« Haïti n’a pas vraiment un problème de famine mais plutôt un problème d’organisation. La COVID-19 n’est pas une mauvaise chose mais une alarme qui nous invite à nous réveiller pour changer la situation », dixit Dr Jean Poincy, Économiste, ex vice-recteur académique à l’Université d’Etat d’Haïti, au Centre d’Information Permanentes sur le Coronavirus (CIPC)
Vendredi 15 mai 2020 ((rezonodwes.com))– Dr Jean Poincy, Économiste, ex vice-recteur académique à l’Université d’Etat d’Haïti, a intervenu au Centre d’Information Permanentes sur le Coronavirus (CIPC) pour faire le point sur les « Impacts et opportunités du COVID-19 sur l’économie haïtienne ».
Selon le Dr Poincy, aujourd’hui le monde a fermé ses portes. « En ce qui concerne Haïti, l’impact est virtuellement nul car Haïti n’exportait pratiquement pas grand-chose, donc, elle est rappelée à l’ordre et elle doit se réveiller ». Pour lui, le moment est venu de changer l’économie du pays et Haïti doit produire pour elle-même.
L’économiste affirme que les autorités doivent faire une évaluation des différents types de productions disponibles en Haïti. Il faut dit-il, un accompagnement à différents niveaux et surtout sur le plan politique et fiscal.
M. Poincy constate que l’économie haïtienne s’était reposée sur l’agriculture de subsistance. Aujourd’hui, conseille-t-il, le gouvernement doit sensibiliser la population pour permettre à l’économie de se baser sur l’agriculture vivrière et encourager les Haïtiens à cesser de consommer les produits importés comme par exemple les hot-dog, les poulets étrangers, etc. « Il faut permettre aux agriculteurs haïtiens d’augmenter leur production » affirme le Dr Poincy qui se dit favorable à l’expansion de l’élevage qui permettra aux agriculteurs de renforcer la production de viande et du lait dans le pays. Il croit que la pêche constitue également un secteur d’activités important que les autorités ont intérêt à développer.
Selon le Dr Poincy, il faudrait libérer l’épargne Nationale en permettant aux agriculteurs d’emprunter de l’argent avec facilité. Cela pourra se faire, affirme-t-il, en permettant aux banques commerciales de disposer de plus de gourdes. « A leur tour, les banques effectueront des prêts à des taux préférentiels en vue de favoriser la relance de la production nationale ».
Enfin, le Dr Poincy affirme haut et fort à qui veut l’entendre que « Haïti n’a pas vraiment un problème de famine mais plutôt un problème d’organisation ». Selon lui, la COVID-19 n’est pas une mauvaise chose mais une alarme qui nous invite à nous réveiller pour changer la situation.
JL