par Carly Dollin

Depuis l’anomalie, la comédie et la facétie de cette équipe pervertie, investie dans une ineptie inédite, la médiocratie se défile à vive allure au sein de la patrie abasourdie, étourdie, meurtrie. La population est démunie, abêtie, décatie et décrépie dans une série de péripéties pathétiques sous ce règne de la perversion, dépravation, malversation, improvisation, ganstérisation, usurpation et corruption sans égal.
Vendredi 24 avril 2020 ((rezonodwes.com))– Tout se vit, se vivifie, se meut, se promeut, s’augure, se configure, s’inaugure, se revigore et se reconfigure en sens inverse, à contre-courant, à contre-pied, à contre-poil, à contresens, à rebours, devant-derrière, de travers, en désordre, sens dessus dessous.
Le sauvage l’emporte haut la main sur le sage, le chômage sur l’embauchage, le blocage sur le démarrage, le déboitage sur l’ajustage, le pillage sur le partage, le lynchage sur l’hommage, l’embouteillage sur le passage, le radotage sur l’étayage, le ravage sur le dosage, le carnage sur le cadrage, le galvaudage sur le rayonnage, le décrochage sur l’apprentissage, le souillage sur le lavage, le marécage sur le nettoyage, le badigeonnage sur l’écurage, le tapage sur le message, le marronnage sur l’affichage, le saupoudrage sur l’ancrage, le colmatage sur le garnissage, le gaspillage sur l’usage, le camouflage sur le recyclage, le pointillage sur le remplissage, le remblayage sur le raffinage, l’otage sur le pâturage, le parrainage sur l’outillage, le sabotage sur le paysage, le bourrage sur le triage, l’ombrage sur l’éclairage.
Quel dommage!
Complice de cette voyoucratie investie dans des stupidités électives et sélectives, la diplomatie pharisienne de l’internationale, pilotée par de faux amis et de vrais ennemis de notre patrie endolorie, nous plonge et nous ronge dans des mensonges effrontés pour prolonger le plaisir douloureux procuré par les funestes songes de visualiser des crapules et des malfrats aux postes les plus stratégiques de la République.
Pour nettoyer les écuries d’Augias et absorber les bêtises étalées dans l’administration publique et la diplomatie nationale par cette médiocratie inédite, que d’éponges et de vidangeurs il va falloir mobiliser !
Science et conscience, panacée de la bonne gouvernance
Il est clair comme du cristal qu’un pays ne peut jamais remporter le jackpot à la loterie ! Le destin d’une nation se construit, se façonne et se transforme avec des hommes et des femmes de science et de conscience.
Science, parce qu’il est impossible de diriger, planifier, stimuler, discuter, prévoir, comprendre, analyser, critiquer, corriger, négocier, persuader, convaincre et inspirer sans un bagage intellectuel adéquat. Conscience, dans la mesure où les vertus et les valeurs constituent les boussoles, les bases, les fondations, les références et les socles qui garantissent le respect des biens publics, la protection et la valorisation de la vie, la poursuite du bonheur collectif, le sens de solidarité, du service, de l’amour, la fraternité, l’équité, l’égalité et la justice.
Malheureusement, ce ne sont pas ses références qui prévalent au sein de notre République où le sophisme, le paralogisme, le narcissisme, le matérialisme, le parachutisme, le favoritisme et le chauvinisme avalent du terrain sur le syllogisme, l’altruisme, le civisme, le patriotisme, le symbolisme, le perfectionnisme et l’humanisme.
La déchéance s’est construite graduellement avant d’atteindre son pic !
L’élection facétieuse de René Préval face à la sommité internationale Lesly Manigat a été déjà une pilule difficile à avaler, une plaisanterie de très mauvais goût, pour inaugurer une certaine tendance de vengeance de l’incompétence et l’imposture sur l’excellence et la compétence. Coup de massue à la tête et au cœur reçu par la référence, la quintessence et la science; la défaite déconcertante de l’éminent professeur de la Sorbonne face à une personnalité de peu de crédibilité sur le plan du savoir et du savoir-être a été le début de la dégringolade et la débandade des institutions républicaines. C’est surtout sous le règne de René Préval que n’importe quel individu, peu importe son bagage social et son capital humain, a été armé de la confiance et de l’audace de briguer des postes prestigieux au parlement haïtien. Evidemment, sous Jean B. Aristide, particulièrement à l’ère de sa dérive au cours de son deuxième mandat bâclé, on en repérait des cas ; mais, ils n’étaient pas légion. Les petits bandits au service de Lavalas opéraient surtout au bas de l’échelle, tout au moins nominalement. Si Aristide avait instauré le règne de la kokoratisation qui côtoyait les institutions publiques pour mobiliser sa milice secrète; Préval en avait donné promotion en les couronnant députés et sénateurs.
