Jeudi 18 octobre 2018 ((rezonodwes.com))– J’ai personnellement appuyé Jovenel, d’abord, pour éviter cette tendance sordide de certains secteurs de la politique qui sévit en Haïti par le populisme le plus morbide qui a envahi le pouvoir par ses crapuleries, ses appels inavoués à la déchéance de tout ce qui est structure en Haïti pour substituer au structurel, la politique de la manipulation de hordes fanatisées et utilisées pour faire régner la terreur sans autre but que la prise ou le maintien du pouvoir.


J’avais cru que cet homme sans histoire allait au moins tenir sa promesse de tout faire pour réduire la corruption dans l’État. J’avais nourri l’espoir de voir le virage agro-industriel que l’homme d’Agritrans avait promis à cor et à cri en brandissant son propre parcours dans le domaine, mais après plus d’un an et demi, Jovenel s’est révélé un bonimenteur politique s’exhibant par toutes formes de mascarades déclaratoires sur l’échiquier d’un pouvoir dont les manettes lui échappent tandis qu’il fait la nique au peuple pour se remplir les poches tout en servant de bouclier insidieux à ses acolytes criminels coupables de détournement de fond et de dilapidation de fonds publics.

Comme un bateleur de palais, Jovenel n’en finit pas de faire le pitre pour empêcher la moindre poursuite de ses alliés corrompus, hautement gradés dans l’administration. Mais Jovenel oublie que la république n’est pas un cirque pour des saltimbanques voleurs ni une scène improvisée pour la racaille cossue et ses larbins sans choix souverain de leurs moindres actes. La mobilisation permanente de notre fier peuple, l’a montré d’abord lors des événements des 6 et 7 juillet 2018, puis au 17 octobre 2018.

Jovenel n’y a rien compris, lui qui supplante en arrogance débile son patron grivois qui a traîné le pays dans la fange de l’inqualifiable coprolalie et l’exhibitionnisme obscène partout sur les écrans du monde.

J’avais espéré, le chaos post-électoral évité après la reprise des élections où il est sorti vainqueur quoique d’un scrutin marqué par des irrégularités et une abstention record, que Jovenel, homme sans histoire, sorte de quidam désigné « neg bannann nan » aurait utilisé sa virginité politique pour résoudre ou au moins atténuer significativement certains problèmes immédiats n’exigeant aucune implantation de structures onéreuses mais de la bonne foi et de la volonté politique, tels : l’insécurité, la corruption, le clientélisme, la fin du mensonge politique… Tout cela en apaisant le climat social, en faisant régner enfin un peu de justice en général et de justice sociale en particulier notamment en facilitant le jugement des corrompus avérés et en diminuant le poids sordide des privilèges faramineux auxquels lui-même et les dirigeants de l’État ont droit dans un pays aussi pauvre où lesdits privilèges dévorent une bonne part des maigres ressources disponibles.


J’avais espéré que Jovenel, perçu par plusieurs comme homme de paille, dénoncé blanchisseur de fond et larbin d’un certain secteur, eût le courage de prouver le contraire et de se manifester en homme et en président, lui le plus improbable à parvenir à ce stade, au service de la décence et des possibles dans cette république des urgences où tout semble parfois ingérable tant la corruption et la mauvaise foi gangrènent toutes les sphères du pouvoir tant exécutif, législatif que judiciaire. Mais Jovenel n’a rien compris de la conscience politique et désormais économique du peuple haïtien qui a donc mûri sous le harnais de ses malheurs.

Le peuple sait désormais, que, mis à part les causes externes du déboire haïtien, la corruption, au moins depuis Jean-Claude Duvalier et certains de ses ministres qui ont pillé l’État, est la principale cause du stade abject de délabrement matériel du pays et des retombées en misères humaines que provoque ce délabrement. Jovenel, si le peuple a bravé les balles de tes sicaires, par les manifestations patriotiques et citoyennes du 17 octobre 2018 comme pour refuser le deuxième assassinat de l’illustre libérateur et père de la patrie, Jean-Jacques Dessalines, c’est pour te dire qu’il n’a plus confiance en toi. Qu’après l’avanie nationale que fut Lavalas, la crapulerie administrative de Phtk n’est pas acceptable. Disons en passant que ces deux courants politiques doivent soit se restructurer et se transformer radicalement ou disparaître !

