La dignité, la probité, la loyauté et la personnalité, socles des valeurs intrinsèques et des vertus morales, deviennent des denrées rarissimes depuis la prise de fonction de ce régime vide et vil qui assiège les positions officielles de la République dans l’incompétence, l’arrogance et une indécence démesurée.

Jeudi 12 mars 2020 ((rezonodwes.com))– L’âme qui garde des lignes rectilignes, respecte les références sacro-saintes, épouse les vertus divines et s’aligne aux contraintes de l’éthique – valeurs qui exigent des capacités de renonciation, d’abnégation et de dépassement de soi, quitte à endurer des souffrances physiques et psychologiques au profit du confort spirituel – devient un sujet de dérision. Elle serait le Bouki de la fable d’inspiration locale, le Tom de Walt Disney ou le Ducobu personnifié. Un véritable con à inviter aux diners des farceurs et des falsificateurs pour nourrir leurs ironies dans l’ivrognerie et des éclats de rire tonitruants.

À défaut de la cataloguer dans la galerie des champions des « égarés », le commun des mortels, ses collaborateurs, ses collègues, supérieurs et subalternes, dans les sociétés en déconfiture, en perte de repère, squattérisée par la platitude et la corruption effrénée, la taxent d’«arrogant» et d’objet embarrassant duquel il faudrait se débarrasser arbitrairement pour s’éviter des ennuis.

N’est-ce pas en raison de la vérité qu’il faisait jaillir à propos des sempiternels mensonges présidentiels polymorphes et multicolores sur l’électricité 24/24 que le coordonnateur de l’unité de communication de l’EDH, Joachim Jose Davilmar, y a été limogé de manière cavalière le 5 Aout 2019, sans aucune forme de procès. Le ministre de l’éducation nationale, Reginald Paul, n’a-t-il pas été éjecté de son fauteuil bourré en Août 2012 parce qu’il révélait des camouflages et des canulars sur les statistiques inflationnistes et infatuées du Psugo, sous l’administration des frères siamois Laurent Lamothe et Michel Martelly. Céant ne s’immisçait-il pas entre l’enclume et le marteau, ramant sans gilet de sauvetage dans un océan de zizanies présidentielles nauséabondes quand il voulait introduire le doigt sur des cancers de gabegies dissimulés par le régime en place. Bon débarras !

Sous ce règne de l’effritement des valeurs et des crucifixions exacerbées du courage, de la dignité et de la vérité, dans l’objectif de maintenir quelques bouffées d’oxygène toxique à la bulle officielle, les ministres qui ont connu des espérances de vies « honorifiques » de plus de trois mois, ont dû fort souvent inhaler des fumées d’humiliation et avaler leur prestige pour qu’ils restent « fiers » en poste, sans aucune personnalité.

Les rares dignitaires, témoins oculaires et auriculaires des indécences et des bêtises administratives graves – mais qui gardent encore en toute conscience le sens de l’indignation qui encense l’essence de l’existence – baignent dans l’inconfort psychologique. Incapables d’intrusions, de fusions et de soumissions aux prostitutions et propositions indécentes, ils renoncent à leurs passions, leurs motivations et leurs missions de services publics dignes impossibles de réalisation pour remettre leurs démissions sans concession, sans compromission ni crucifixion de leur intuition et leur foi inébranlable dans la compassion, la persuasion et la vision humaniste.

Ceux qui ont déjà assassiné leur conscience, leur science, leurs références, leurs préférences et leurs riches expériences respectueuses vivent les malices et les caprices du « chef » dans des conforts ignobles. Ils placent des antennes çà et là, dans les couloirs du palais, au sein de la Primature et des ministères, afin de cerner les désirs, les émotions, les pensées, les hallucinations et les chimères du patron. Ah oui, ils savent jouer ce jeu pervers : ils sont passés experts dans les pratiques de caresse de l’animal détraqué dans le sens de son ultime poil : « Ti Rès la ! ».

Comme au service des rois insomniaques troublés dans la démonomanie et toutes les phobies, ces experts-profiteurs font des marchandages : « Nommez-moi au ministère X, embauchez-moi à la Direction générale Y, accordez-moi des postes  au consulat Z ; et je vous trouve le libérateur ; je vous livre les leaders et les dealers de l’opposition».