On croyait que l’on ne pouvait descendre plus bas, pour tutoyer l’abîme. Erreur ! Car, les champions, les maîtres à penser et les experts de la bêtise n’étaient même pas encore en lice. Il a fallu attendre 2011 pour commencer à les découvrir, en raison de la négligence historique d’un conseil électoral qui n’avait pas su jouer son rôle avec un minimum de rigueur.
Avant 2000, le mal était à l’état embryonnaire et fœtal; la première décennie du bimillénaire a expérimenté la grossesse gonflée du mal. C’est définitivement après le séisme, soit au début de la deuxième décennie de l’après 2000 que le mal allait enfanter des petits monstres, des serpents, des vipères et de la peste. Cette ère de médiocrité a renversé toutes les bases et les balises logiques. Navré, piégé, bouleversé, vilipendé, crevé et fendillé par des icebergs de la corruption, l’indécence, l’impudeur, la cupidité, l’amateurisme, le trafic illicite, la voyoucratie, la mégalomanie et la cleptomanie, le navire national a capoté dans une dégénérescence titanesque.
N’est-ce pas que les présidents sont censés être les garants de la bonne marche des institutions ? Pourtant, ces imposteurs et usurpateurs intronisés comme des extraterrestres à la tête du pays, ont barboté, saboté et détruit toutes les institutions dans de sempiternelles gargotes et des ribotes de cons. Tapis rouge déroulé pour le vol et le viol, ces guignols ont facilité le champ à tous les mauvais goals ; insécurité, blackout, banditisme, inflation galopante, famine, taux de change exagéré, finances publiques exsangues, fuite massive de cerveaux et de capitaux, violation des surfaces stratégiques par des mercenaires, formations de gangs dans tous les coins et les recoins du pays. Tous les indicateurs s’exhibent de manière sanglante dans un rouge sang.
On note une pléthore d’anecdotes de gargotes et de votes d’antipatriotes
Pour couronner leurs folies et la dérision des symboles sacro-saints, cette équipe inculte a accueilli et octroyé le feu vert à la bêtise en de fières chandelles. La présidence blasée récompense les « gouyads » par des voitures et des motocyclettes; parallèlement, l’excellence académique est occultée. Les enfants, nos petits génies, qui obtiennent moyennes 9 et presque 10 sur 10, ne sont pas gratifiés. Mais, des dizaines de milliers de dollars, des médailles et des honneurs sont offerts «présidentiellement» sur des places publiques et dans des zones de non-droit puisque ces minables présidents trouvent «feelings», fascinations, éblouissements et euphories dans les programmes « Ti-Mamoun », « Car-Wash », « Atè-Plat », « Ti-Rat» et «Ti-Sourit». Mais pas dans les compétitions de génie-interscolaire, des programmes de découverte des talents sportifs, artistiques et académiques. Eske tèt yo drèt ?
Figure emblématique des dévergondages à la «Ti-Sourit», Tony Mix a été nommé ambassadeur de la jeunesse en contrepartie de services loyaux rendus à la société. Pourtant, ces dirigeants myopes de basse dimension, ne savent comment profiter de l’immortel Dany Laferrière, un des nôtres à l’Académie française, pour propulser la lecture, l’écriture, la littérature, la philosophie, la dialectique et la science au pays.
Des dj, comédiens, radoteurs et bandits ont des entrées et sorties au Palais national, à la Primature et aux ministères, à leur guise. Ils sont des conseillers, diplomates, représentants consulaires au service de ce régime. Par contre, les professeurs, doyens, écrivains, intellectuels et scientifiques sont évincés par ce pouvoir. Pas surprenant que les caravanes de résultats désastreux de la gabegie administrative sautent aux yeux. Gravissime !
