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Mémoire, conscience et responsabilité

Le mardi 12 janvier 2010, à 4 h 53 de l’après-midi, la terre a tremblé en Haïti avec une violence inouïe. En quelques secondes, un séisme meurtrier et dévastateur a bouleversé à jamais l’histoire du pays et la vie de millions de familles haïtiennes.

Le bilan humain demeure l’un des plus lourds jamais enregistrés dans la région : plus de 220 000 morts, des centaines de milliers de blessés, des dizaines de milliers de personnes devenues handicapées, tant sur le plan physique que psychologique.
À cela se sont ajoutés des dégâts matériels colossaux, estimés à plusieurs milliards de dollars, plongeant le pays dans un état de choc profond et durable.

Port-au-Prince, la capitale, et d’autres villes du pays ont été durement frappées : Léogâne, Petit-Goâve, Grand-Goâve, Carrefour, Delmas, Pétion-Ville, Jacmel, entre autres.

Sous nos yeux, des symboles majeurs de la République se sont effondrés :
le Palais national, le Palais de justice, le Palais législatif, l’Hôpital général,
des écoles et universités, le centre-ville commercial de Port-au-Prince,
la Cathédrale de Port-au-Prince,
ainsi que de nombreuses églises, temples et lieux de culte de toutes confessions.

Du jour au lendemain, des millions de personnes se sont retrouvées sans abri, exposées à la peur, à l’incertitude et à une précarité extrême.

Face à l’horreur, le peuple haïtien a pourtant fait preuve d’une résilience admirable, d’une solidarité spontanée et d’un courage héroïque qui force le respect.
Mais cette résilience s’est trop souvent heurtée à l’incrédulité, à l’improvisation et à l’absence de vision durable.

Seize ans plus tard, un constat s’impose : le risque n’a pas disparu. Les failles sismiques d’Enriquillo et du Septentrional, loin d’être une fatalité, demeurent des menaces permanentes pour le pays. Et pourtant, trop souvent, nous persistons dans des comportements citoyens négligents, tandis que des attitudes de gouvernance politique irrationnelles continuent d’aggraver la vulnérabilité collective.

Oublier est irresponsable.
Se résigner est dangereux.
Répéter les mêmes négligences, c’est créer les conditions de nouvelles tragédies du même genre. D’ailleurs, Haïti a connu plusieurs autres séismes après 2010, rappelant avec insistance que le danger est réel et permanent :
• 12 octobre 2018, un séisme de magnitude 5,9, ressenti notamment dans le Nord-Ouest, le Nord et la région métropolitaine de Port-au-Prince ;
• 6 juillet 2019, un séisme de magnitude 5,4, affectant principalement le Sud-Est ;
• 14 août 2021, un séisme majeur de magnitude 7,2, dévastant le Sud, les Nippes et la Grand’Anse, causant plus de 2 200 morts, des milliers de blessés et d’importants dégâts matériels.

Ces événements successifs confirment une vérité incontournable : le séisme du 12 janvier 2010 n’était pas un accident isolé, mais l’expression d’une réalité géologique persistante, aggravée par l’impréparation, l’urbanisation anarchique et l’absence de politiques publiques rigoureuses de prévention et d’aménagement du territoire.

Seize ans après, le temps n’est plus à la lamentation, mais au redressement.
Redressement des consciences.
Redressement des comportements.
Redressement des institutions.
Redressement du pays.

Honorer la mémoire des victimes du 12 janvier 2010, c’est agir, avec lucidité et responsabilité, pour protéger la vie, bâtir des villes plus sûres, renforcer la prévention, exiger une gouvernance sérieuse et cultiver la sécurité, la stabilité et la prospérité collectives. C’est, en somme, choisir de vivre dans l’Amour, la Bienveillance et la Collaboration (ABC).

Haïti peut se relever.
À condition de ne plus oublier.
À condition d’apprendre.
À condition d’Agir pour le Bien Commun (ABC).

Evans PAUL
Centre ABC
Action pour le Bien Commun
Delmas, Haïti
Lundi 12 janvier 2026

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