Ne devrait-on pas s’interroger sur l’immixtion même de l’international dans ce petit jeu de manège et de chantages en contrepartie du maintien en poste, à la décharge des témoins à charge comme Ricardo Seteinfus ou le docteur Daniel Mathurin. On ne sait combien de sites et de patrimoines naturels y sont hypothéqués à l’issue des coups de résurrections inespérées des cadavres politiques de la longue série de « lock » opérés par les magiciens de l’international ?

Un classique en théorie des jeux, les esprits avisés sont conscients que des insouciances et des légèretés souveraines ont marqué les stratégies audacieuses de ces acteurs crapuleux mal élus en position de dominés qui ont sans nul doute promis des payoffs colossaux aux prédateurs en contrepartie de leur protection et leur monomanie viscérale à un pouvoir fébrile, sans autorité.

La dignité ne flanche pas devant la royauté et la papauté !

A notre Capitale insalubre barbouillée du jeu vicieux de la corruption officielle, vous êtes vu comme un extraterrestre quand vous honorez le serment divin de ne pas piller les ressources de l’Etat. Au cours de votre vie professionnelle, si vous administrez des projets publics ou privés ornés de comptes bancaires pourvus de billets rouges et de billets verts et que vous ne conduisez pas la voiture la plus luxueuse, vous ne possédez pas une villa au bord de la mer ou des compagnies bien cotées dans les affaires louches ou loyales, on vous qualifie de « kokorat » et d’égaré.

Au comptoir de l’Immigration, de la DGI, de l’ONA, de l’AGD, des Archives Nationales, de l’OAVCT, de l’Aéroport et des ports, vous êtes le dindon de la farce de vos collègues et de votre entourage si vous jurez de respecter les principes sacro-saints de la démocratie et de l’enseignement des Saintes Ecritures. « Tu ne voleras point ! ».

Une société ne peut se permettre de se conforter dans cet effritement sauvage des valeurs fondamentales qui déboite les cerveaux et les cœurs des enfants et des jeunes qui vivent aujourd’hui sans repères, sans craintes, sans respect envers les aînés, les institutions, les écoles et les églises.

Lorsque les crimes, les délits et les trafics sont semés en des terrains fertiles et arrosés par des officiels, directeurs généraux, ministres et des conseillers spéciaux qui en font leur beurre dans l’Administration publique, la dignité et la probité exercées par « une espèce d’exception » deviennent dès lors des facultés qui frôlent l’arrogance et l’irrévérence au prisme des lunettes des autorités.

« L’âme qui ne pèche pas est celle qui mourra ». Sans le vouloir, vous êtes devenu une menace, une cible, un suspect car virtuellement ou réellement vous faites obstacle aux pratiques corruptibles dominatrices du système en branle. S’ils ne réussissent à vous emballer dans leurs petits trucs déloyaux, par des approches pernicieuses et malicieuses pour vous bichonner et vous piquer par leurs venins, ils vont comploter contre vous pour tailler un costume diffamatoire qui vous sied à merveille, surtout si vous êtes dans l’œil d’un cyclone piloté par le grand capitaine de l’administration.

Malheureusement, dans les bureaux où règnent ces pratiques honteuses, cela se solde par l’alternative du conformisme ou de la mise à pied.  Les cupides vous persécutent ; ils savent pertinemment que dans un tel contexte, personne ne peut endosser une certaine neutralité en ne prenant position ni pour ni contre la malversation. Ils déduisent, à juste titre, soit que vous êtes au service de César, auquel cas, vous suivez la ligne brisée en trempant vos mains dans le corps du délit, comme ils le font ; soit que vous rendez gloire à Dieu, et donc, vous appliquez la rectitude en gardant les lignes droites de l’humilité, l’intégrité, l’honneur, la renonciation et la dénonciation. Le transfert, la marginalisation et la révocation,  scénarios les plus probables, marchent de pair avec la deuxième option, la bonne.

Dis-moi quelle parole sort sincèrement de ta bouche et je te dirai les actions que tu entreprendras.