Des dealers, criminels et kidnappeurs sont protégés par la justice, le législatif et l’exécutif. Des bandits recherchés vivement par la Police nationale circulent en voitures officielles climatisées et blindées. Ils mangent dans les mêmes assiettes que les hauts dignitaires du Palais national et du Parlement ; ils boivent du barbancourt et du Something dans les mêmes verres que les conseillers dans le sillage de la présidence ; ils nagent dans les mêmes piscines que les capitaines à la tête de la République. Pourtant, des prix et des primes sont promis en contrepartie de leurs têtes. Ils sont «Wanted», pendant qu’ils se couchent confortablement avant le crépuscule et se lèvent aisément après l’aube; ils sont hébergés à des résidences officielles privées et dans des chambres d’hôtels protégées par des agents de la PNH qui leur servent de « Bodyguards ».
Par la puissance ténébreuse des mille gourdes et des sacs de riz, couplée de la volonté manifeste des traîtres fils de la patrie et des faux amis de l’extérieure qui nous perdent dans des distractions et des invitations à des diners de cons, les voleurs, dilapidateurs, dealers et bandits sont promus ministres, directeurs généraux, conseillers spéciaux, députés et sénateurs.
Les manèges, les pièges, les sacrilèges et les privilèges déloyaux y siègent pendant trop longtemps !
L’indignité, la cupidité et l’avidité expulsent au vestiaire la probité, la loyauté et l’honnêteté. L’immoralité et la vulgarité font la peau à la sincérité et la véracité; la stupidité et l’absurdité écrasent l’ingéniosité et la technicité. L’insécurité et la criminalité tranchent la tête de la sérénité et la fraternité ; la caducité et l’illégitimité obstruent la régularité et la conformité. L’impudicité et la banalité assomment la pureté et la virtuosité ; la passivité et la parasité brulent la cervelle de la vitalité et la vivacité. L’inégalité et l’insensibilité effacent l’efficacité et l’équité.
La Cité est menacée, bafouée, souillée, contaminée, maculée, violée, profanée, vilipendée, galvaudée, humiliée, outragée. Les cons ont pris la patrie en otage en festoyant, dégustant et savourant la victoire défaitiste de la médiocratie sur la méritocratie dans une jubilation ridicule.
Ces mauvais signaux et symptômes d’une crise d’asphyxie politique et économique par des fantômes et des esprits malins, découragent la culture de la qualité, la compétitivité et la quête de l’excellence. Cette anomie sociale a trop perduré.
Ce n’est pas se montrer arrogant, aristocrate ou condescendant quand on soutient le ferme plaidoyer de donner la direction des institutions à des personnalités de science et de conscience. A un moment donné, audience et raison doivent être accordées à la vérité et à la justice. La science n’aurait jamais atteint cette étape avancée si Galilée ne jurait pas de tenir et soutenir devant la royauté obscurcie la thèse que « c’est la terre qui tourne autour du soleil ». Loin d’être aristocratique, la plaidoirie pour que les affaires stratégiques d’un pays soient du ressort des connaisseurs, des chevronnés et des expérimentés, vise l’intérêt collectif, dans l’avantage de toutes les structures et toutes les couches sociales. Outre le bon signal de comportement loyal et de pratique saine lancé aux enfants et aux jeunes pour leur montrer le chemin de l’effort et de la justice, il faut aussi comprendre que la gouvernance avisée requiert une certaine culture et une certaine triture. On n’improvise pas les programmes de politiques publiques, la diplomatie, les projets de santé, de sport et d’éducation. Si la gouvernance avertie, incorporant les bases du développement et de la création de la richesse dans des conditions salutaires, ne dépendait pas d’un capital humain efficient, les écoles, les instituts et les universités n’auraient pas eu alors leurs raisons d’être.
Trop longtemps dans cette absurdité de plébisciter n’importe quel individu sans aucune préparation ni aucune dimension et qui faisait n’importe quoi, au contrôle des décisions décisives du pays. Les choix des dirigeants ne peuvent se jouer tel un casino à Las Vegas ou un PlayStation à Disney World. Lorsque la politique veut, l’économie peut. Le destin d’un pays doit être laissé entre les mains du savoir, du savoir-faire et du savoir-être.
Carly Dollin
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