Nous entendons pléthore de discours sur la corruption ces dernières années, mais qui ose réellement la combattre et l’affronter, se questionnent les évêques du Mexique. «Le corrompu est celui qui pèche et ne s’en repent pas, celui qui pèche et feint d’être chrétien, et dont la vie est scandaleuse. Le corrompu ignore l’humilité, ne considère pas qu’il a besoin d’aide et mène une double vie», écrivait le Pape dans son livre-entretien «Le nom de Dieu est miséricorde», paru en janvier 2016.
Extraits d’un éditorial publié par le diocèse de Mexico : la corruption, un vice de l’âme. Un homme corrompu est si sûr de lui, si endurci, qu’il ne peut faire marcher arrière
Rome, Cité du Vatican, mardi 22 janvier 2019 ((rezonodwes.com))–Plus de 33 300 homicides ont eu lieu au Mexique en 2018. Une spirale de violence et de corruption ancrée dans la société qui s’aggrave d’année en année. Le diocèse de Mexico lance un cri d’alarme, et appelle à combattre ce fléau.
«Nous entendons pléthore de discours sur la corruption ces dernières années, mais qui ose réellement la combattre et l’affronter? Il apparaît plus facile de publier des petites phrases sur Internet, de la critiquer avec mondanité ou de la représenter dans des fictions, au lieu d’être ferme au moment idoine». Ainsi commence le sévère éditorial à l’égard de la corruption, publié par le diocèse de Mexico City dans sa revue hebdomadaire «Desde la Fe» (De la foi).
La corruption, un vice de l’âme
L’éditorial rappelle à plusieurs reprises les paroles du Pape François prononcées il y a un an à bord de l’avion le reconduisant à Rome, après son voyage au Pérou: «Je n’ai pas peur du péché, mais j’ai peur de la corruption, parce que la corruption est un vice de l’âme et de la chair. Un homme corrompu est si sûr de lui, si endurci, qu’il ne peut faire marcher arrière».
«Le corrompu est celui qui pèche et ne s’en repent pas, celui qui pèche et feint d’être chrétien, et dont la vie est scandaleuse. Le corrompu ignore l’humilité, ne considère pas qu’il a besoin d’aide et mène une double vie», écrivait le Pape dans son livre-entretien «Le nom de Dieu est miséricorde», paru en janvier 2016.
«Il y a urgence»
«Nous sommes à un tournant pour mettre fin à cette plaie de la corruption qui a tant abîmé notre pays et qui gangrène notre jeunesse», poursuit l’éditorial du diocèse de la capitale mexicaine, avant d’éprouver d’amers regrets sur la délinquance enracinée dans le pays: «Nous voyons défiler ces images de jeunes assaillants, de jeunes meurtriers, qui depuis leur enfance ont oublié la grâce d’aimer, de respecter et de valoriser le sens de la vie».
Or, dit le Pape François, la corruption ne se combat pas par le silence. Et le diocèse de Mexico d’achever: «Nous
devons en parler, la comprendre pour montrer la volonté d’affirmer la
miséricorde avant la méchanceté. Nous devons nous unir en cette cause
difficile. Il y a urgence!»
Le diocèse de Mexico appelle ainsi à une autocritique à tous les
niveaux: politique, ecclésial, social et citoyen, afin de combattre ce
mal endémique de la corruption, liée à la violence.