« Ce que sa bouche a dit, sa main l’accomplira ». Primo, « avant d’entrer au bureau de son excellence, une palanquée d’idées personnelles tourbillonnent dans mes pensées ; à l’issue de ma rencontre prédominée par la platitude, je suis sorti borné, avec les idées arrêtées du maître à penser, que je sois content ou pas ».  Secundo, « On ne doit pas faire mentir un président » à qui le trophée de champion incontestable des mensonges multicolores a été attribué au cours de la dernière décennie.

Inutile d’invoquer la compétence des magiciens, des devins, des prophètes, des hougans et des bòkò, pour se perdre dans des boules de cristal. Pas la peine d’implorer les prouesses de prédictions de Nostradamus ou de Joseph ni la sagesse des spécialistes des signes du zodiaque et des horoscopes (mes condoléances aux tifosis de Tom Malè), pour prédire une gouvernance abracadabrante de ces deux capitaines confinés dans une relation unilatérale de chef-subalterne. Les signes précurseurs portent à croire que nous serons une fois de plus fourvoyés dans un tunnel et dans une cavale sans issue. Des acrobaties masochistes, des gymnastiques sadiques, des diffamations, diversions, tergiversations, manipulations et procrastinations vont donc épicer les actions, les transactions, les exactions, les réflexions, les intuitions, les imaginations, les aspirations et les inspirations de ce nouveau petit chef de facto trônant à la chaise musicale cacophonique de la Primature.

Les discours iniques et cyniques de ce premier ministre sinistre – accouché dans la césarienne par une matrice présidentielle qui fabrique un progiciel artificiel pour tirer sur des ficelles superficielles dans une caravane carentielle soufrant de documents référentiels avec des effets pervers exponentiels qui hypothèquent le bien-être essentiel au vécu des différentes couches sociales – augurent des chocs sismiques et une catastrophe titanique.

Les tapages, les outrages, les dédouanages, les déboulonnages, les orages, les rages, les otages, les dérapages, les saupoudrages, les carnages, les chronophages et les arbitrages sans chronométrage sur tous les âges font toujours bon ménage dans le sillage de ces personnages infâmes. La femme aux yeux bandés va voir les sept couleurs de l’arc-en-ciel sous ce nouveau ciel de flagorneries exponentielles annoncées par un débile serviteur qui ne pourra afficher de distance et de recul pour montrer clairvoyance et prévoyance à l’encontre de l’arrogance, l’impotence et l’incompétence de la présidence inculte des normes et des exigences de prudence.

La vérité et la dignité, des attributs de l’immortalité !

La capacité des hommes et des femmes à diriger dans la droiture, la dignité et la probité se mesure à l’aune de leur révérence envers la vérité. Cette vertu universelle est nourrie par la cohérence, l’intégrité, la dialectique et la conviction qui la rendent imperturbable même devant les menaces de séparation et du dépouillement du souffle au corps physique. N’est-ce pas en raison de leur ferme attachement à la vérité que les inventeurs, les penseurs et les créateurs à l’exemple de Socrate, Martin Luther King et Galilée ont laissé des héritages culturels, scientifiques et philanthropiques inestimables à l’humanité.

« Et pourtant elle tourne », cette vérité cosmique lâchée par Galilée au prix du sang devant la royauté qui trônait dans un avis contraire erroné, est à la base des techniques et des paradigmes qui  apprivoisent l’univers. Les fusées lancées dans l’espace requièrent l’exactitude et des précisions chirurgicales pour qu’elles se plient aux caprices des ondes magnétiques et scalaires. Aucun astronaute, aucun spationaute, aucun aviateur, aucun cosmonaute ne verrait le jour si on devait plaire au roi pour maintenir l’escobarderie que c’est le soleil qui tourne autour de la terre. Sans la persistance et la persévérance sur le chemin de la lumière et la vérité, le monde aurait stagné à l’âge de la pierre taillé même après des millénaires.

