Jeudi 19 décembre 2019 ((rezonodwes.com))– Chaque 18 décembre, ce depuis plus de 19 ans, l’on commémore la journée internationale des migrants. En Haïti, ce devrait être un moment de sensibilisation et de réflexion, si l’on considère la quantité de compatriotes qui émigre chaque année.

Le Collectif des Organisations de Défense des Droits des Migrants et Rapatriés (CODDEMIR) en profite pour attirer l’attention de l’opinion publique et des acteurs concernés sur la situation de ces citoyens qui émigrent vers d’autres cieux en quête d’un mieux-être.

Ces dernières années, l’on assiste à une émigration exponentielle de la population vers le Brésil et le Chili. Malgré ces deux nouveaux points de chutes, les Haïtiens continuent de se rendre en République Dominicaine. Un pays qui a toujours été hostile pour la plupart d’entre eux.

Même constat pour d’autres destinations comme les États-Unis et les Bahamas. Ces voyages, le plus souvent clandestins, se font dans des conditions assez précaires et risquées. Nombre d’entre eux y ont déjà perdu la vie. À titre indicatif, pas moins de 28 sont morts noyés en février 2019 au large des Bahamas. 14 autres ont laissé leur vie au large des Providenciales, fin mars 2019.

Le CODDEMIR constate avec peine les séries déportations d’Haïtiens vivant aux Bahamas après l’ouragan Dorian. Ce 11 décembre 2019, plus de 200 d’entre eux ont été rapatriés dans des conditions déplorables. En terre voisine, la situation est encore pire. Certains sont non seulement assassinés, maltraités parce qu’ils sont Haïtiens, mais d’autres sont contrôlés et arrêtés quotidiennement.

Des cas de déportations massives sont enregistrés dans les quatre points frontaliers. Pas moins de 9 768 ont ainsi été déportés ou refoulés à la frontière en novembre dernier contre 6 785 en septembre, selon la Direction Générale des Migrations (DGM).

Face
à ce sombre tableau, le CODDEMIR appelle les dirigeants de ces pays
à garantir le droit de chaque migrant, en référence à l’article
13 de la Déclaration universelle des droits de l’homme
disposant : « Toute
personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence
à l’intérieur d’un État. Toute personne a le droit de quitter tout
pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays ».

Selon
l’Organisation de Coopération et de Développement Économique
(OCDE), plus de 12% de la population haïtienne vit en terre
étrangère. Cette catégorie représente une ressource économique
importante pour le pays. En effet, cette  diaspora contribue
largement dans l’économie du pays à travers les transferts
d’argent. Pour l’année 2018 seulement, elle a envoyé 2,98
milliards dollars américains en Haïti contre 2,7 milliards en 2017,
selon la BRH.

En
dépit de ces avantages, l’État haïtien ne se soucie guère de
leur sort. Alors qu’un coup pouce, une obligation pour l’État, les
aiderait à régulariser leur statut. Pendant que nombre d’entre
eux réclament leur intégration dans les affaires publiques en
Haïti, n’est-il pas opportun pour les autorités d’ajuster notre
législation ? Par exemple, en leur permettant de voter aux
élections ou en leur permettant d’intégrer le Parlement, entre
autres.

Face
à cette situation, le CODDEMIR exhorte les autorités haïtiennes à
garantir le bien-être à tous les citoyens. Ce qui aura pour effet
de dissuader certains d’aller risquer leur vie dans des voyages
risqués. L’organisation les invite également à prendre les
mesures nécessaires afin de régulariser la situation de nos
compatriotes répartis un peu partout dans le monde. Aux acteurs de
la société civile et aux organisations internationales, le
Coddemir les invite à œuvrer pour la protection des droits de cette
catégorie.

Fait
à Port-au-Prince 17 décembre 2019

Pour authentification :

Me Pierre Garot Néré

DIERECTEUR
EXECUTIF

Téléphone :37
174703

Adresse
mail : coddemirht@yahoo.fr