Trois mois après la date légale du début de l’exercice fiscal 2018-2019, aucun budget n’est encore entré en vigueur dans le pays, alors que les trois pouvoirs sont en place. De plus, un projet de loi déposé au parlement mi-décembre par le ministre Ronald Décembre soulève bien des inquiétudes parmi les économistes. Ceux-ci pensent que cette loi de finances a de grandes chances de conduire la population vers plus de pauvreté

Vendredi 21 décembre 2018 ((rezonodwes.com))– Selon l’économiste Etzer Émile, la loi de finances 2018-2019, non transparente et non innovante, préparée par l’administration Moïse-Céant, si elle est adoptée dans sa version initiale par le parlement, pourrait entraîner un déficit budgétaire record de 35 milliards de gourdes.

Après avoir passé au peigne fin ce projet de budget, le PDG de la firme Haïti Efficace a relevé plusieurs irrégularités et incohérences, lui permettant d’affirmer que l’oeuvre du gouvernement n’est ni crédible, ni sincère, ni citoyen, ni participatif, et n’est pas conforme à la lettre de cadrage du premier ministre Jean-Henry Céant.

En effet, l’économiste doute de la capacité du gouvernement à réaliser, à partir de ses organismes de perception, cette collecte ambitieuse de 172 milliards de gourdes, soit un taux d’accroissement de 44% par rapport à l’encaissement effectif de 2017-2018.

Etzer Émile, également président du Groupe d’Éducation Économique et Financière (GEEF), a dénoncé l’impact négatif sur le pouvoir d’achat de certaines personnes qui, à partir d’un revenu de 28,350 Gdes par mois, vont devoir payer un impôt sur le revenu plus élevé.

Une démarche d’ailleurs illégale puisque le budget ne devrait pas être conçu pour modifier des taxes.

En plus, les responsables n’ont pas respecté le cycle budgétaire et les délais légaux. La loi de finances, en effet, devrait être déposé au plus tard le 30 juin, voté au plus tard le 30 septembre et entrer en vigueur le 1er octobre.

Trois mois se sont écoulés dans l’océan, mais le bateau national ne s’est toujours pas encore doté de ce gouvernail qu’est ce nouveau budget, préférant voguer au gré des vagues et bourrasques vers un destin inconnu, mais sur lequel personne n’en rit, car tout le monde se retrouve gros Jean comme devant.