les secteurs jugés nécessaires, notamment dans les domaines
de la défense, la sécurité, la politique économique et financière, la politique
étrangère, la coopération externe, la politique sociale, les affaires
juridiques et judiciaires, etc. Dans une approche synchronisée, cette équipe
technique du Cabinet devrait s’atteler à travailler en permanence avec les
cadres des différents ministères sectoriels pour animer des ateliers de
discussions et de réflexions critiques afin d’aboutir à des propositions
judicieuses pour de meilleures orientations dans l’exécution des projets de société.

Quand une équipe
politique défraie la chronique avec des amalgames, des confusions et de la
cacophonie dans les attributions officielles, en déléguant ce pouvoir
quasi-omnipotent à ses petits copains, à quoi donc peut-on s’attendre dans
l’implémentation des actions publiques, sinon que des désastres, des
catastrophes et des télescopages. En plus d’une violation grave des références
constitutionnelles, il est impossible d’arriver à une harmonisation des agendas,
des protocoles, des planifications dynamiques et des représentations sociales
de ces deux représentants d’une seule entité. Ces fruits amers issus de
l’entêtement opiniâtre dans la médiocratie et la mauvaise gouvernance
traduisent une véritable situation de tour de Babel.

A l’instar de deux
premiers ministres conjointement en poste, les malversations et la confusion
sont toujours logées à la même enseigne. Nul ne peut espérer bonne gestion,
bonne gouvernance là où la confusion règne en maîtresse.

De ces deux premiers
ministres en activité non officiellement installés, recevant des instructions
d’en Haut et  passant des ordres en bas,
lequel est donc redevable envers l’Etat ? Lequel est habilité à endosser
les grands dossiers de la République ?

Dans sa détermination
d’offrir des spectacles inédits et des prouesses dans la gouvernance politique malsaine
et ectopique de la République, ce régime ne veut définitivement laisser aucune
chance, aucun brin d’opportunité à l’équipe adverse de remporter un trophée
dans l’indécence et le crétinisme. Ces dirigeants incultes et cupides veulent
tout rafler dans ce tournoi de la bêtise et de la mauvaise gouvernance. Ces médiocres
politiques de la dernière décennie, sans cœurs mais à plusieurs têtes, accélèrent
les dérives sociétales et plongent le pays dans le désespoir, la déception et
le chaos.

A quand donc la fin de toutes ces comédies et ces
confusions ?

Atavisme héréditaire acquis
de la présidence du capitaine des têtes mal calées ; sous les règnes de ce
régime sans vergogne, la mal gouvernance et la bêtise s’asseyent
confortablement sur les chaises bourrées et dans les fiers salons diplomatiques
de la République.

A la lumière de la
constitution, le premier ministre, deuxième tête de l’exécutif, est un
personnage très puissant, duquel relèvent de nombreuses décisions stratégiques
pouvant engager la nation. Il fait office d’ailleurs de première personnalité
du Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN). A ce titre, il est habilité
à ordonner aux autorités policières et judiciaires de prendre des mesures
adéquates pour contrecarrer les actes de terrorisme et de banditisme. Dans des
temps de vulnérabilité et d’insécurité comme ceux-ci, avec l’exposition permanentes
de munitions et des armes de calibres titanesques ; de nombreux actes de gangstérisme
et des crimes gratuits sur des jeunes,  des professionnels, des adultes ;
il faut des hommes et des femmes d’Etat dignes, honnêtes, compétents et
légitimes, capables d’inspirer confiance à cette population bafouée par des
mensonges multicolores et des promesses creuses venues de tous les mauvais
courants électriques ou alimentaires.

Evidemment, eu égard à
cette panne de vision et de leadership, cette méfiance généralisée, ce contexte
d’échec et mat de la présidence et du régime ; ce n’est pas un premier
ministre mal ou bien installé sur un fauteuil moribond, liquidant des affaires
courantes ou mourantes, qui fournira des réponses durables à la misère atroce
des couches vulnérables de la société.

Pour évacuer ce marasme
quotidien et cette crise pluridimensionnelle dans notre vécu actuel, une
intervention chirurgicale s’impose. Les instruments appropriés, bistouris, microkératome et trocart, de formes
creuse, pointue et coupante  pour réaliser les ponctions et les biopsies
du système afin de se débarrasser de ce cancer politique décennal, sont entre
les mains du peuple souverain. Vox Populi, Vox Dei !

Carly Dollin
carlydollin@gmail.com

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