La promotion et les nouvelles affectations, dans toute institution, sont des symboles de séniorité et de compétences. Elles ne sont pas des pratiques de réseaux d’amis qui les utilisent respectivement comme des pots de vins ou des sanctions pour cause d’insubordination ou par pure méchanceté. La Police Nationale d’Haïti, à cause de sa structure linéaire, s’est vue être une structure qui s’écarte de la méritocratie, de la politesse administrative et de l’élégance protocolaire.
Lundi 9 mars 2020 ((rezonodwes.com))– Le système prévoit la nationalisation de la police, mais il ne prévoit pas sa politisation au point qu’elle est transformée en une structure de népotisme, de trafic d’influence et de corruption administrative.
Certes, il prévoit des procédures d’affectation, de promotion et de nomination centralisées, mais il ne dit pas que ces procédures devraient être des récompenses pour certains et des punitions pour d’autres (transferts) ou effectuées (promotion et nominations) sur les bases de petits privilèges pour satisfaire des convenances personnelles ou pour pourvoir des connivences particulières au-delà de l’intérêt public et des codes de déontologie ; il prévoit plutôt qu’elles soient effectuées sur les bases des besoins de la police et de la méritocratie.
La dépolitisation de la police ne viendra qu’avec sa dénationalisation à travers laquelle chaque collectivité sera responsable du recrutement, de la formation et de la promotion de son propre staff. En de termes plus simples, en conformité avec les articles 66 à 88 de la constitution relative à la forme de gouvernance ou au modèle économique applicable en Haïti, la police protégerait et servirait mieux quand elle est décentralisée pour permettre aux collectivités d’avoir leurs mots sur les calibres de policiers qui vont y être affectées ainsi que les inspecteurs, commissaires et directeurs qui vont diriger ses commissariats.
A cet effet, même si les collectivités n’auraient pas leur propre centre de formation, le système serait amendé pour permettre aux citoyens de s’inscrire pour devenir policiers pour leur commune respective et non pour le pays en général. Ainsi, ils y seront affectés et seront promus par les élus locaux en fonction de leur séniorité (Temps en Grade (TEG) et Temps en Service (TES) et de compétences.
Cette approche modulaire n’éliminerait pas, mais surement, réduirait la tradition de népotisme, de trafic d’influence et de corruption administrative qui handicape le fonctionnement légal, intègre et moral de la PNH. Elle outre, améliorait les relations entre les résidents et les policiers, car la population se sentirait plus en sécurité dès qu’ils savent qu’ils sont protégés et servis par des policiers qu’ils connaissent et qui le connaissent. Elle irait même jusqu’à améliorer les relations entre les élus locaux et le personnel du système judiciaire.
En fait, la police est déjà décentralisée par déconcentration. Cela se traduit par l’existence et le fonctionnement de plusieurs commissariats et sous-commissariats à travers le pays. Il est maintenant pour que l’Etat transfère ses obligations de transferts et de promotion aux gouvernements locaux qui eux-mêmes nommeraient et recruteraient ou indirectement éliraient des individus pour faire partie du département de la police ou de la police départementale.
Pragmatiquement, au lieu d’avoir la Police Nationale d’Haïti, le système serait plutôt composé de 10 départements de police qui contrôleraient les commissariats des communes. La structure physique resterait idem sauf que les responsabilités seraient différentes pour satisfaire les prescrits des articles cités en haut.
Certes, cette approche requerrait que les collectivités territoriales aient des fonds adéquats pour payer les policiers et les autres employés. Ces fonds sont déjà disponibles dans le Fonds de Gestion de Développement des Collectivités Territoriales qui est renfloué depuis 1996 par tous les employés du secteur civil et des fonctionnaires publics, mais qui n’est jamais en réalité approprié au développement local.Dr. Rousseau Bobb
Bobb RJJF Rousseau, PhD
Public Policy and Administration
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