Jeudi 9 janvier 2020 ((rezonodwes.com))– La politique d’expulsion des Haitiens de la République Dominicaine est pratiquement inutile, a affirmé le chef de la mission de l’OIM (Office International de la Migration), Giuseppe Loprete.

La grande majorité des déportés n’hésitent pas à revenir en territoire dominicain, traversant le même jour la frontière, en utilisant un autre point ou, des fois, le même passage, a confié Loprete à l’agence de presse espagnole, EFE.

Révélant l’existence d’une centaine de passages irréguliers sur la frontière haitiano-dominicaine et constatant que beaucoup d’argent est dépensé par les autorités dominicaines pour organiser des déportations « inutiles », Giuseppe Loprete suggère que, pour trouver une solution à long terme à ce problème, la mobilité de la main-d’œuvre devrait être encouragée.

Cette solution, selon lui, devrait être mise en oeuvre dans toute la région caribéenne, car l’émigration haïtienne s’accroît alors que les Haïtiens n’ont pas la possibilité de se déplacer légalement.

Loprete a souligné que l’année dernière, il y avait eu « une augmentation » de l’émigration des Haïtiens vers la République dominicaine, ainsi que vers d’autres pays, comme les États-Unis, le Canada, le Chili, le Brésil, les Bahamas ou les îles Turques et Caïques.

«C’est la source du problème. Il y a beaucoup de migrants qui, une fois arrivés, ne peuvent pas régulariser leur situation et sont obligés de rester sur le marché noir ou l’économie grise. »

Loprete a déclaré que lorsqu’une catastrophe naturelle se produit, comme l’ouragan Dorian aux Bahamas, ou une crise politique, « il y a des milliers de personnes non régularisées » qui sont exposées à être rapatriées.

Ces gens risques de se retrouver dans leur pays dans « une situation plus désespérée » qu’avant leur départ », a-t-il prévenu.