Quant à toi, Jovenel, sache que tes manières de blocage du dossier des fonds Petrocaribe ne prendront point. Les criminels d’État qui ont pillé la nation en détournant les fonds Petrocaribe, seront jugés et punis malgré toi et sans toi qui n’y sera que comme accusé, complice co-auteur des malversations que tu veux à tout prix faire ignorer par la justice. Toi qui n’as montré de dévouement que pour protéger les dilapidateurs criminels amis, toi le larbin des corrupteurs corrompus de l’État, toi qui les cautionnes et les couvres du pouvoir que le maigre nombre de votant t’a octroyé, il est temps pour toi, Jovenel, de prouver qu’il te reste un peu d’humanité et de dignité en démissionnant.

Tu n’as fait que mentir : mensonge « Agritrans », clé de voûte de ton succès, cette entreprise d’ailleurs nourrie des fonds publics par la diligence de ton copain et maître président, qui n’est plus un quasi désert sans bananes à l’image de ton administration stérile et contreproductive de la république ; mensonge sur la lutte à la corruption, ton cheval de bataille en campagne, devenu lettre morte et ironie de la nation car ta présidence est celle du soutien pernicieux aux corrupteurs corrompus et de la connivence avec tous les criminels d’extrême droite du pays, toutes les crapules et les ignares soi disant conseillers de la présidence grassement payés aux frais de la nation. Bref, tu es coupable de mensonge criminel et de haute trahison contre la nation, car après avoir prêté serment d’être le gardien de la constitution et des institutions tu t’es érigé dans les faits comme ennemi de la loi, obstacle à la justice. Ton dernier acte a été de chercher à soudoyer des policiers de commissariats pour les transformer en exterminateurs de manifestants !

Jovenel, Haïti ne veut plus accepter l’image macabre que tes complices et toi lui impriment. Le pays ne peut plus tolérer les gesticulations d’un pitoyable manœuvrier qui se croit, par ses singeries, plus intelligent que tous, au point de pouvoir mentir à tous, dans la plus ignoble des impudences.


Démissionne, Jovenel, qu’un pouvoir de salut public sans influence partisane soit installé avec le mandat d’organiser d’une part, le procès des criminels de Petrocaribe et d’autre part, des élections. Et, après les futures prochaines élections, que l’État haïtien prenne en main tous les autres dossiers de grandes corruptions qui stagnent dans les tiroirs ou même n’ont jamais été abordés, pour que soit recouvré tout ce qui peut être recouvré de l’argent du peuple haïtien, un peuple martyrisé par la racaille corrompue et corruptrice qui prétend le diriger mais le paupérise de la manière la plus éhontée, la plus ignoble jusqu’à l’extrême misère par le vol et le gaspillage de ses richesses. Jovenel, ta parole ne vaut plus rien, tu es, par ton poste de chef de l’exécutif, en obligation d’agir, institutionnellement armé pour l’action et l’exécution étatique, nul ne se fera plus jamais grugé par tes déclarations tonitruantes sans conséquence.

Vive le peuple haïtien, seul maître et propriétaire des biens et ressources publics d’Haïti !

Lajan leta, resous ak richès materyel peyi ya, se pou nasyon wan yo ye, richès peyi Dayiti rele pèp ayisyen chè mèt chè mètrès, pase se pèp la ki pwopriyetè resous ak richès piblik peyi ya, ke resous sa yo agrikòl, minyè elatriye ; okenn sanzave vòlè ki gen foli rcih foli bojwa, pa gen dwa pran resous pèp la ni monopolize richès pèp la pou pwop tèt yo ak fanmi yo! Ke pèp aysyen yan fwa saa, jwenn jistis kont vòlè kap rich sou dol et jetel lan lamizè !

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE