Dans les rues non barricadées, la vie sociale tente de se réanimer. Le transport public, le gros commerce, l’administration publique dans plusieurs quartiers de la capitale se réveillent. Cependant, l’incertitude demeure à l’éventualité d’une reprise de la mobilisation anti-Jovenel Moïse
Lundi matin, au réveil, des rues de la capitale haïtienne bouillonnent. Des citoyens pressaient le pas en vue d’accomplir leurs premières obligations matinales. Le transport public, sur plusieurs axes, s’observe en progression en raison d’une présence soutenue des véhicules desservant plusieurs circuits, a constaté Rezo Nòdwès.
Des conducteurs également se bousculent à l’idée de pouvoir se ravitailler d’un nombre important de passagers. L’administration publique à l’arrêt depuis plus de deux mois, essaie de se reprendre. À la reprise, des employés tentaient de dépoussiérer les bureaux, matériels et mobiliers jusque-là non utilisés.
Dans le sillage de la reprise, l’incertitude règne toujours en maître. Des résidents de divers quartiers, en raison de la fragilité observée, sans une garantie des autorités policières, hésitent à s’aventurer en raison des voies barricadées, ont-ils avoué. À Tabarre, des chauffeurs sont contraints d’éviter certaines artères, car des militants continuent de défier les forces de l’ordre en maintenant des barrages.
À Bois-Verna, dès l’aube, des barricades de pneus enflammés ont été dressées sur la chaussée. Des responsables d’établissements scolaires congréganistes gardent un œil vigilant sur la rue, en dépit d’une réouverture autorisée en civil.
Une trêve tacite s’observe dans la mobilisation visant le départ anticipé du Chef de l’État, Jovenel Moïse. Les opposants qui persistent à lancer des convocations galèrent à rassembler la grande foule.
Cependant, dans les cœurs et les esprits, on sent la volatilité de la situation. Tout un chacun essaie de mettre en règle ses affaires et de se préparer pensant qu’à tout moment la crainte les troubles à l’ordre public peuvent resurgir à travers un nouveau « Pays Lock ».
Hervé Noel
vevenoel@gmail.com