Les paradigmes construits sur des mensonges et des incohérences se dressent de façon diamétralement opposée à la référence de la logique, le syllogisme. Ils engendrent des catastrophes et des désastres humains. Je vous présente trois exemples captivants à cet effet :

  1. Les nazis ont coupé le tube de l’oxygène vital à des millions d’âmes humaines à cause d’une stupidité idéologique tyrannique dans une propagande d’une certaine race pure « race aryenne » qu’ils voulaient sauvegarder des potentiels mélanges hétérogènes de basse échelle. Cette théorie chtonienne et xénophobe, à l’origine de la Seconde Guerre mondiale, a causé d’énormes pertes irréversibles et des dégâts humains et économiques colossaux et irréparables à l’humanité.
  • Vers les années 1983, notre Haïti a été la cible d’un sacrilège dans la propagande d’images préjudicielles, de préjugés et de marginalisations alimentés par l’attitude irrationnelle et raciste de certains épidémiologistes américains qui avaient indexé les Haïtiens d’être porteurs du germe du VIH. Le célèbre docteur façonné à l’université de la Harvard, Paul Farmer, a rétabli une vérité choquante sur la question dans son livre titré « Sida en Haïti : la victime accusée », où il explique dans une clarté obscure que le Sida a été plutôt intronisé en Haïti à cause de ses relations nourries avec les Etats-Unis.
  • L’ancien président Américain, Richard Nixon, s’était empressé de remettre sa démission en 1974 en pratiquant la fuite en avance dans l’impeachment dont il était l’objet en raison de son implication dans le scandale du Watergate. La vérité dévoilée sur les forfaits du bureau ovale à travers une enquête du Sénat américain et des investigations journalistiques avait amorcé un processus d’impeachment. Avant le terme de la destitution imminente, le président, en situation de faiblesse, avait présenté sa démission de la première magistrature du pays.

Devant les menaces des rois, les persécutions des empereurs, les diffamations des présidents, les guillotines, la ciguë, les kalachnikovs, les chaises électriques et les grenades, les icones et figures emblématiques des œuvres surhumaines n’avaient jamais flanché. Evidemment, au cours de leurs difficiles périples terrestres parsemés de trahisons et de pièges, ils miment parfois les stratégies intelligentes d’un dernier Horace face à des Curiaces coriaces qui veulent leur faire la peau pour qu’ils n’accomplissent pas leurs missions magnanimes qui dérangent les mauvais esprits. Ces âmes vertueuses n’étaient jamais prêtes à concéder leur idéal pour accepter des arbitrages et des échanges mercantilistes de la vérité en contrepartie de quoi que ce soit, des postes officiels, des faveurs, des richesses ou des biens périssables.

Dans leurs rectitudes pour cette richesse éternelle, même leurs familles ont été exposées aux menaces des bourreaux au service de la royauté, la papauté et les administrations bancales. D’une foi inébranlable, le spirituel étant perpétuel, ils savent qu’en tant que passagers terrestres clandestins, le jeu en vaut la chandelle car Dieu saura en prendre soin pour qu’ils aient la part belle, au final.

Oh, que la dignité, le sens du scrupule, l’intégrité, la moralité, la décence et la personnalité nous manquent dans ce pays perverti par l’appât espiègle du gain matériel périssable. Dieu merci que je ne sois pas dans les secrets du diable pour assouvir ma curiosité, à savoir, comment ces dignitaires sans dignité sortent et rentrent de la maison aux yeux de leurs femmes et de leurs enfants.

Enfant, jeune et adulte, quand dans un simple match de football ou une partie de bésigue entre amis, il s’avère que l’inconfort physique ou psychique d’un coéquipier ou d’un adversaire occasionnel, me soit imputable, ma conscience n’oserait me lancer tranquille tant qu’une franche accolade ne se mêle de la partie afin de continuer notre balade en évitant des engueulades et des dégringolades de nos liens amicaux.

Sinon, au lit, je suis comme un poisson hors de l’eau. A défaut d’une rencontre physique pour s’excuser, un petit message whatsapp, un messenger à l’adresse du camarade « traumatisé » et surtout une litanie ou une méditation d’autocensure favorisent le retour à l’équilibre en stoppant l’insomnie occasionnée par une vaine pomme de discorde qui tourmente la conscience.

Science et conscience, pour une nouvelle gouvernance avisée

Science et conscience sont les prestances qui donnent du sens à la vie et qui encensent l’excellence dans des cohérences qui nourrissent l’essence de la luminescence dans les présences, dans la magnificence, de l’existence humaine.

Nos expériences adolescentes, adultes, académiques et professionnelles nous convainquent que les aptitudes sacrés, les cadeaux divins, sont neutres par rapport à la richesse matérielle. Le bien-être, le sommeil, l’appétit, le confort psychique, la paix intérieure ne se procurent pas dans des supermarchés, par des millions de dollars, des piqures, des comprimés, des matelas full-orthopédiques, des voitures de dernier cris ni des tables bien garnies.

Ces apothéoses physiologiques, psychologiques et sociologiques, graduées sur l’échelle de Maslow, permettent aux humains de satisfaire des désirs équivalents, peu importe le poids de leurs cartes de débits et de crédits. Seul compte l’état de conscience, et le bien-être ou le  mal-être s’ensuit.

Si l’argent était véritablement le facteur clé pour assurer le bonheur, le célèbre multimilliardaire de la Sillicon Valley, Steve Jobs, n’aurait pas exhalé le dernier soupir, si tôt. Si l’honneur et la célébrité pouvaient remplir les cœurs, Mike Brant ne se serait pas suicidé. Si le pouvoir suffisait, Adolf Hitler n’aurait pas accompagné sa propre âme en enfer par l’autocensure fatale.

Et que dire des histoires récentes de nos politiques haïtiens. De nombreux sénateurs, députés, présidents, devenus multimillionnaires par la force de la corruption. Pourtant, Ti-Joël semble être plus heureux que ces êtres emprisonnés physiquement et moralement.

Pourquoi alors, un premier ministre de facto est si entêté dans des émotions, des hérésies, des déraisons et des discours incohérents qui ont cloué au pilori les vertus de la dialectique, du discernement et de la maïeutique socratique ?

La parole d’un premier ministre, deuxième personnalité publique du pays, peut avoir des effets contagieux. Les enfants, les jeunes et la population entière étaient censés être suspendus aux douces lèvres ou aux lèvres de vipères des autorités pour reproduire leurs pensées, leurs aspirations et leurs actions démoniaques ou divines. Autant alors préserver la bonne parole et les œuvres empreintes de magnificence pour inspirer dans la bonne direction.

Nul ne peut servir à la fois deux maitres antagonistes

Soit que vous êtes véritablement Petrochallenger, auquel cas, vous devez mettre les actions publiques en mouvement pour traquer les bandits du crime financier du petrocaribe, qu’ils soient à côté de vous ou en face de vous. Soit que vous avalez les ordres orduriers et incohérents de la présidence, auquel cas vous buvez, mangez, faites de la sieste avec les dilapidateurs dans votre nouveau sillage politique.

Soit que vous êtes vraiment le premier des policiers, ce qui entrainerait votre implication, votre souci, votre dévouement et votre motivation à les encadrer, les protéger, les armer, les traiter avec décence et satisfaire leurs doléances fondées. Ou que vous laissez prévaloir les mêmes pratiques de connivences et d’alliances siamoises malhonnêtes avec les bandits de grand calibre tels que Barbecue, Boutte Jeanjean et beaucoup d’autres qui défilent sous le titre de leaders communautaires dans les couloirs officiels de la Maison Blanche galvaudée.

D’un côté, vous avez lâché à votre passif « quand je rentre au bureau du président, j’avale ma dignité et ma personnalité » ; puis « on ne doit pas faire mentir un président » ; et de l’autre, vous prétendez être le premier des petrochallengers. Monsieur le PM expiré avant la lettre, n’étiez-vous pas au pays les 6-7 juillet 2018, le 17 octobre et 18 novembre 2018 ?  N’avez-vous pas vécu les tensions et hypertensions dans les manifestations du mois de février 2019, de septembre à octobre 2019 ?

Les témoins de l’histoire retiendront que le petrochallenge est un mouvement de conscience généralisée qui crie en alto, basse, ténor et soprano : « Kote Kòb Petrocaribe a ? ». C’est un mouvement populaire surpuissant qui exige le divorce d’avec les slogans officiels creux, les malversations, les gabegies et les dilapidations des fonds publics dévolus au bien-être collectif.

A la vérité, vous commencez déjà vos petits manèges pour plaire sa majesté qui est sortie de justesse d’une crise d’insomnie occasionnée par les frappes percutantes du petrochallenge. Evidemment, ce confort n’est qu’éphémère ; car, en plus de la conscience, juge infaillible qui fouette les forfaitaires à sa guise, il viendra aussi un temps où les équilibres seront rétablis avec un système de justice qui bannit les impunités et les immunités officielles injustifiées. Vous n’y comprenez que dalle ! Vous n’êtes guère un petrochallenger ! A votre actif, votre personne n’a pas été épinglée dans le rapport technique d’investigation de la Cour Supérieure des Comptes ; mais, garde à vous de ne pas devenir « le dernier des mohicans », un ultime petrodilapidateur, dans le cadre de votre fonction qui côtoie quotidiennement les caisses publiques ! Si vous jurez véritablement de porter fièrement la veste d’un « j’approuve », il y a garantie 100% que vos mains seront également trempées dans les malversations. Nous voudrions faire le vœu que vous puissiez vous ressaisir de ce discours prononcé dans l’infamie qui salit la toile et qui procure de l’oxygène aux pratiques des « sous-hommes ».

Témoignage : L’expérience difficile d’Alex face à une hiérarchie obtuse

Au cours de l’année 2014, Alex (un prête-nom) fournissait des services professionnels à un ministère axial dans le développement soutenable du pays. Nonobstant la proximité physique tissée au cours d’expériences antérieures ; par prudence, Alex ne voulait pas faire partie du cabinet du ministre, un personnage pour qui il témoignait beaucoup de respect, notamment pour sa science et les discours inspirants qu’il tenait au profit du pays. L’appartenance et l’ancrage politique du ministre étaient la véritable pomme de discorde qui imposait des distances à Alex, par rapport à ce « bel esprit ».

Fort souvent, Alex était gêné par les dérives de ce régime politique qui, dès l’aube de son intronisation au pays, nageait dans l’indécence et l’arrogance. Toutefois, sa conviction était greffée aux écorces fertiles d’une certaine objectivité scientifique qui le poussait à croire qu’un professionnel est toujours en mesure de servir son pays avec motivation même quand le pays a la malchance de se faire représenter par des crapules politiques au sommet de la magistrature du pays.

Les relations et les échanges qu’entretenait Alex avec le ministre n’étaient pas « rose et blanc ». Mais, il ne pouvait se plaindre de recevoir des traitements défavorables, malgré ses distances et ses critiques face aux actes ignominieux d’une équipe politique dirigée par des novices qui n’ont d’yeux que pour les caisses pleines de fric.

Au début, le climat de travail était motivant, inspirant car la dialectique, la raison et l’esprit critiques y régnaient. C’était, dixit Alex, des discussions universitaires, entre professeur et professeur ou professeur et étudiant.

Les choses allaient prendre une nouvelle tournure. Le chef semble avoir été piqué par le virus de l’autosuffisance pour définitivement accorder très peu de place à la critique et à des idées antagonistes. A petits pas alors, de longs écarts devaient nourrir cette relation où la technique était de moins en moins sollicitée.

Des cadres dans le sillage du ministre sortaient à Alex des expressions et des témoignages qui l’avaient plutôt alerté sur la nécessité de plier bagage à la plus prochaine occasion.

Quelques anecdotes relatées par Alex:

  1. Un conseiller du cabinet du ministre m’avait soufflé, alors de bonne fois : Alex, le ministre se plaint de ne pas te voir à son bureau. Et moi de lui répondre, mais, dans quel objectif ? Je crois que le ministre est tiraillé entre plusieurs projets. Son agenda étant rempli, je n’ai pas à le déranger inutilement. Par contre, si le ministre a besoin d’un service professionnel relevant de ma compétence,  je suis à sa disposition. 
  2. Un jeune cadre, coordonnateur de projet au ministère, a été me côtoyer pour me chuchoter : Ou genlè pa ale kay minis lan ? Je lui ai répondu, mais pourquoi faire? Il m’avait avoué que c’est le moyen le plus efficace pour décrocher l’admiration du chef. Grande a été ma surprise, mais je profitais de l’occasion pour faire une leçon salutaire à ce jeune, en ces termes: « Cher ami, ta compétence devrait être ton passeport et ton visa pour franchir de nouvelles étapes. Fais attention, cette approche de plaire au chef dans ses caprices et ses émotions déplacées est très dangereuse pour ta personnalité ».

