Les revers enregistrés dans l’organisation des récentes manifestations anti-gouvernementales confirment le grand malaise entre les différents acteurs politiques engagés dans le renversement du régime en place, peinant à mettre en branle sa machine de dialogue embrayée sur place

par Hervé Noël

Gonaives, samedi 9 mars 2019 ((rezonodwes.com))–Dans la Cité de l’Indépendance, l’opposition politique peine à remobiliser ses troupes. L’appel à relancer, jeudi dernier, les manifestations s’est soldé par un échec. Des acteurs impliqués dans la démarche semblent avoir perdu le contrôle du mouvement et alimentent les tractations d’une mobilisation récupérée par le pouvoir jusqu’à envoyer la Première dame, dans leur fief, « vin’n mande pasaj ak lwa yo nan Lakou Soukri« .

Le
porte-parole du parti ‘’Ayiti An Aksyon’’, principal fer de lance des rassemblements
populaires, a brandi la thèse d’intimidation politique orchestrée par des sympathisants
du pouvoir. ‘’Au soir du 6 Mars dernier,
un groupe d’individus lourdement armés ont fait irruption dans les locaux d’un parti
politique de la ville. Ils ont menacé de réduire au silence les militants de
l’opposition engagés dans la bataille,
a rapporté Raphael Marado Clavanet.

Mythe de l’histoire, partis politiques en
rébellion

Aux Gonaives, les langues se délient quand il est question d’évoquer le leadership du mouvement de contestation. Les représentants du secteur démocratique, des étudiants prônent des positions divergentes. ‘’Il y a deux courants qui traversent la contestation populaire aux Gonaïves. L’un minoritaire inspiré par le parti ‘’ Ayiti An Aksyon’’. L’autre majoritaire impliquant des étudiants, des membres du secteur démocratique, a précisé le Président de Génération du Changement global.

Dans
ce brouillard, Pierre Robert Auguste a tenté de dissiper les controverses. ‘’ Si
le Parti ‘’Ayiti An Aksyon’’ préconise le départ du Chef de l’État, Jovenel Moise,
les universitaires, les alliés du secteur démocratique optent de leur côté pour
le chambardement du système. Leur discours étant clair. Jovenel Moise part, le
Parlement devra également l’imiter, a-t-il expliqué.

Dans l’espoir de voir perpétuer le mythe gonaivien, les protagonistes sont appelés à réajuster leur plan de combat. La ville des Gonaïves, réputée berceau de la libération d’Haïti, devrait se mettre au rendez-vous et l’opposition sortir de son engourdissement, a lancé, à micro fermé un sexagénaire rencontré et très remonté contre la mauvaise gestion du pays, depuis tantôt deux ans.

Hervé Noël
vevenoel@gmail.com