Les prêtres, pendant 60 ans, ont violé garçonnets et fillettes, lit-on dans le rapport d’un grand jury révélant les mœurs cachés de certains hommes en soutane qui ont désorienté l’avenir de nombreux jeunes alors qu’ils en avaient la charge. « Les hommes de Dieu ont tout caché« : l’Église protégeait plus de 300 « prêtres prédateurs » en Pennsylvanie pendant plus de 60 ans, conclut ce rapport


Harrisburg-PA, mercredi 15 août 2018 ((rezonodwes.com))–L’Eglise catholique contrainte d’ouvrir ses archives à la justice américaine en Pennsylvanie, avait caché pendant plus d’un demi-siècle les plaintes d’abus sexuel exercés par des prêtres sur des enfants dans leur paroisse.

Le rapport d’un grand jury indique que plus de 1 000 noms de jeunes victimes d’abus de confiance des prêtres et qui s’étaient plaints régulièrement auprès de leur supérieur, ont été identifiés dans les registres de l’Église.

« L’essentiel n’était pas de chercher à aider les enfants, mais d’éviter un scandale dans l’Eglise« , mentionne le rapport. « Les prêtres violaient les petits garçons et les filles, puis les hommes de Dieu en charge d’eux non seulement n’ont rien fait: ils ont tout caché« .

Le rapport accuse directement les dirigeants de l’Église catholique en Pennsylvanie de « décourager les victimes à venir déposer des plaintes d’abus sexuels subis et tout ceci a duré plus de 60 ans« .


« Plusieurs administrateurs diocésains, y compris les évêques eux-mêmes, ont souvent dissuadé les victimes de signaler les abus à la police » écrit le grand jury dans son rapport d’investigation concluant que « des pressions ont été exercées sur les forces de l’ordre pour mettre fin à une enquête ou éviter de mener une enquête biaisée sans en reporter les indices aux autorités compétentes de l’Eglise« .

Notons que selon le rapport, certains des 300 prêtres accusés de pédophilie et d’abus sexuels, sont déjà décédés et plusieurs d’entre eux pourront bénéficier de la loi sur la prescription en matière pénale, a ajouté le procureur général de Pennsylvanie, Josh Shapiro. Shapiro a fait remarquer que le délai de prescription était un outil clé dans la « dissimulation systématique » des faits par de hauts responsables de l’Église en Pennsylvanie et au Vatican.

« Plus longtemps l’Eglise cache ces crimes d’abus sexuels, peu de chance auront les forces de l’ordre de poursuivre ces prédateurs car le délai de prescription serait écoulé« , a déclaré M. Shapiro lors d’une conférence de presse à Harrisburg, ajoutant avec amertume que « presque tous les cas d’abus sexuels relevés par le grand jury sont jugés trop vieux pour être poursuivis« .


Par ailleurs, rappelons que l’ Archidiocèse de St. Paul et de Minneapolis, en Minnesota, a déclaré fin mai 2018 avoir accepté de verser en compensation quelque 210 millions de dollars à 450 victimes de violences sexuelles commises par des membres du clergé. En définitive, ce débours constituerait l’un des plus importants « payouts » à ce jour enregistrés aux États-Unis par l’Eglise catholique secouée par de multiples scandales d’abus sexuels.

Pour les croyants, la justice du Très-Haut a-t-elle une date d’expiration ?