Je n’entends pas par-là fuir des amitiés à tisser avec des personnes qui nous devancent en âge ou en position. Ce serait même une bénédiction si cela se nourrit dans le respect mutuel.

  1. L’histoire la plus choquante, de mon point de vue : je me rendais au  bureau  d’un conseiller du cabinet du ministre pour discuter avec lui d’une décision erronée (à mon sens) qu’avait prise le numéro un du ministère et que nous devons en analyser les forces et les faiblesses en vue de repenser l’initiative et proposer une meilleure façon de procéder. 

Le conseiller de me lancer : « Mais Alex, c’est un ministre ! ». Sans mot dire, ma conviction de prendre des distances et de laisser cet espace dans un futur proche se renforçait.

Alex a ajouté, si dans le temps ce ministre était ouvert aux discussions, aux dialogues, à des débats contradictoires, constructifs alors, ses nouvelles approches cavalières lançaient le signal qu’il tomberait dans la confusion et des erreurs irréversibles puisqu’il n’appréciait plus des sons de cloches différents aux siens.

Oh combien de fois nous étions en désaccord et que nous étions d’accord que cela enrichit le bon fonctionnement des relations humaines et professionnelles !

Ainsi, sur le plan de la pensée critique, nous étions devenus à couteaux tirés, avant de sceller la fin de nos relations professionnelles. Fin de citation !

Ne faites pas à Rome comme font les Romains !

Il est définitivement difficile à des esprits libres et indépendants d’évoluer efficacement sous l’égide de supérieurs qui ne valorisent pas le sens de discernement, l’esprit critique et la dialectique qui sont des vertus sacrées des cercles vertueux qui se foutent de l’âge, du sexe, de la classe sociale et du niveau socioéconomique. A la faveur d’un cadre incitatif et enchanteur, les interactions humaines doivent s’opérer dans des climats de respect mutuel. Il est à l’avantage du chef, du président et du ministre que des balises soient dressées et que la liberté d’expressions et de la pensée critique soient encouragées afin que la justice, le discernement, la dialectique et la raison aient préséance sur les caprices et les positions honorifiques dans la noble perspective de tirer des conclusions judicieuses à partir des discussions contradictoires.

Exceptionnelles sont les têtes qui puissent tenir tête dans des postures idoines face aux têtes et aux cœurs mal fagotés de ce régime qui font irruption au sein de l’Administration publique haïtienne « médiocratisée » dans toutes ses neurones et ses artères.

Constamment, des appels sont lancés à des vidangeurs disponibles à passer le « mop » après chaque colique et des pompiers munis de « boquits » d’eau sur leurs épaules pour tenter d’éteindre dans l’impossibilité les feux de discordes et d’hostilités attisés par les pyromanes de cette équipe rancunière et revancharde.

Regrettable que des êtres même d’un certain niveau académique et d’une certaine classe sociale crucifient leur dignité sous l’autel de ces options aveugles de servir le chef à l’aveuglette.

Il ne faut pas faire à Rome comme font les Romains. Nous avons plutôt le devoir d’analyser les pratiques actuelles, déceler leurs forces et leurs faiblesses, casser les stéréotypes et sortir des sentiers battus afin de proposer les façons novatrices et innovatrices d’implémenter les idées et les projets. C’est ainsi que l’on accouche les nouveaux paradigmes et qu’on rende service à son pays et à l’humanité.

Même quand on vous traite d’arrogant, d’anticonformiste, comme un extraterrestre prétendument inculte de la marche des institutions publiques où l’on ne devrait pas renoncer au chef, ne trahissez pas les lois et les vertus divines qui devraient demeurer votre boussole et lumière qui illumine votre chemin.

Carly Dollin

carlydollin@gmail.com