Jeudi 2 mai 2019 ((rezonodwes.com))– <<Nos Messies constamment recherchés se révèlent toujours en imposteurs narcissiques et intolérants>>.
L’ utopie faite d’une quelconque espérance faisant croire qu’une venue prochaine d’un Messie Haïtien sauvera Haiti de ses maux chroniques, est une vraie chimère « lavalassement » conçue qui ne cesse d’empoisonner le leadership politique par une mentalité narcissique arrogante faisant de chaque potentiel candidat, un Seigneur mégalomane et un leader mal entouré.
En effet, les diverses supposées prophéties confiées au Président François Duvalier avant sa mort explique parfaitement la folle culture messianique haïtienne: […Un sauveur Haïtien sera né dans la lignée de « Salomon » et que sous son règne, une nouvelle Haiti riche et prospère émergera pour être la lumière des nations…] Détrompons-nous! Aucun Messie ne viendra sauver Haiti ni restaurer la beauté et la prospérité antérieures de ce pays jadis considéré comme la perle des Antilles.
De toutes évidences, en tout temps et à travers toutes les générations post-colonialistes jusqu’en 2019 encore, le peuple Haitien ne baisse jamais les bras dans sa quête de son Messie. Mais la vérité historique nous dira que nous nous sommes piégés dans notre conscience de peuple: Notre indépendance politique de 1804 a été bel et bien le fruit et l’oeuvre d’un idéal collectif ayant pour pères plusieurs leaders dont Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines, Henry Christophe, Alexandre Petion, et autres…
Malgré cette connaissance historique du triomphe collectif, nous nous sommes livrés à ce culte passionnel fait de rêveries populistes et de démagogies trompeuses couronnant le narcissisme de nos fameux politiciens qui eux mêmes s’érigent continuellement en imposteurs arrogants même dans leur puante indécence publique.
En réalité, cette culture de déification du chef, de fanatisme démesuré et du culte de personnalité conduit toujours à des déceptions psychologiques énormes et naturellement à des déferlement de violences sociales que même la dictature féroce et le dictât international ne peuvent dompter. Le populisme « Papa Boncoeur » de Petion a probablement initié la folie Messianique du peuple Haitien à l’égard de tout leader charismatiquement imposant; Depuis lors, l’haitien: commun des mortels ou intellectuel savant croit fermement dans les fantasmes d’un salut collectif Haïtien par l’égocentrisme individuel d’un sauveur.
Il serait logique de s’adonner à une quelconque légende mais bien souvent nos héros candidats d’aujourd’hui se révèlent en bourreaux élus de demain; Le pire, autant que l’égo messianique nous déçoit, autant nous continuons à rejeter le model du leadership collectif rassembleur pour aller nous suicider dans les bras d’un Messie machiaveliste et égocentrique.
A défaut de cette maturité et culture démocratique, le peuple Haitien devrait savoir tirer des leçons du passé pour mieux choisir son leader en plein XXIè siècle. En effet, Les excès partisans durant les 29 années de dictature féroce n’ont point accouché cette classe moyenne noiriste prospère tant claironnée, mais tout au contraire, les « Messies Duvalier » a pourtant chassé vers l’exile, l’élite intellectuelle et sociale de l’époque; De même, l’évangile messianique Lavalas des années 90 n’a pas pu unifier le pays mais contre tout espoir, le régime du Messie de Tabarre a divisé ce pays et a elargi les marges de la pauvreté et de l’intolérance;
Encore récemment, les enthousiasmes innocents d’un peuple assoiffé de bien être et de justice sociale, ont propulsé vers la victoire l’initiateur du discours messianique anti-système, la vedette narcissique Sweet Micky. Durant son mandat et celui de son présent poulain, les conditions socio-économiques se sont empirées et les indices de bonne gouvernance exposent le triomphe d’une corruption et d’une impunité jamais connues dans ce pays.
En définitif, tous ces désenchantements notoires qu’a connus le peuple haïtien à travers son histoire, devrait logiquement accuser notre conscience mourante de nation émotionnelle, sentimentaliste, récidiviste et même bête et nous pousser à enterrer notre éternelle quête d’un Messie jamais paru et sauveur quelconque pour notre Haiti en agonie.
La prise de conscience éclairée et rationnelle dont nous devrions faire montre dans nos choix de leaders pour sauver Haiti ne peut être une démarche individuelle faisant l’objet de ces mêmes vieilles ambitions égocentriques motivées par le gain sordide et de l’arrogance narcissique mais plutôt, elle doit être l’affaire d’un leadership collectif, d’une alternative démocratiquement acceptée et d’un agenda de société inclusive embrassant légitimement toutes les revendications des différentes couches de la société Haïtienne.
Aussi n’est-il pas impérativement temps de mettre sous la loupe nos prétendants faux Messies et combattre cette mentalité néfaste pour notre société?
Gumais Jean Jacques
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