La Commission européenne adopte mercredi une nouvelle liste de pays tiers dont les dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme sont insuffisants. Le Panama se fâche et décide de rappeler son ambassadeur auprès de l’Union Européenne « pour consultation« 

Mercredi 13 février 2019 ((rezonodwes.com))–La Commission européenne a adopté mercredi sa nouvelle liste de 23 pays tiers présentant des carences stratégiques dans leurs cadres de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, a annoncé la commission dans un communiqué.

L’objectif de cette liste est de protéger le système financier de l’UE en prévenant plus efficacement le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. À la suite de l’inscription sur la liste, les banques et autres entités relevant du champ d’application des règles de l’UE en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, seront tenues d’appliquer des contrôles renforcés («vigilance») pour les opérations financières concernant les clients et les établissements financiers provenant de ces pays tiers à haut risque, afin de mieux détecter les flux de capitaux suspects. Certains des 23 pays énumérés figuraient déjà sur la liste de l’UE établie en 2016, qui comprend 16 pays, indique le rapport.

À la suite de cette publication, les banques et autres entités couvertes par les règles de l’UE, en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, devraient exercer un contrôle accru sur les transactions financières impliquant des clients et des institutions financières de ces pays tiers à haut risque, afin de mieux identifier les risques éventuels des suspects.

Par ailleurs, le gouvernement panaméen a convoqué le représentant du Panama devant l’Union européenne, l’ambassadeur Miguel Verzbolovskis, et « s’accordera un délai de 30 jours pour annoncer les étapes supplémentaires« , indique le communiqué de presse dans lequel les autorités de Panama expriment leur rejet du rapport établi par la Commission européenne arrivant jusqu’à inclure le pays dans une liste à haut risque de blanchiment des avoirs.

La liste a été établie sur la base d’une analyse de 54 pays et territoires prioritaires,
qui a été effectuée par la Commission en consultation avec les États
membres et rendue publique le 13 novembre 2018. Les pays évalués
remplissent au moins l’un des critères suivants:

  • ils ont une incidence systémique sur l’intégrité du système financier de l’UE;
  • ils sont considérés par le Fonds monétaire international comme des centres financiers offshore internationaux;
  • ils ont une pertinence économique pour l’UE et des liens économiques solides avec cette dernière.

Rappelons que dans le rapport de blanchiment des capitaux publié en décembre 2014 par la Commission européenne, Haïti était figuré parmi les 10 pays de l’Amérique latine et des Caraïbes où le niveau de cette pratique était des plus élevés.