Education/Séisme du 12 janvier/Cérémonie souvenir : 10 ans après, ne pas oublier et faire autrement

Samedi 11 janvier 2020 ((rezonodwes.com))– Environ 150 personnes -employés, cadres du ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) et des élèves- ont participé, ce vendredi 10 janvier 2020, à une cérémonie en mémoire des victimes et des disparus du tremblement de terre du 12 janvier 2010. Tenue à l’ancien local du MENFP où le bâtiment central était effondré, cette cérémonie qui se voulait simple mais très émouvante et symbolique fut l’occasion de saluer la qualité des agents disparus sur le site afin que leur mémoire ne soit pas oubliée et qu’elle serve de référence pour les nouvelles générations.

Organisée avec le concours du titulaire du MENFP, Pierre Josué Agénor CADET, et du directeur général, Dr Meniol JEUNE, cette activité a permis aux hauts cadres et employés du ministère de saluer la mémoire des 13 employés modèles, décédés le 12 janvier 2010, lors de l’effondrement du siège principal du MENFP à la Rue Dr Audain.

10 ans déjà depuis ce drame qui a profondément affecté la communauté éducative, il était important de prendre le temps de saluer ces agents publics qui se dévouaient à la tâche, en dehors des heures de bureau, a souligné le directeur de cabinet (DC) du ministre CADET, Jackson Pléteau.

Ils personnifiaient le sens du service public en se donnant corps et âme à la tâche, au-delà des heures régulières de bureau, selon le DC.

Honorer la mémoire des employés exemplaires

L’événement dramatique, survenu vers 4 h 53 p.m., le 12 janvier 2010, a surpris ces agents et cadres en plein exercice de leur fonction, servant la République avec dévouement, sans attendre à l’époque une prime. Leur comportement exemplaire, leur sens de service public, leur application au travail doivent inspirer les nouveaux agents de la fonction publique au ministère, a fait remarquer M. Pléteau, témoignant de certains faits le jour du drame, en plaçant quelques mots de circonstances en l’absence du ministre CADET, au début de la cérémonie.

Abondant dans le même sens, le directeur général dit exprimer le respect et l’admiration pour ces agents décédés et toutes celles et tous ceux disparus en plein travail sur le terrain éducatif. Nous devons avoir une pensée spéciale pour ces cadres et employés disparus, insiste le DG, soulignant l’importance d’une telle cérémonie.

S’inspirer des élans de solidarité et faire autrement

Au-delà des agents disparus, le directeur de cabinet et les maitres de cérémonie du jour, Idson St Fleur et Miloody Vincent, ont souligné la solidarité qui a permis de sauver la vie de plusieurs personnes sous les décombres du bâtiment du ministère et ailleurs.

Les conséquences auraient pu être pires sans cet élan fraternel et déterminant qui a suivi la plus grande catastrophe humanitaire qui a frappé Haïti. Un élan qui doit nous inspirer pour faire autrement aujourd’hui, ont affirmé les différents intervenants à cette cérémonie, parlant aussi de la résilience de plus d’uns et de la population haïtienne, en général.

Deux cas illustrants furent les deux personnalités qui ont survécu à ce drame, Joël Desauguste, directeur des affaires juridiques au ministère et Gérald Bélizaire, Coordonnateur au Bureau national des examens d’Etat (BUNEXE). Le premier a passé un jour sous les décombres et le second, environ 4 jours avant d’être secourus. Leur message : vigilance, respect en matière de bâti, responsabilité citoyenne et de l’Etat, application des lois sur les nouvelles normes de construction parasismiques et paracycloniques, stopper le laissez-faire, plus de solidarité, de partage et de compréhension etc.

Ce sont les conseils prodigués par ces deux miraculés du drame du 12 janvier 2010 qui voudraient voir faire autrement pour éviter une autre catastrophe du genre.

Me Désauguste et le DC n’ont pas oublié Madame Borno de la Direction d’appui à l’enseignement privé et du partenariat (DAEPP) et Antoine de la Direction des ressources humaines (DRH), qui ont pu survivre aussi, mais avec des membres coupés, après plusieurs heures sous les décombres. Nous avons le devoir d’avoir un regard compatissant et de bienveillance envers ces collaborateurs et collaboratrices, humbles serviteurs dévoués de l’Etat, ont-ils rappelé.

Leçons tirées et actions du MENFP depuis

Notons que depuis le séisme dévastateur, il y a 10 ans, le MENFP a conçu de nouveaux plans types pour la construction des bâtis scolaires pour le fondamental et le secondaire avec l’appui des partenaires de la coopération. Des sessions de formations et d’informations ont été organisées à l’intention des ingénieurs et cadres du MENFP.

De plus, le ministère a entrepris un vaste programme de formation sur la gestion des risques et désastres et mis en place une unité de coordination.

Le MENFP a également signé la Déclaration mondiale sur la sécurité dans les écoles ainsi que la Déclaration caribéenne sur la gestion des risques et désastres qui impliquent une meilleure responsabilisation et prise en charge des risques et désastres au niveau de l’Etat à la fois au plan des bâtis et sur le plan humain.

Il reste qu’on a encore un long chemin à parcourir sur le plan d’éducation et de la prise de conscience afin de parvenir à des comportements responsables et citoyens afin d’anticiper les catastrophes.

Soulignons qu’au-delà des chants de circonstance qui ont marqué la cérémonie, deux gerbes de fleurs ont été déposées en mémoire des 13 disparus sur le site de la Rue Dr Audain par le directeur général et le directeur de cabinet.

Il faut aussi noter la contribution des membres du syndicat SEMENFP dans l’organisation de cette activité très émouvante ayant permis aux employés de renouveler leur fraternité commune. Sans oublier la présence d’un représentant de l’UNICEF à cette cérémonie en la personne de Brice Saintil.

Bureau de communication/ MENFP