Le nouveau défenseur des soldats et de l’armée d’Haïti, n’a pas été toujours celui que le miroir médiatique actuel renvoie dans le public
un billet de la rédaction
Dimanche 19 janvier 2019 ((rezonodwes.com))– Nouveau ministre de la Défense installé sans certificat de décharge à la faveur des émeutes de juillet 2018, Hénold Joseph, co-patron du KID (ancien allié de Lavalas et actuel allié des Tèt Kale), affirme s’activer pour la remise en selle d’une armée, toujours moribonde malgré sa résurrection, sans mission apparente, en novembre 2017, par le président Jovenel Moïse.
Tout en voulant faire ressortir l’importance de l’armée aux cotés du peuple haïtien, le ministre de la Défense, Hénold Joseph, a annoncé en grande pompe des activités de formation de la première classe de soldats et d’un groupe de cadres professionnels pour les Forces Armées d’Haïti.
Mais, ce que ne dira pas le ministre Joseph, c’est qu’en 1995, il faisait partie du gouvernement ayant adopté le décret du 6 janvier 1995, renvoyant chez eux des milliers de membres des Forces Armées d’Haïti, sans salaire, sans indemnité et sans chèque de pension, mais avec leurs armes en mains.
Tout ce qu’il fallait pour créer de multiples ateliers de démons capables de terroriser la population civile et des bandes rebelles à la solde de putchistes modernes.
Ce que ne dira pas non plus le ministre de l’un redevenu ministre grâce à l’autre, c’est que le retour des forces armées, sans mission ni doctrine, ni cadre légal, risque d’être aussi néfaste que sa démobilisation.
Comme l’homme de Pascal se disant ni ange ni bête et faisant l’une en voulant être l’autre, les lavalassiens et les Tet Kale, dans une alchimie plus que parfaite et déconcertante, se rencontrent toujours au carrefour de leurs actes.
« Cette formation est très importante et tout le monde ici a la responsabilité de protéger le pays et la population. Cette Armée va être une armée moderne et meilleure » a lancé Dr Joseph qui fut ministre et a fréquenté les couloirs de l’administration aristidienne quand on parlait du renvoi de cette armée, apte à déstabiliser une « démocratie » naissante.
Hénold Joseph qui se sentait en 1995 très réconforté avec une force de police armée et contrôlée par le pouvoir lavalas, affirme aujourd’hui « vouloir constituer une force armée pour protéger le pays et servir en cas de catastrophe naturelle« . Que c’était limité en 1995 le champ de vision du docteur Joseph qui ne pensait pas aujourd’hui servir à la fois deux maîtres se retrouvant tous deux du mauvais côté de l’histoire.
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