Samedi 13 juillet 2019 ((rezonodwes.com))– On le disait mécanicien, agriculteur et industriel. Il a signé un contrat avec l’État comme ingénieur et s’improvise maintenant journaliste d’opinion.
Le président Jovenel Moïse, puisqu’il faut l’appeler par son nom, a publié vendredi dans les colonnes du journal américain, Miami Herald, dans la rubrique Opinion, un article bizarrement titré : ‘If Haiti gives me a government, we can work together toward a better future’.
Nul ne sait si le président a écrit ou lu un seul mot de ce qui a été publié sous son nom dans le journal floridien, mais dès les premiers mots, l’article dépeint un président complètement à coté de la plaque, quémandant la possibilité de nommer son propre gouvernement.
Ce texte, conçu pour une consommation internationale, loin de valoriser le pays, présente un chef d’État désespéré, incapable de prendre en main les destins de la nation qu’il dirige depuis deux ans et demi.
Pire, au lieu d’arrêter le naufrage, le capitaine du bateau tente de rendre responsable les autres, l’opposition, des malheurs du pays et tire à boulets rouges sur les institutions qu’il est paradoxalement garant de la bonne marche.
Lançant un cri de détresse aux étrangers, le président Jovenel Moïse a exprimé dans son article une méfiance et un mépris certains pour les cadres locaux et préfère, comme certains autres avant lui, brider la souveraineté nationale pour pouvoir garder le pouvoir jusqu’en 2022.
Mais, pourquoi exercer un pouvoir sans être capable d’engager des « réformes sérieuses » et de changer les conditions d’existence de ses mandants?
Levens Erickson Jaspin